Se suicider moralement?
15 March 2009

La DDE I

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La DDE.
Bernard commençait la journée comme n’importe quelle journée. Comme n’importe quelle journée, il prenait un petit déjeuné comme n’importe quel petit déjeuné. Pendant qu’il mangeait mollement son pain grillé, le soleil brillait et les oiseaux chantaient. Pourtant, malgré le piapia incessant des piapiafs et la chaleur matinale, Bertrand -qui soudain ne s’appelait plus Bernard- était morose. Et ce pour deux raisons:
-Il allait bientôt devoir emprunter une route dangereuse.
-Il aimait bien “Bernard” comme prénom.
Mais voilà, il s’appelait désormais Yacinthe. Au comble du désespoir, Jean-Claude se préparait donc à prendre la route. Il s’habilla avec un costume pingouin, mit ses chaussures, sortit de chez lui et sauta dans sa voiture. Étant doté d’une capacité de réflexion ahurissante, Jean-Eude fut surpris de constater que “sauter dans sa voiture” ne signifiait pas “plonger comme un gogol la tête la première contre le double vitrage de sa Twingo”. Cinq minutes plus tard, notre brave Eusèbe était au volant de sa voiture, en route vers de nouvelles emmerdes. Après avoir passé une heure au volant de sa Twingo, Jean-Fenouille décida qu’il était temps de mettre le contact. C’est donc tout content que ce cher Basile partait en direction d’une route dangereuse. En effet, la route qu’il allait emprunter était en travaux. Ce qui signifiait que des gens s’occupaient de ces travaux. Et que ces gens étaient les gens de la DDE. “La DDE”, pensa Émilien-François. Oui, car Ferdinand pensait. Des fois. Et, comme chaque matin, Paul-Marie pensait à la DDE. La DDE étaient des gens d’une autre dimension. N’ayant pas la même conception du monde que nous, et donc que notre cher Fiacre, la DDE était constituée de personnes donc le concept même de “je gêne” leur échappait totalement. Cette entité inter-dimensionnelle était incrustée dans notre plan dimensionnel et s’amusait à faire des travaux là où il ne fallait pas. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’auteur ouvrit subitement une parenthèse ( afin de la refermer plus tard ) et décida d’expliquer en quoi consistait le jeu principal de la DDE.

Jeu de la DDE.
Pour jouer au jeu de la DDE, prenez:
-Une route bien fréquentée.
-Des tractopelles, des marteau-piqueurs, des bulldozers, des grues, voire des chars d’assaut.
-Des uniformes aux couleurs de la DDE.
-Une fissure.
Le but du jeu est, sur la route bien fréquentée choisie, de faire le plus de travaux encombrants et gênants possible. L’utilisation d’engins tels que la grue ou le char d’assaut reste strictement réservée aux parties les plus élevées. Plus les travaux sont inutiles et longs, mieux c’est.
Exemple: la rénovation d’un rond point pour cause d’argent à dépenser.
Voilà vers quoi se dirigeait donc Odilon. Ce qui devait arriver arriva: il ne tarda pas à tomber sur une partie de DDE. Georges s’arrêta donc, sortit de sa voiture et alla s’enquérir du pourquoi des travaux. La raison était toute simple et paraissait logique: la route sur laquelle se déroulaient les travaux était peu fréquentée et n’avait pas besoin d’être rénovée. Logique. Brugnon-Fernand, que la DDE exaspérait au plus au point, demanda poliment pourquoi la route était en travaux, et donc barrée, alors qu’elle n’avait pas besoin d’être rénovée. La réponse fut tout aussi limpide qu’une tranche de foie gras : Ha ben y-z-’étaient arrivés c’matin, pis bon, ça leur paraissait pas bien abîmé. À vrai dire ils venaient de mettre du goudron frai y avait trois jours. Mais bon, ils ont quand même fait des travaux de prévention. Parce qu’y sont un peu concon. Comme ils avaient rien trouvé, il a fallut qu’ils refassent la route. À cause des travaux qu’avaient un poil abîmé l’bitume. C’est tout simple.
Bruno-Dageain, que ça lui allait bien, réagit comme tout homme sain d’esprit à ces mots inter-dimensionneaux, oui on dit comme ça je vous emmerde. Car il avait prévu le coup. C’est donc calmement que Tristan-Coït remonta dans sa voiture. Doucement. En se jetant calmement la tête la première comme un gentil gogol sur la vivitre de sa papas méchante dudu toutout Twingo. Avec assurance, il prit place au volant. Puis il mit le contact en marche. Clic. Hortense, qui avait toujours eu des envies suicidaires depuis qu’il connaissait la DDE, venait subitement de changer de sexe. Ma phase contenait donc une faute de français. Faisant gronder le moteur, Mathurlute-Lapine décida donc qu’il était temps de mettre fin à son calvaire. Il fonça, car son nom était désormais. Le moteur vrombissait, les pneus crissaient et Hubert fonçait en marche arrière. Concentré comme jamais, bien décidé à les suicider, ce brave Mathurin était au bord de l’hystérie -car les envies suicidaires de Mathurin s’appliquaient surtout aux autres. Qu’allait-il se passer? Robert allait-il réussir à suicider la DDE?

À suivre sur les roues de chapeau.

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