La DDE I
La DDE.
Bernard commençait la journée comme n’importe quelle journée. Comme n’importe quelle journée, il prenait un petit déjeuné comme n’importe quel petit déjeuné. Pendant qu’il mangeait mollement son pain grillé, le soleil brillait et les oiseaux chantaient. Pourtant, malgré le piapia incessant des piapiafs et la chaleur matinale, Bertrand -qui soudain ne s’appelait plus Bernard- était morose. Et ce pour deux raisons:
-Il allait bientôt devoir emprunter une route dangereuse.
-Il aimait bien “Bernard” comme prénom.
Mais voilà, il s’appelait désormais Yacinthe. Au comble du désespoir, Jean-Claude se préparait donc à prendre la route. Il s’habilla avec un costume pingouin, mit ses chaussures, sortit de chez lui et sauta dans sa voiture. Étant doté d’une capacité de réflexion ahurissante, Jean-Eude fut surpris de constater que “sauter dans sa voiture” ne signifiait pas “plonger comme un gogol la tête la première contre le double vitrage de sa Twingo”. Cinq minutes plus tard, notre brave Eusèbe était au volant de sa voiture, en route vers de nouvelles emmerdes. Après avoir passé une heure au volant de sa Twingo, Jean-Fenouille décida qu’il était temps de mettre le contact. C’est donc tout content que ce cher Basile partait en direction d’une route dangereuse. En effet, la route qu’il allait emprunter était en travaux. Ce qui signifiait que des gens s’occupaient de ces travaux. Et que ces gens étaient les gens de la DDE. “La DDE”, pensa Émilien-François. Oui, car Ferdinand pensait. Des fois. Et, comme chaque matin, Paul-Marie pensait à la DDE. La DDE étaient des gens d’une autre dimension. N’ayant pas la même conception du monde que nous, et donc que notre cher Fiacre, la DDE était constituée de personnes donc le concept même de “je gêne” leur échappait totalement. Cette entité inter-dimensionnelle était incrustée dans notre plan dimensionnel et s’amusait à faire des travaux là où il ne fallait pas. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’auteur ouvrit subitement une parenthèse ( afin de la refermer plus tard ) et décida d’expliquer en quoi consistait le jeu principal de la DDE.
Jeu de la DDE.
Pour jouer au jeu de la DDE, prenez:
-Une route bien fréquentée.
-Des tractopelles, des marteau-piqueurs,
des bulldozers, des grues, voire des
chars d’assaut.
-Des uniformes aux couleurs de la DDE.
-Une fissure.
Le but du jeu est, sur la route bien
fréquentée choisie, de faire le plus de
travaux encombrants et gênants possible.
L’utilisation d’engins tels que la grue
ou le char d’assaut reste strictement
réservée aux parties les plus élevées.
Plus les travaux sont inutiles et longs,
mieux c’est.
Exemple: la rénovation d’un rond point
pour cause d’argent à dépenser.
Voilà
vers quoi se dirigeait donc Odilon. Ce
qui devait arriver arriva: il ne tarda
pas à tomber sur une partie de DDE.
Georges s’arrêta donc, sortit de sa
voiture et alla s’enquérir du pourquoi
des travaux. La raison était toute simple
et paraissait logique: la route sur
laquelle se déroulaient les travaux était
peu fréquentée et n’avait pas besoin
d’être rénovée. Logique. Brugnon-Fernand,
que la DDE exaspérait au plus au point,
demanda poliment pourquoi la route était
en travaux, et donc barrée, alors qu’elle
n’avait pas besoin d’être rénovée. La
réponse fut tout aussi limpide qu’une
tranche de foie gras : Ha ben
y-z-’étaient arrivés c’matin, pis bon, ça
leur paraissait pas bien abîmé. À vrai
dire ils venaient de mettre du goudron
frai y avait trois jours. Mais bon, ils
ont quand même fait des travaux de
prévention. Parce qu’y sont un peu
concon. Comme ils avaient rien trouvé, il
a fallut qu’ils refassent la route. À
cause des travaux qu’avaient un poil
abîmé l’bitume. C’est tout simple.
Bruno-Dageain, que ça lui allait bien,
réagit comme tout homme sain d’esprit à
ces mots inter-dimensionneaux, oui on dit
comme ça je vous emmerde. Car il avait
prévu le coup. C’est donc calmement que
Tristan-Coït remonta dans sa voiture.
Doucement. En se jetant calmement la tête
la première comme un gentil gogol sur la
vivitre de sa papas méchante dudu toutout
Twingo. Avec assurance, il prit place au
volant. Puis il mit le contact en marche.
Clic. Hortense, qui avait toujours eu des
envies suicidaires depuis qu’il
connaissait la DDE, venait subitement de
changer de sexe. Ma phase contenait donc
une faute de français. Faisant gronder le
moteur, Mathurlute-Lapine décida donc
qu’il était temps de mettre fin à son
calvaire. Il fonça, car son nom était
désormais. Le moteur vrombissait, les
pneus crissaient et Hubert fonçait en
marche arrière. Concentré comme jamais,
bien décidé à les suicider, ce brave
Mathurin était au bord de l’hystérie -car
les envies suicidaires de Mathurin
s’appliquaient surtout aux autres.
Qu’allait-il se passer? Robert allait-il
réussir à suicider la DDE?
À suivre sur les roues de chapeau.
À lire:
Les articles divers
Les MAJ du blog
La Chronique
Les
archives:
Semaine du 30 Août
Semaine du 23 Août
Semaine du 26 Juillet
Semaine du 28 Juin
Semaine du 17 Mai
Semaine du 10 Mai
Semaine du 15 Mars
Semaine du 01 Mars
Semaine du 08 Février
Semaine du 25 Janvier
Semaine du 18 Janvier
Semaine du 04 Janvier
Semaine du 28 Décembre
Semaines du 14 Décembre
Semaine du 07 Décembre
Semaine du 23 Novembre
Semaine du 16 Novembre
Semaine du 09 Novembre
Semaine du 02 Novembre
Semaine du 19 Octobre
Semaine du 12 Octobre
Semaine du 05 Octobre
Semaine du 28 Septembre
Semaine du 21 Septembre
Semaine du 14 Septembre
Semaine du 07 Septembre
Semaine du 31 Août
Semaine du 24 Août
Semaine du 22 Juin
Semaine du 15 Juin
Semaine du 08 Juin
Semaine du 1er Juin
Semaine du 25 Mai
