Un an à écrire, un mois sans poster, et enfin une MAJ.

Et voilà, il fallait bien que ça arrive: ce blog a un an. Un an de textes et d'articles, mine de rien c'est pas mal =)
C'est pas rien parce que ça veut dire que j'ai réussi à tenir un an pour écrire mes chroniques. Et ça, ça se fête. Mais pas tout de suite, pas tout de suite =)
Et comme ça va en fait faire plus d'un mois que c'était l'anniversaire de ce blog (ben oui, c'était le 25 mai), et que je peux ENFIN refaire des MAJ dessus, j'ai envie de dire:"...", et ce dans un élan de fierté, de joie et de bonne humeur. Bon et pour m'excuser de pas avoir posté pendant plus d'un mois, voici les trois quatre textes écrits pendant ce temps.
PS: non non, vous ne rêvez pas, chez Strip Generator, ils ont changé leur système. Maintenant on a droit à un joli "title" avant le titre, des fois qu'on s'en doute pas.
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Documentaire animalier névrotique.
Aujourd’hui mes poussinous, je vais vous
parler d’un animal trop peu connu, et
pour cause: personne n’en parle, pas même
les écologiste; nada, niet, rien! Ce qui
le rend d’autant plus intéressant, c’est
sa vie qui est de très courte durée. En
effet, la durée de vie moyenne de cet
animal est actuellement estimée aux
alentours de trente secondes. C’est peu,
très peu, mais alors vraiment très peu
(pour ceux qui ne le sauraient pas, “peu”
est le contraire de “beaucoup”. C’est
aussi le bruit que peuvent faire
certaines larves humanoïdes pour faire le
bruit du pistolet avec leurs doigts).
Bref, laissez moi maintenant, j’ai
dit:”LAISSEZ MOI MAINTENANT!” et
j’ajouterais:”BANDE DE NÉVROSÉS!”, que je
puisse vous présenter, -Jean-Charles vous
allez vous prendre un coup de tatane
attention-, vous présenter, donc, le
Bonhomme Ketchup -bon Jean-Charles, vous
l’aurez voulu: qu’on m’apporte des petits
cailloux.
Pour commencer, l’apparence du Bonhomme
Ketchup est très limitée: deux yeux, une
bouche, et parfois un ersatz de nez.
Notons qu’à ce jour, personne n’a encore
vu le Bonhomme Ketchup se servir de sa
bouche. Eh oui, malgré des études
poussées, puis tirées, puis repoussées,
et retirées de l’actualité, on ne
démontre dans le monde qu’un seul et
unique cas de Bonhomme Ketchup ayant
utilisée sa bouche. Ce Bonhomme Ketchup,
c’est Eude.
Eude étais un bonhomme ketchup constitué
comme la plupart de ses congénères. En
apparence tout du moins. Car, depuis
qu’il baignait impersonnellement et de
façon moléculaire en commun avec sa
fratrie dans la Grande Bouteille Mère,
Eude cachait un terrible secret. Ce
terrible secret, vous l’aurez deviné à
moins d’être aussi névrosé que
Jean-Charles qui ne veut toujours pas me
laisser, était le don de la parole. La
bouche de Eude était donc utile!
Il n’en avait jamais parlé à ses frères:
-D’une part parce que tout ce qu’il
aurait pu dire se serait résumé à
“Flllehhhh...”
-D’autre part parce qu’une particule de
ketchup, ça n’a pas d’oreilles donc ça
n’entend rien.
Malgré tout, Eude passa une enfance de
parfait condiment. Jusqu’au jour où,
fatalement, brusquement, il se retrouva
propulsé sans aucune classe sur un plat
de spaghettis. Tout se passa un soir
d’été à la carbonara, ce qui n’a aucun
sens. Eude prit vaguement conscience de
son état unitaire et complet avant de
voir la lumière au bout du petit tunnel
-que l’on s’obstine à appeler
vulgairement “bouchon”. La lumière fut de
plus en plus intense, puis un sentiment
de chute libre se fit sentir. Ainsi que
la désagréable sensation d’être séparé
puis assemblé. Rapidement, Eude reprit
ses esprouts, cette faute d’orthographe
étant faite exprès dans le but vil et
sournois de faire rire. Poil aux poêles à
frire. Le petit bonhomme pas en mousse
mais ketchup ouvrit un oeil, puis deux.
Enfin, il sentit une chaleur sur son
visage, et cela le fit sourire. Eude
était chaleureux.
Eudes commença à prendre conscience de ce
qui l’entourait. Il décida de nommer le
plafond “plafond”, les bords de
l’assiette “bords de l’assiette”, et la
fourchette qui fonçait droit sur lui
“HAAAAAAAAAA!!!!”. Que de naïveté: c’en
était presque beau.
Eudes, que son puissant cri avait
lui-même surpris, fut compris par la
personne qui allait le manger comme un
long et puissant “FHHHHHH!”. Tout alla
très vite: tandis que la fourchette fonça
droit sur lui, Eude esquiva en se
renversant de l’assiette et infligea une
frustration sans précédent à son
prédateur. Puis, venant de faire son
premier pas vers la liberté, Eude
s’aperçut qu’il venait aussi de faire le
dernier, car il n’avait pas de jambes.
Eudes finit donc au composte, dans lequel
il finit paisiblement ses jours à
chantonner paisiblement “Flllhhh, flll
fhhh hhlll”, qui est un chant
particulièrement apprécié chez les
bonhommes ketchup.
________________________________
Plainte
contre X.
Quand
on porte plainte contre X, généralement
il n’y a pas de suite. C’est facile; on
va au commissariat, et on dit:”je
voudrais porter plainte contre X.”. C’est
facile et petit. Hooou oui que c’est
petit, de porter plainte contre X. C’est
lâche parce qu’au final, quand on porte
plainte contre X, on porte plainte contre
un anonyme, contre du vide, contre rien.
Mais imaginez un peu que l’inverse soit
possible. Imaginez un instant que X
puisse porter plainte contre vous. J’en
connais un à qui c’est arrivé. Ce brave
monsieur, c’est Christian Druchon.
Christian Druchon, avant cette
mésaventure, était un homme comme les
autres, qui vivait très simplement dans
son modeste chez-soi. Tous les matins, au
réveil, Christian Druchon prenait un bon
petit-déjeuné avant d’aller au travail.
Le soir il rentrait en métro dans son
humble demeure et n’emmerdait personne,
sauf peut-être le jeunot du dessous avec
sa musique de sauvage. Mais on pouvait le
comprendre, et de toutes façons il
n’avait qu’à pas être jeune. Bref,
toujours est il que Christian menait une
vie parfaitement normale jusqu’à ce jour
fatidique.
Christian s’était réveillé un peu tard,
mais on ne pouvait pas lui en vouloir:
c’était un dimanche et les dimanches,
Christian se réveillait toujours un peu
tard. Il prenait son petit déjeuné
lorsque, soudain, un coup de téléphone
retentit. Prit de panique, Christian se
jeta à terre. Puis il se rendit compte
que c’était stupide et alla décrocher. À
sa grande surprise, ce fut la voix du
commissaire Michot qu’il entendit
-Allo monsieur Druchon? Pourriez-vous
venir au commissariat de suite s’il vous
plaît?
-Bien sûr, mais de quoi s’agit-il? Et
pourquoi moi? Quand dois-je venir? C’est
quoi encore que cette histoire de
commissariat de “suites”? Ca veut dire
qu’il y a un commissariat de début, et
donc un commissariat de fin? Hein?
Pourquoi je ne commence pas par le
commissariat de début? Qui me veut du
mal? Où se situe la zone 51? Quand est-ce
qu’on mange?
-Allons monsieur Druchon, fermez
gentiment la chose qui vous permet
d’expulser sous forme à peu près verbale
vos espèces de paroles, levez votre
derrière et venez au commissariat de
suite.
-J’arrive.
En moins de temps qu’il n’en faut pour le
faire, Christian enfourcha sa mobylette
et parti en pétaradant vers le
commissariat. La route ne fut cependant
pas des plus agréables: il creva sur un
passage clouté, dut s’excuser après avoir
roulé sur un dos d’âne et s’être fait
traité de “monstre, vous n’avez pas
honte?” -ce à quoi Christian répondit un
élégant “non”-, et finalement s’était
arrêté pour réparer un feu rouge qu’il
avait grillé. Enfin, il était arrivé au
commissariat. Il garait tranquillement
son engin lorsque, criant “GARE!”, des
policiers étaient sortis du bâtiment et
l’avaient emmené en salle
d’interrogatoire, toujours en criant
“GAAAARE!”. Une fois installé, il apprit
qu’on portait plainte contre lui.
-Mais qui donc?
-C’est X mon gaillard.
-X...Mon Dieu...Je...
-”Devoir
du 12 mai 1940”
ça te dit quelque chose?
-Je...Pas du tout non...
-Vraiment? Pourtant on a ici quelqu’un
qui prétend le contraire. Faites entrer
la victime.
Doucement, lentement, la porte grinça, et
on fit entrer X. Christian ne le voyait
pas, et c’était bien normal car, comme
son nom l’indiquait, X était inconnu.
-C’est lui, déclara lentement l’inconnu.
-Vous en êtes sûr?
-Absolument certain.
Christian commençait à se sentir mal. Il
avait chaud, et il sentait bien que la
tension montait dans l’air. Aussi
faillit-il sursauter lorsque le
commissaire posa un lourd dossier sur la
table. À vue de nez, on eu dit qu’il
faisait environs 234,56 pages, avec une
marge d’erreur de 2 feuilles et 7 mots.
C’est d’ailleurs la premier chose que
remarqua Christian. Il remarqua aussi le
titre du dossier :Ӄquation du 12 mai
1940”. Aussitôt, il se mit à frissonner.
-Ce dossier vous concerne monsieur
Druchon. Si la mémoire ne vous revient
pas, peut-être voulez-vous que je vous
lise
un bout du
dossier?
-Je...Non arrêtez...
-Je cite:”12 mai 1940. Demain est le
grand jour. Je vais rendre ce devoir à ma
prof de maths. J’espère voir sa tête
quand elle lira la valeur de X. Ou plutôt
devrais-je dire sa
non-valeur.”.
Toujours rien? Tiens, et si je lisais ce
passage, celui qui parle de l’heure de
colle. Ou bien j’ai aussi les feuilles de
calculs si vous préférez!
-Noooon! PAS LES FEUILLES DE CALCULS! Par
pitié arrêtez, j’avoue... J’avoue tout...
C’est moi qui ai assigné une mauvaise
valeur à X lors de cette équation...
-Haha, votre compte est bon. Vous allez
en passer du temps en heure de colle,
jusqu’à ce que justice soit réparée.
-Snif... Mais comment m’avez vous
retrouvé? (il s’adressait à X).
-C’est très simple, il n’y a pas
longtemps la police des valeurs a vu le
saboteur du train asymptotique des
Trigos... Le même train où je me trouvais
ce même jour, en direction de l’extremum.
Vous avez cru vous en tirer à bon compte
en déréglant l’aiguillage des rails
d’égalité. Seulement, j’ai réussi à m’en
sortir.
Le commissaire, un peu largué, on se
devait de le dire, demanda alors pourquoi
faire une telle chose.
-Ho c’est tout simple. Depuis la nuit des
temps, on utilise les enfants pour nous
permettre de séjourner dans votre plan
dimensionnel. Grâce à eux, on obtient des
valeurs, des “passeports”. Sauf qu’on ne
dit rien aux enfants. D’ailleurs, seul un
groupe très fermé de matheux connaît la
vérité. Mais il a fallut que Christian
Druchon fouine nos affaires dans son nez:
ce qui non seulement était très
désagréable, mais qui en plus de cela ne
nous arrangeait pas. Depuis tout ce
temps, il vit avec ce lourd secret.
-Mais cela signifie donc qu’il s’agit
d’un complot pour réduire en esclavage
des tas d’enfants!
-Hahahaha, et oui commissaire. Mais
maintenant il est trop tard, Druchon va
purger sa peine en m’assignant une
valeur! Hahahahahahaaa!
-Enfoirés! Vous rendez-vous compte que
vous avez privé des générations entières
d’enfants de plaisir?
C’est alors que, dans un élan de courage,
Christian résolu l’équation à sa manière.
-Ba, de toutes manières, X ne vaut rien.
Même pas zéro, non: il ne vaut juste
rien. Et encore c’est déjà trop.
Alors, dans un pathétique sifflement de
baudruche qu’on dégonfle, X mourut.
-Bon Dieu, vous nous avez sauvé Druchon!
-Vous savez, je n’ai fait que mon devoir,
dit modestement le brave homme.
Quelques jours plus tard, Druchon
recevait l’insigne du “tu le mérites bien
mais tu peux mieux faire” et se voyait
décoré de la médaille de “fournit le
minimum du minimum” ainsi que d’un 20/20,
ce qui n’est tout de même pas rien. Ben
non, vu que rien, c’est un peu plus que
X. D’où rien ≥ X, et moi je vais prendre
mes cachets.
En bonus, une photo du sabotage des
rails:
-avant: =
-après: ≠
__________________________
Les
limites tendent vers 0
Aujourd’hui,
cours animalo-mathématique sur les
limites, et plus précisément les limites
en x. La limite en x, donc, pour peu
qu’elle tende vers quelque chose, est un
animal bien à part dans la chaîne
alimentaire. Animal ignoré dont le
comportement reste encore un mystère pour
une majorité de personnes. Heureusement,
il m’a été donné l’occasion de pouvoir
récemment étudier le comportement d’une
limite en x. C’était en cours de
mathématiques, alors que les extremum
paissaient tranquillement au bout d’une
fonction. Pendant que x tendait
tranquillement vers +∞, toute la classe
put observer, lentement, la limite de x
tendre vers 0. Voyant cela, x feintait et
se mettait à tendre vers -∞. Comportement
on ne peut plus étonnant, la limite ne
cillait pas et continuait à tendre vers
0.
Outré que l’on puisse lui faire un tel
affront, x se mit soudainement à tendre
lui aussi vers 0, avec une rapidité
surprenante. Ce qui devait se passer se
passa: la limite se retrouva tout de
suite vers +∞. Profitant de l’occasion, x
feinta alors qu’il allait atteindre 0 et
repartit en -∞. Toute chamboulée, la
limite tenta d’adopter un comportement
asymptotique: grave erreur, car x se mit
à tendre vers ∞, c’est-à-dire dans les
deux sens. C’est à ce moment là que la
limite de x eut un comportement, et pas
des moindres, puisqu’elle se mit à fuir
le 0 où elle aurait normalement dut se
trouver en prenant la dérivée -une route
que l’on réservait uniquement dans
certains cas, notamment celui des travaux
sur la fonction principale. Oui, mais
c’était sans compter sur le fait que x
connaissait très bien le chemin. Et ce
fut en un rien de temps que la limite de
x fut rattrapée, et remise dans le droit
chemin, non mais. Au comble du désespoir,
notre pauvre limite se résigna à se
retrouver là où x tendait. C’est alors
que soudain, sans crier gare, comme ça,
hop, pour la déconne, x se retrouva sur
0. Et comme x/0, il n’en était vraiment
pas question, la limite ne fut plus
obligée de tendre vers +∞. Et c’est ainsi
que, x se retrouvant coincé dans une
impossibilité mathématique -et c’était
quand même bien fait pour sa tronche-,
notre adorable petite limite put se
retrouver vers 0, où elle finit
paisiblement ses jours à brouter de la
racine de carré.
La prochaine fois, nous verrons comment
éduquer un diagramme en boîte à moustache
mais d’abord moi je vais prendre mes
pilules.
__________________________
Mr.
Répondeur.
Aujourd’hui,
mes membranes cellulosiques cytoaminées
que j’aime, je vous propose de nous
intéresser à la vie d’une journée de Mr.
Répondeur. Poil au beurre. Mr. Répondeur
est, contrairement à la croyance
populaire, qui tend vers l’hypothèse
d’une simple machine, un petit bonhomme.
Et ce petit bonhomme fait partie de la
famille des huclains. Et non, il n’est
pas en mousse. Les huclains, donc, sont
ceux grâce à qui tout fonctionne chez
nous. Eh oui: quand vous appuyez sur un
interrupteur, ce sont les huclains qui
courent pour transporter le courant
jusqu’à l’ampoule; ce sont les huclains
qui s’y mettent à plusieurs pour faire
tourner les lames de votre mixeur. On en
trouve de toutes sortes, et les plus
connus sont sans doutes les bonhommes WC,
sans qui pisser deviendrait un beau
bordel. Bref, Mr. Répondeur est un
huclain: malheureusement pour la personne
qui l’héberge, il se fait vieux et
devient légèrement irascible. Il arrive
donc que, de temps en temps, ce brave
huclain pète une durite. C’est ce qui se
passa d’ailleurs il y a quelques jours,
lors d’une journée particulièrement
chargée en appels urgents (tels que la
vente par correspondance du service d’eau
Véolia) et d’autres broutilles.
3h15 du matin:”[...] merci de laisser un
message après le bip sonore.” -BIP-.
Bonjours, pourrais-je parler à monsieur
Grouchon s’il vous plaît? C’est au sujet
d’une offre concernant l’eau... -BIP
BIP-.
3h30 du matin:”[...] laisser un message
après le bip sonore.” -BIP-. Bonjours,
c’est Julie. Écoute Patrick, il faut
qu’on parle. -BIP BIP-.
3h35 du matin:”[...] Répondeur...
Patrick... Message... Bip...” -BIP-.
Bonjours, j’aurais vraiment voulu parler
à Mr. Grouchon à propos de cette histoire
d’offre. Et je tenais vraiment à le faire
à 3h35 du matin. -BIP BIP-.
Jusqu’à 4h00 du matin, Mr. Répondeur
récita inlassablement sa longue tirade,
espérant que ces andouilles auraient
assez de bon sens pour ne plus chercher à
joindre quelqu’un en pleine nuit. Et pour
s’assurer que plus personne n’appellerait
avant une heure convenable, il brancha
l’intonalité. Pour ceux qui se le
demandent, voici la définition de
l’intonalité:
Intonalité.
nf:
Bruit caractéristique du silence qu’on
entend ou qu’on entend pas la plupart du
temps au téléphone.
Mr. Répondeur donc, avait branché
l’intonalité et put se reposer ainsi
jusqu’à 8h00. Ce ne fut que lorsque la
tonalité revint qu’il en eu vraiment
marre.
À 8h00, après que Mr. Répondeur eut
éteint l’intonalité, une espèce de
vibration se fit sentir dans l’air, et
enfin surgit, sans crier gare -parce que
ça aurait été stupide-, la loi des
probabilités, qui lui dit:” La
probabilité que les appels affluent au
même moment que vous désactiviez
l’intonalité est vraie.”. On put donc se
demander si éventuellement tous ces gens
ne se liguaient pas contre ce fameux
Patrick. Mr. Répondeur n’eut
malheureusement pas le plaisir d’élucider
ce mystère car les appels commencèrent à
affluer. Ainsi Mr. Répondeur, et on le
comprenait, aurait préféré -comme on dit
entre poètes- jouer de la balalaïka le
cul sur un cousin de ronces plutôt que de
supporter encore longtemps les demeurés
profonds qui s’acharnaient sur leur
combiné.
Au début, ce fut un démarcheur pour une
entreprise d’espace qui l’appela.
-Oui allô?
-Oui, bonjours, je représente la société
Espaces&Confins, et j’appelle au
sujet d’une offre que nous proposons
actuellement.
-Hohoho, mais, mon cher monsieur, vous
savez quoi?
-Non, mais je suppose que vous allez me
le dire!
-Et bien non tient, je vais vous laisser
en suspens. Au revoir monsieur!
Trois secondes plus tard, le démarcheur
revenait à la charge.
-Bonjours, monsieur Grouchon?
-Lui-même.
-Je représente la société
Espaces&Confins. Nous vendons de
l’espace et actuellement, vous pouvez
bénéficier d’une offre exceptionnelle:
trois espaces achetés, deux confins sont
offerts.
-Mon très cher monsieur, vos confins,
vous pouvez vous les carrer aussi profond
que vous le pourrez, si tant est que vous
arriviez à vous insérer quelque chose qui
n’existe que tant qu’on n’y est pas.
Excellente journée.
Quelques minutes après cet échange d’une
rare finesse, le téléphone re-sonnait.
-Oui allô?
-...
-Aaaaallô?
-...
-Je vois...
Mr. Répondeur prit alors une grande
inspiration, et c’est désormais en plein
combat de silence que nous retrouvons
notre brave huclain.
C’est Mr. Répondeur qui attaque le
premier, en ne disant absolument rien.
Face à un rien aussi absolu, l’assaillant
ne peut que parer par une absence de
paroles. Puis il esquive le mutisme de
Mr. Répondeur et lui lance une corde sur
la langue. Ce dernier, qui l’a maintenant
bien pendue, la coupe juste à temps, ce
qui déstabilise son adversaire qui laisse
s’échapper un léger soufflement. Grave
erreur; Mr. Répondeur saisi aussitôt
l’occasion pour l’enchaîner avec un
silence profond. Étourdi par toute cette
absence de bruit, l’assaillant essaye de
prendre la fuite. En effet, le choc de
tout ce silence a crée une friture dans
la ligne téléphonique. Mais l’huclain ne
se laisse pas faire: il est bien décidé à
apprendre à ce trou du cul qu’on
n’appelle pas impunément les gens,
surtout si c’est pour ne rien leur dire,
et encore plus si c’est pour ne rien leur
dire un dimanche matin. Avant que son
adversaire ait eu le temps d’atteindre sa
sortie de secours, Mr. Répondeur a
colmaté cette denière. L’assaillant est
coincé. Il a beau chercher partout, il ne
voit aucune issue. Sa respiration
s’accélère, il sent qu’il a perdu le
contrôle de la situation. Alors, dans un
ultime sursaut d’espoir, il hurle, tout
en espérant que ça ne se remarquera pas.
Mr. Répondeur l’achève en raccrochant. Le
combat a duré une bonne heure, et
l’huclain est à bout de souffle,
ruisselant de sueur. Soudain, alors que
tout semble redevenir normal, un bruit se
fait entendre (ce qui est plutôt
logique). Puis le même bruit se répète et
se fait voir, ce qui cette fois-ci est un
peu plus difficile à comprendre.
Mr. Répondeur regarda par le petit cadran
du voyant rouge des nouveaux messages,
et, étant positionné face à la fenêtre,
aperçu deux lignes de tension en train de
pendre pitoyablement. Plus intrigué
qu’autre chose, Mr. Répondeur prit le
chemin desdites lignes...
À suivre au téléphone, et sans
pendouiller!
Jacques était content. Bernard Joulon
venait tout juste de le déposer sur son
lieu de travail, et déjà il s’adonnait à
une bonne partie de DDE. Pour le moment,
lui et son équipe avaient réussi à faire
craquer environs vingt-six personnes. Il
y avait au moins:
-Quinze ronchonneurs.
-Cinq personnes qui les avaient injurié,
dont deux leur avait balancé des petits
cailloux, et ce dans une ridicule
tentative de les intimider.
-Trois
autres personnes avaient brusquement
tourné et, dans un excès d’angoisse,
s’étaient jetés en hurlant du haut d’un
pont. Les embouteillages ainsi causés
avaient entraînés une autre partie de DDE
tellement ardue que les chars d’assaut
avaient été autorisés.
-Pour finir, les
trois personnes restantes s’étaient
défenestrées de leur voitures avant de
s’enfuir en hurlant que jamais, non
jamais ils n’avaient vu d’aussi grands
malades que la DDE.
Jacques pouvait être
très fier de lui. Mais bon, maintenant
que la partie était finie, il devait se
remettre au travail -bien que cette
notion soit très différente chez eux que
chez nous. En effet, il devait s’assurer
que les lignes hautes tensions pour
lesquelles ils étaient venus étaient
assez hautes pour ne pas risquer
d’accident. La logique étant ce qu’elle
est, et celle de la DDE n’étant pas la
même, l’équipe d’ouvriers avait dut
détacher les lignes pour mieux les
observer. Ils en avaient conclu, après
une première observation, que les gants
en caoutchouc n’étaient pas là pour
décorer. Puis après une deuxième
observation que “non, vraiment, ils ne
sont pas là pour décorer: et si on les
mettait?”. Au moment de remettre les
lignes à leur place, un petit bonhomme
était sortit de l’une d’entre elles et
avait interpellé Jacques. C’est là que
nous assistons au choc des cultures de
deux entités inter-dimensionnelles, Dieu
que c’est beau. Faisons preuve de sagesse
devant tant de poésie, et surtout vous:
fermez là.
-Hey toi l’espèce de grande
gigue, je peux savoir ce que tu fout à me
tripoter la ligne à haute tension?
-Et
bien je... Enfin, je fais mon boulot vous
savez.
-C’est ça! En attendant le
téléphone il marche plus, et moi je peux
plus prendre les messages!
-Je suis
désolé, vraiment... Mais qui êtes vous
petit bonhomme?
-Ha oui, c’est vrai...
Mr. Répondeur venait tout juste de
réaliser que non, Jacques ne pouvait pas
connaître l’existence des huclains. Après
lui avoir expliqué qui il était, d’où il
venait et pourquoi il en venait, Mr.
Répondeur failli sombrer dans un profond
désespoir lorsque, finissant pour la
troisième fois ses explications, Jacques
ne trouva rien d’autre à faire que
d’enduire de concombre un plot de
signalétique. En réalité, Jacques
méditait: l’huclain venait de lui dire
qu’il fallait à tout prix remettre la
ligne haute tension comme elle était,
seulement il fallait pour cela des
attaches qu’il pensait avoir. Or il n’en
avait pas, et ces attaches étaient rares
et ne se trouvaient que dans un seul
endroit au monde: Nulle-Part. Eh oui,
cette espèce de ville située
approximativement à côté de Là était la
seule qui fournissait ce matériel. “En
fait, c’est logique” se dit Jacques,
“Nulle-Part est le carrefour
inter-dimensionnel de toutes les entités
existantes.”. En effet, Nulle-Part était
la seule ville dans tout l’univers d’où
provenaient de nombreux objets. C’était
entre autre là-bas qu’était né le stylo
Bic, suite à l’entreprise florissante de
Mr. Bic, un ambitieux huclain qui, à
force de persévérance, avait réussi dans
la vie. Voyant que Jacques avait fini
d’enduire son plot de concombre, Mr.
Répondeur prit la parole.
-Bon alors,
comment vous comptez me réparer tout ça
maintenant?
-Je suis désolé monsieur,
seulement il nous faut des attaches
spéciales. Or ces attaches, on ne les
trouve guère qu’à Nulle-Part.
-Comment?
Il n’y a pas d’autre endroit?
-Hélas
non... Et pour trouver Nulle-Part, bon
courage.
-Bon et bien nous n’avons plus
qu’à chercher. Vous voulez bien m’aider?
-Ho bien sûr, je n’ai jamais refusé mon
aide à plus petit que moi.
Sur ces mots,
Jacques et Mr. Répondeur se mirent en
quête de Nulle-Part...
À
seuhühivreu.
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