Se suicider moralement?
28 June 2009

Un an à écrire, un mois sans poster, et enfin une MAJ.

un-an-pour-le-blog





Et voilà, il fallait bien que ça arrive: ce blog a un an. Un an de textes et d'articles, mine de rien c'est pas mal =)
C'est pas rien parce que ça veut dire que j'ai réussi à tenir un an pour écrire mes chroniques. Et ça, ça se fête. Mais pas tout de suite, pas tout de suite =)
Et comme ça va en fait faire plus d'un mois que c'était l'anniversaire de ce blog (ben oui, c'était le 25 mai), et que je peux ENFIN refaire des MAJ dessus, j'ai envie de dire:"...", et ce dans un élan de fierté, de joie et de bonne humeur. Bon et pour m'excuser de pas avoir posté pendant plus d'un mois, voici les trois quatre textes écrits pendant ce temps.
PS: non non, vous ne rêvez pas, chez Strip Generator, ils ont changé leur système. Maintenant on a droit à un joli "title" avant le titre, des fois qu'on s'en doute pas.

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Documentaire animalier névrotique.

Aujourd’hui mes poussinous, je vais vous parler d’un animal trop peu connu, et pour cause: personne n’en parle, pas même les écologiste; nada, niet, rien! Ce qui le rend d’autant plus intéressant, c’est sa vie qui est de très courte durée. En effet, la durée de vie moyenne de cet animal est actuellement estimée aux alentours de trente secondes. C’est peu, très peu, mais alors vraiment très peu (pour ceux qui ne le sauraient pas, “peu” est le contraire de “beaucoup”. C’est aussi le bruit que peuvent faire certaines larves humanoïdes pour faire le bruit du pistolet avec leurs doigts).
Bref, laissez moi maintenant, j’ai dit:”LAISSEZ MOI MAINTENANT!” et j’ajouterais:”BANDE DE NÉVROSÉS!”, que je puisse vous présenter, -Jean-Charles vous allez vous prendre un coup de tatane attention-, vous présenter, donc, le Bonhomme Ketchup -bon Jean-Charles, vous l’aurez voulu: qu’on m’apporte des petits cailloux.
Pour commencer, l’apparence du Bonhomme Ketchup est très limitée: deux yeux, une bouche, et parfois un ersatz de nez. Notons qu’à ce jour, personne n’a encore vu le Bonhomme Ketchup se servir de sa bouche. Eh oui, malgré des études poussées, puis tirées, puis repoussées, et retirées de l’actualité, on ne démontre dans le monde qu’un seul et unique cas de Bonhomme Ketchup ayant utilisée sa bouche. Ce Bonhomme Ketchup, c’est Eude.
Eude étais un bonhomme ketchup constitué comme la plupart de ses congénères. En apparence tout du moins. Car, depuis qu’il baignait impersonnellement et de façon moléculaire en commun avec sa fratrie dans la Grande Bouteille Mère, Eude cachait un terrible secret. Ce terrible secret, vous l’aurez deviné à moins d’être aussi névrosé que Jean-Charles qui ne veut toujours pas me laisser, était le don de la parole. La bouche de Eude était donc utile!
Il n’en avait jamais parlé à ses frères:
-D’une part parce que tout ce qu’il aurait pu dire se serait résumé à “Flllehhhh...”
-D’autre part parce qu’une particule de ketchup, ça n’a pas d’oreilles donc ça n’entend rien.
Malgré tout, Eude passa une enfance de parfait condiment. Jusqu’au jour où, fatalement, brusquement, il se retrouva propulsé sans aucune classe sur un plat de spaghettis. Tout se passa un soir d’été à la carbonara, ce qui n’a aucun sens. Eude prit vaguement conscience de son état unitaire et complet avant de voir la lumière au bout du petit tunnel -que l’on s’obstine à appeler vulgairement “bouchon”. La lumière fut de plus en plus intense, puis un sentiment de chute libre se fit sentir. Ainsi que la désagréable sensation d’être séparé puis assemblé. Rapidement, Eude reprit ses esprouts, cette faute d’orthographe étant faite exprès dans le but vil et sournois de faire rire. Poil aux poêles à frire. Le petit bonhomme pas en mousse mais ketchup ouvrit un oeil, puis deux. Enfin, il sentit une chaleur sur son visage, et cela le fit sourire. Eude était chaleureux.
Eudes commença à prendre conscience de ce qui l’entourait. Il décida de nommer le plafond “plafond”, les bords de l’assiette “bords de l’assiette”, et la fourchette qui fonçait droit sur lui “HAAAAAAAAAA!!!!”. Que de naïveté: c’en était presque beau.
Eudes, que son puissant cri avait lui-même surpris, fut compris par la personne qui allait le manger comme un long et puissant “FHHHHHH!”. Tout alla très vite: tandis que la fourchette fonça droit sur lui, Eude esquiva en se renversant de l’assiette et infligea une frustration sans précédent à son prédateur. Puis, venant de faire son premier pas vers la liberté, Eude s’aperçut qu’il venait aussi de faire le dernier, car il n’avait pas de jambes. Eudes finit donc au composte, dans lequel il finit paisiblement ses jours à chantonner paisiblement “Flllhhh, flll fhhh hhlll”, qui est un chant particulièrement apprécié chez les bonhommes ketchup.
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Plainte contre X.

Quand on porte plainte contre X, généralement il n’y a pas de suite. C’est facile; on va au commissariat, et on dit:”je voudrais porter plainte contre X.”. C’est facile et petit. Hooou oui que c’est petit, de porter plainte contre X. C’est lâche parce qu’au final, quand on porte plainte contre X, on porte plainte contre un anonyme, contre du vide, contre rien. Mais imaginez un peu que l’inverse soit possible. Imaginez un instant que X puisse porter plainte contre vous. J’en connais un à qui c’est arrivé. Ce brave monsieur, c’est Christian Druchon. Christian Druchon, avant cette mésaventure, était un homme comme les autres, qui vivait très simplement dans son modeste chez-soi. Tous les matins, au réveil, Christian Druchon prenait un bon petit-déjeuné avant d’aller au travail. Le soir il rentrait en métro dans son humble demeure et n’emmerdait personne, sauf peut-être le jeunot du dessous avec sa musique de sauvage. Mais on pouvait le comprendre, et de toutes façons il n’avait qu’à pas être jeune. Bref, toujours est il que Christian menait une vie parfaitement normale jusqu’à ce jour fatidique.
Christian s’était réveillé un peu tard, mais on ne pouvait pas lui en vouloir: c’était un dimanche et les dimanches, Christian se réveillait toujours un peu tard. Il prenait son petit déjeuné lorsque, soudain, un coup de téléphone retentit. Prit de panique, Christian se jeta à terre. Puis il se rendit compte que c’était stupide et alla décrocher. À sa grande surprise, ce fut la voix du commissaire Michot qu’il entendit
-Allo monsieur Druchon? Pourriez-vous venir au commissariat de suite s’il vous plaît?
-Bien sûr, mais de quoi s’agit-il? Et pourquoi moi? Quand dois-je venir? C’est quoi encore que cette histoire de commissariat de “suites”? Ca veut dire qu’il y a un commissariat de début, et donc un commissariat de fin? Hein? Pourquoi je ne commence pas par le commissariat de début? Qui me veut du mal? Où se situe la zone 51? Quand est-ce qu’on mange?
-Allons monsieur Druchon, fermez gentiment la chose qui vous permet d’expulser sous forme à peu près verbale vos espèces de paroles, levez votre derrière et venez au commissariat de suite.
-J’arrive.
En moins de temps qu’il n’en faut pour le faire, Christian enfourcha sa mobylette et parti en pétaradant vers le commissariat. La route ne fut cependant pas des plus agréables: il creva sur un passage clouté, dut s’excuser après avoir roulé sur un dos d’âne et s’être fait traité de “monstre, vous n’avez pas honte?” -ce à quoi Christian répondit un élégant “non”-, et finalement s’était arrêté pour réparer un feu rouge qu’il avait grillé. Enfin, il était arrivé au commissariat. Il garait tranquillement son engin lorsque, criant “GARE!”, des policiers étaient sortis du bâtiment et l’avaient emmené en salle d’interrogatoire, toujours en criant “GAAAARE!”. Une fois installé, il apprit qu’on portait plainte contre lui.
-Mais qui donc?
-C’est X mon gaillard.
-X...Mon Dieu...Je...
-”
Devoir du 12 mai 1940” ça te dit quelque chose?
-Je...Pas du tout non...
-Vraiment? Pourtant on a ici quelqu’un qui prétend le contraire. Faites entrer la victime.
Doucement, lentement, la porte grinça, et on fit entrer X. Christian ne le voyait pas, et c’était bien normal car, comme son nom l’indiquait, X était inconnu.
-C’est lui, déclara lentement l’inconnu.
-Vous en êtes sûr?
-Absolument certain.
Christian commençait à se sentir mal. Il avait chaud, et il sentait bien que la tension montait dans l’air. Aussi faillit-il sursauter lorsque le commissaire posa un lourd dossier sur la table. À vue de nez, on eu dit qu’il faisait environs 234,56 pages, avec une marge d’erreur de 2 feuilles et 7 mots. C’est d’ailleurs la premier chose que remarqua Christian. Il remarqua aussi le titre du dossier :”Équation du 12 mai 1940”. Aussitôt, il se mit à frissonner.
-Ce dossier vous concerne monsieur Druchon. Si la mémoire ne vous revient pas, peut-être voulez-vous que je vous lise
un bout du dossier?
-Je...Non arrêtez...
-Je cite:”12 mai 1940. Demain est le grand jour. Je vais rendre ce devoir à ma prof de maths. J’espère voir sa tête quand elle lira la valeur de X. Ou plutôt devrais-je dire sa
non-valeur.”. Toujours rien? Tiens, et si je lisais ce passage, celui qui parle de l’heure de colle. Ou bien j’ai aussi les feuilles de calculs si vous préférez!
-Noooon! PAS LES FEUILLES DE CALCULS! Par pitié arrêtez, j’avoue... J’avoue tout... C’est moi qui ai assigné une mauvaise valeur à X lors de cette équation...
-Haha, votre compte est bon. Vous allez en passer du temps en heure de colle, jusqu’à ce que justice soit réparée.
-Snif... Mais comment m’avez vous retrouvé? (il s’adressait à X).
-C’est très simple, il n’y a pas longtemps la police des valeurs a vu le saboteur du train asymptotique des Trigos... Le même train où je me trouvais ce même jour, en direction de l’extremum. Vous avez cru vous en tirer à bon compte en déréglant l’aiguillage des rails d’égalité. Seulement, j’ai réussi à m’en sortir.
Le commissaire, un peu largué, on se devait de le dire, demanda alors pourquoi faire une telle chose.
-Ho c’est tout simple. Depuis la nuit des temps, on utilise les enfants pour nous permettre de séjourner dans votre plan dimensionnel. Grâce à eux, on obtient des valeurs, des “passeports”. Sauf qu’on ne dit rien aux enfants. D’ailleurs, seul un groupe très fermé de matheux connaît la vérité. Mais il a fallut que Christian Druchon fouine nos affaires dans son nez: ce qui non seulement était très désagréable, mais qui en plus de cela ne nous arrangeait pas. Depuis tout ce temps, il vit avec ce lourd secret.
-Mais cela signifie donc qu’il s’agit d’un complot pour réduire en esclavage des tas d’enfants!
-Hahahaha, et oui commissaire. Mais maintenant il est trop tard, Druchon va purger sa peine en m’assignant une valeur! Hahahahahahaaa!
-Enfoirés! Vous rendez-vous compte que vous avez privé des générations entières d’enfants de plaisir?
C’est alors que, dans un élan de courage, Christian résolu l’équation à sa manière.
-Ba, de toutes manières, X ne vaut rien. Même pas zéro, non: il ne vaut juste rien. Et encore c’est déjà trop.
Alors, dans un pathétique sifflement de baudruche qu’on dégonfle, X mourut.
-Bon Dieu, vous nous avez sauvé Druchon!
-Vous savez, je n’ai fait que mon devoir, dit modestement le brave homme.
Quelques jours plus tard, Druchon recevait l’insigne du “tu le mérites bien mais tu peux mieux faire” et se voyait décoré de la médaille de “fournit le minimum du minimum” ainsi que d’un 20/20, ce qui n’est tout de même pas rien. Ben non, vu que rien, c’est un peu plus que X. D’où rien ≥ X, et moi je vais prendre mes cachets.
En bonus, une photo du sabotage des rails:
-avant: =
-après: ≠
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Les limites tendent vers 0
Aujourd’hui, cours animalo-mathématique sur les limites, et plus précisément les limites en x. La limite en x, donc, pour peu qu’elle tende vers quelque chose, est un animal bien à part dans la chaîne alimentaire. Animal ignoré dont le comportement reste encore un mystère pour une majorité de personnes. Heureusement, il m’a été donné l’occasion de pouvoir récemment étudier le comportement d’une limite en x. C’était en cours de mathématiques, alors que les extremum paissaient tranquillement au bout d’une fonction. Pendant que x tendait tranquillement vers +∞, toute la classe put observer, lentement, la limite de x tendre vers 0. Voyant cela, x feintait et se mettait à tendre vers -∞. Comportement on ne peut plus étonnant, la limite ne cillait pas et continuait à tendre vers 0.
Outré que l’on puisse lui faire un tel affront, x se mit soudainement à tendre lui aussi vers 0, avec une rapidité surprenante. Ce qui devait se passer se passa: la limite se retrouva tout de suite vers +∞. Profitant de l’occasion, x feinta alors qu’il allait atteindre 0 et repartit en -∞. Toute chamboulée, la limite tenta d’adopter un comportement asymptotique: grave erreur, car x se mit à tendre vers ∞, c’est-à-dire dans les deux sens. C’est à ce moment là que la limite de x eut un comportement, et pas des moindres, puisqu’elle se mit à fuir le 0 où elle aurait normalement dut se trouver en prenant la dérivée -une route que l’on réservait uniquement dans certains cas, notamment celui des travaux sur la fonction principale. Oui, mais c’était sans compter sur le fait que x connaissait très bien le chemin. Et ce fut en un rien de temps que la limite de x fut rattrapée, et remise dans le droit chemin, non mais. Au comble du désespoir, notre pauvre limite se résigna à se retrouver là où x tendait. C’est alors que soudain, sans crier gare, comme ça, hop, pour la déconne, x se retrouva sur 0. Et comme x/0, il n’en était vraiment pas question, la limite ne fut plus obligée de tendre vers +∞. Et c’est ainsi que, x se retrouvant coincé dans une impossibilité mathématique -et c’était quand même bien fait pour sa tronche-, notre adorable petite limite put se retrouver vers 0, où elle finit paisiblement ses jours à brouter de la racine de carré.
La prochaine fois, nous verrons comment éduquer un diagramme en boîte à moustache mais d’abord moi je vais prendre mes pilules.

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Mr. Répondeur.

Aujourd’hui, mes membranes cellulosiques cytoaminées que j’aime, je vous propose de nous intéresser à la vie d’une journée de Mr. Répondeur. Poil au beurre. Mr. Répondeur est, contrairement à la croyance populaire, qui tend vers l’hypothèse d’une simple machine, un petit bonhomme. Et ce petit bonhomme fait partie de la famille des huclains. Et non, il n’est pas en mousse. Les huclains, donc, sont ceux grâce à qui tout fonctionne chez nous. Eh oui: quand vous appuyez sur un interrupteur, ce sont les huclains qui courent pour transporter le courant jusqu’à l’ampoule; ce sont les huclains qui s’y mettent à plusieurs pour faire tourner les lames de votre mixeur. On en trouve de toutes sortes, et les plus connus sont sans doutes les bonhommes WC, sans qui pisser deviendrait un beau bordel. Bref, Mr. Répondeur est un huclain: malheureusement pour la personne qui l’héberge, il se fait vieux et devient légèrement irascible. Il arrive donc que, de temps en temps, ce brave huclain pète une durite. C’est ce qui se passa d’ailleurs il y a quelques jours, lors d’une journée particulièrement chargée en appels urgents (tels que la vente par correspondance du service d’eau Véolia) et d’autres broutilles.
3h15 du matin:”[...] merci de laisser un message après le bip sonore.” -BIP-. Bonjours, pourrais-je parler à monsieur Grouchon s’il vous plaît? C’est au sujet d’une offre concernant l’eau... -BIP BIP-.
3h30 du matin:”[...] laisser un message après le bip sonore.” -BIP-. Bonjours, c’est Julie. Écoute Patrick, il faut qu’on parle. -BIP BIP-.
3h35 du matin:”[...] Répondeur... Patrick... Message... Bip...” -BIP-. Bonjours, j’aurais vraiment voulu parler à Mr. Grouchon à propos de cette histoire d’offre. Et je tenais vraiment à le faire à 3h35 du matin. -BIP BIP-.
Jusqu’à 4h00 du matin, Mr. Répondeur récita inlassablement sa longue tirade, espérant que ces andouilles auraient assez de bon sens pour ne plus chercher à joindre quelqu’un en pleine nuit. Et pour s’assurer que plus personne n’appellerait avant une heure convenable, il brancha l’intonalité. Pour ceux qui se le demandent, voici la définition de l’intonalité:
Intonalité.
nf: Bruit caractéristique du silence qu’on entend ou qu’on entend pas la plupart du temps au téléphone.
Mr. Répondeur donc, avait branché l’intonalité et put se reposer ainsi jusqu’à 8h00. Ce ne fut que lorsque la tonalité revint qu’il en eu vraiment marre.
À 8h00, après que Mr. Répondeur eut éteint l’intonalité, une espèce de vibration se fit sentir dans l’air, et enfin surgit, sans crier gare -parce que ça aurait été stupide-, la loi des probabilités, qui lui dit:” La probabilité que les appels affluent au même moment que vous désactiviez l’intonalité est vraie.”. On put donc se demander si éventuellement tous ces gens ne se liguaient pas contre ce fameux Patrick. Mr. Répondeur n’eut malheureusement pas le plaisir d’élucider ce mystère car les appels commencèrent à affluer. Ainsi Mr. Répondeur, et on le comprenait, aurait préféré -comme on dit entre poètes- jouer de la balalaïka le cul sur un cousin de ronces plutôt que de supporter encore longtemps les demeurés profonds qui s’acharnaient sur leur combiné.
Au début, ce fut un démarcheur pour une entreprise d’espace qui l’appela.
-Oui allô?
-Oui, bonjours, je représente la société Espaces&Confins, et j’appelle au sujet d’une offre que nous proposons actuellement.
-Hohoho, mais, mon cher monsieur, vous savez quoi?
-Non, mais je suppose que vous allez me le dire!
-Et bien non tient, je vais vous laisser en suspens. Au revoir monsieur!
Trois secondes plus tard, le démarcheur revenait à la charge.
-Bonjours, monsieur Grouchon?
-Lui-même.
-Je représente la société Espaces&Confins. Nous vendons de l’espace et actuellement, vous pouvez bénéficier d’une offre exceptionnelle: trois espaces achetés, deux confins sont offerts.
-Mon très cher monsieur, vos confins, vous pouvez vous les carrer aussi profond que vous le pourrez, si tant est que vous arriviez à vous insérer quelque chose qui n’existe que tant qu’on n’y est pas. Excellente journée.
Quelques minutes après cet échange d’une rare finesse, le téléphone re-sonnait.
-Oui allô?
-...
-Aaaaallô?
-...
-Je vois...
Mr. Répondeur prit alors une grande inspiration, et c’est désormais en plein combat de silence que nous retrouvons notre brave huclain.
C’est Mr. Répondeur qui attaque le premier, en ne disant absolument rien. Face à un rien aussi absolu, l’assaillant ne peut que parer par une absence de paroles. Puis il esquive le mutisme de Mr. Répondeur et lui lance une corde sur la langue. Ce dernier, qui l’a maintenant bien pendue, la coupe juste à temps, ce qui déstabilise son adversaire qui laisse s’échapper un léger soufflement. Grave erreur; Mr. Répondeur saisi aussitôt l’occasion pour l’enchaîner avec un silence profond. Étourdi par toute cette absence de bruit, l’assaillant essaye de prendre la fuite. En effet, le choc de tout ce silence a crée une friture dans la ligne téléphonique. Mais l’huclain ne se laisse pas faire: il est bien décidé à apprendre à ce trou du cul qu’on n’appelle pas impunément les gens, surtout si c’est pour ne rien leur dire, et encore plus si c’est pour ne rien leur dire un dimanche matin. Avant que son adversaire ait eu le temps d’atteindre sa sortie de secours, Mr. Répondeur a colmaté cette denière. L’assaillant est coincé. Il a beau chercher partout, il ne voit aucune issue. Sa respiration s’accélère, il sent qu’il a perdu le contrôle de la situation. Alors, dans un ultime sursaut d’espoir, il hurle, tout en espérant que ça ne se remarquera pas. Mr. Répondeur l’achève en raccrochant. Le combat a duré une bonne heure, et l’huclain est à bout de souffle, ruisselant de sueur. Soudain, alors que tout semble redevenir normal, un bruit se fait entendre (ce qui est plutôt logique). Puis le même bruit se répète et se fait voir, ce qui cette fois-ci est un peu plus difficile à comprendre.
Mr. Répondeur regarda par le petit cadran du voyant rouge des nouveaux messages, et, étant positionné face à la fenêtre, aperçu deux lignes de tension en train de pendre pitoyablement. Plus intrigué qu’autre chose, Mr. Répondeur prit le chemin desdites lignes...

À suivre au téléphone, et sans pendouiller!

Jacques était content. Bernard Joulon venait tout juste de le déposer sur son lieu de travail, et déjà il s’adonnait à une bonne partie de DDE. Pour le moment, lui et son équipe avaient réussi à faire craquer environs vingt-six personnes. Il y avait au moins: 
-Quinze ronchonneurs. 
-Cinq personnes qui les avaient injurié, dont deux leur avait balancé des petits cailloux, et ce dans une ridicule tentative de les intimider. 
-Trois autres personnes avaient brusquement tourné et, dans un excès d’angoisse, s’étaient jetés en hurlant du haut d’un pont. Les embouteillages ainsi causés avaient entraînés une autre partie de DDE tellement ardue que les chars d’assaut avaient été autorisés. 
-Pour finir, les trois personnes restantes s’étaient défenestrées de leur voitures avant de s’enfuir en hurlant que jamais, non jamais ils n’avaient vu d’aussi grands malades que la DDE. 
Jacques pouvait être très fier de lui. Mais bon, maintenant que la partie était finie, il devait se remettre au travail -bien que cette notion soit très différente chez eux que chez nous. En effet, il devait s’assurer que les lignes hautes tensions pour lesquelles ils étaient venus étaient assez hautes pour ne pas risquer d’accident. La logique étant ce qu’elle est, et celle de la DDE n’étant pas la même, l’équipe d’ouvriers avait dut détacher les lignes pour mieux les observer. Ils en avaient conclu, après une première observation, que les gants en caoutchouc n’étaient pas là pour décorer. Puis après une deuxième observation que “non, vraiment, ils ne sont pas là pour décorer: et si on les mettait?”. Au moment de remettre les lignes à leur place, un petit bonhomme était sortit de l’une d’entre elles et avait interpellé Jacques. C’est là que nous assistons au choc des cultures de deux entités inter-dimensionnelles, Dieu que c’est beau. Faisons preuve de sagesse devant tant de poésie, et surtout vous: fermez là. 
-Hey toi l’espèce de grande gigue, je peux savoir ce que tu fout à me tripoter la ligne à haute tension? 
-Et bien je... Enfin, je fais mon boulot vous savez. 
-C’est ça! En attendant le téléphone il marche plus, et moi je peux plus prendre les messages! 
-Je suis désolé, vraiment... Mais qui êtes vous petit bonhomme? 
-Ha oui, c’est vrai... 
Mr. Répondeur venait tout juste de réaliser que non, Jacques ne pouvait pas connaître l’existence des huclains. Après lui avoir expliqué qui il était, d’où il venait et pourquoi il en venait, Mr. Répondeur failli sombrer dans un profond désespoir lorsque, finissant pour la troisième fois ses explications, Jacques ne trouva rien d’autre à faire que d’enduire de concombre un plot de signalétique. En réalité, Jacques méditait: l’huclain venait de lui dire qu’il fallait à tout prix remettre la ligne haute tension comme elle était, seulement il fallait pour cela des attaches qu’il pensait avoir. Or il n’en avait pas, et ces attaches étaient rares et ne se trouvaient que dans un seul endroit au monde: Nulle-Part. Eh oui, cette espèce de ville située approximativement à côté de Là était la seule qui fournissait ce matériel. “En fait, c’est logique” se dit Jacques, “Nulle-Part est le carrefour inter-dimensionnel de toutes les entités existantes.”. En effet, Nulle-Part était la seule ville dans tout l’univers d’où provenaient de nombreux objets. C’était entre autre là-bas qu’était né le stylo Bic, suite à l’entreprise florissante de Mr. Bic, un ambitieux huclain qui, à force de persévérance, avait réussi dans la vie. Voyant que Jacques avait fini d’enduire son plot de concombre, Mr. Répondeur prit la parole. 
-Bon alors, comment vous comptez me réparer tout ça maintenant? 
-Je suis désolé monsieur, seulement il nous faut des attaches spéciales. Or ces attaches, on ne les trouve guère qu’à Nulle-Part. 
-Comment? Il n’y a pas d’autre endroit? 
-Hélas non... Et pour trouver Nulle-Part, bon courage. 
-Bon et bien nous n’avons plus qu’à chercher. Vous voulez bien m’aider? 
-Ho bien sûr, je n’ai jamais refusé mon aide à plus petit que moi. 
Sur ces mots, Jacques et Mr. Répondeur se mirent en quête de Nulle-Part...

À seuhühivreu.

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