L'art de dire bonjours...
Bonjours à tous, enfin un texte après plus de deux mois sans rien poster. Je sais, ça fait vide, et le pire c'est que je n'ai pas beaucoup écrit pour combler tout ce vide. Et pour cause; année de terminale, j'ai peu de temps pour écrire et me vider la tête. Alors je peux vous assurer que dans ces conditions, on apprécie largement plus ses propres écrits (quand je pense que l'année dernière, c'était au moins un texte par semaine).
Bref, sans plus tarder, voici le texte de cette fin de vacances.
L’art de dire bonjour...
...Ou comment se présenter aux gens.
Art
on ne peut plus méconnu que celui de dire
bonjour. Et pourtant, malgré cela, il est
important, voire nécessaire, de savoir se
présenter aux gens avec classe, bon goût,
courgette, pavé et sauce tomate. De même
qu’il est important de savoir répondre ne
serait-ce qu’à un simple “bonjour”; et ce
dans le but tout à fait honorable de ne
pas laisser l’interlocuteur comme si il
était face à un mur et donc d’éviter que
sa parole ne s’en aille au loin, vers
l’horizon azuré des beaux lendemains
d’étés de ma putain d’âme. Mais avant
toute chose, qu’est-ce que dire bonjour?
Et bien c’est dire avec plus ou moins de
dextérité ce que l’on ressent, et ce en
un seul mot, parfois capable de résumer
une conversation en deux phrases. Oui,
savoir dire bonjour est une chose qui,
une fois maîtrisée, peut s’avérer
puissante. Prenons un exemple dans lequel
nous mettrons en scène Monsieur Ikse et
Monsieur Igraique. Monsieur Ikse
rencontre Monsieur Igraique au détour
d’un petit chemin qu’il sent bon la
noisette et les caniveaux parisiens et
décide de lui dire bonjours.
Monsieur
Ikse:
Ho, tiens; bonjour monsieur!
Monsieur Igraique, prit par surprise,
tente vainement de se cacher en sautant
dans le caniveau. Malheureusement
l’offensive est lancée, Monsieur Ikse l’a
vu et continu à le regarder en attendant
sa réponse.
Monsieur
Igraique:
Je... Bonjour monsieur.
Et voilà, c’est fini, Monsieur Ikse a
gagné. Il peut alors, selon les règles,
clore cette conversation et laisser ce
pauvre Monsieur Igraique encore tout
tremblant d’émotions.
Monsieur
Ikse:
Et bien au-revoir monsieur!
Monsieur
Igraique:
Oui voilà... Au-revoir.
Ici nous voyons que Monsieur Ikse a fait
preuve d’un bonjour parfaitement
maîtrisé, chose parfaitement redoutable
comme nous avons pu le constater. De plus
Monsieur Igraique est bien dépourvu face
à cela. Alors comment? Je vous le
demande: comment éviter ce genre de
situation?
Et bien considérons un autre exemple en
salade mixte, dans lequel nous mettrons
en scène Tata Simone et Steve, son neveu.
Steve n’a pas envie de dire bonjour à
Tata Simone. Alors observez bien la
subtile façon de procéder de ce jeune
homme.
Tata Simone s’apprête à dire bonjour à
son neveu, afin d’engager la conversation
et de lui faire perdre son temps. Mais
Steve l’a vu et est prêt. Déjà ses yeux
étincellent tant il s’est entraîné pour
ce jour. Soudain, comme il s’y attend,
Tata Simone attaque.
Tata
Simone:
Ho, mais c’est Steve! Bon...
Steve doit alors faire vite: il court le
plus vite qu’il peut au moment même où la
vioque a prononcé son nom. Il sort alors
une courgette et... Jean-Charles,
reposez-moi immédiatement ce concombre!
Les exercices pratiques seront à faire
chez vous espèce de psychopathe. Bien,
maintenant notez la subtilité de toute la
technique apprise par Steve.
Steve:
BONJOUUUUUURRAAAAAAAAH!
Steve
s’en va alors en courant, profitant de
l’effet provoqué par la courgette dans la
tête de Tata
Simone.
Et voilà, succès: la conversation a été
maîtrisée. Notons que cette technique
marche tout aussi bien avec une pelle ou
une mouche (c.f: la mouche dans la narine
droite). On admettra aussi la fameuse
technique dite du “je t’ignore” plus
communément appelée “vous parlez à un mur
cher monsieur/ chère madame”. Pour cette
dernière, prenons là aussi deux personnes
lors d’une réception; l’une tenant
absolument à engager la conversation,
l’autre non. Pour cet exemple,
l’expression faciale de l’autre personne
sera gentiment représentée par Mr.
Émoticon.
Mec
qui tient absolument à
converser:
Bonjour, je me présente: Jean-Eudes
DeBert.
Mec
qui, non, n’y tient pas:
:D...
Dans un soucis de compréhension, notre
traducteur spécial emoticon-français a
accepté de venir nous traduire la
réponse.
Mec
qui tient absolument à
converser:
Bonjour, je me présente: Jean-Eudes
DeBert.
Mec
qui, non, n’y tient pas:
Vous parlez à un mur très cher monsieur.
Remplaçons maintenant la personne qui n’y
tient pas par un mur.
Mec
qui tient absolument à
converser:
Bonjours je... Je...
Comme vous pouvez le constater, la
personne qui tient absolument à converser
à un peu de mal a être spontanée face à
un mur.
Mur:
Bonjour, enchanté de vous connaître!
Alors bon, théoriquement ce n’est pas ça
qui devait se passer, mais mon maçon n’a
apparemment pas comprit alors je vais
renégocier les tarifs de son mur.
Jean-Charles, passez moi la masse qui se
trouve derrière vous et Georgette. Merci
mon chou.
Bon,
qui peut maintenant me dire quelles sont
les petites touches personnelles que l’on
peut ajouter lorsque l’on dit bonjour?
Roberte? Non? Jean-Charles? Non plus?
Personne? Tant mieux.
Bien, alors pour dire bonjour, il est
important d’y mettre sa touche
personnelle, comme le font les plus
grands maîtres de cet art. Or, donc, afin
d’assimiler au mieux la façon
d’agrémenter son salut, observons
ensemble la technique dite du “Pavé”
entre deux personnes.
Première
personne:
Bonjour.
Deuxième personne:
Mmmmmmmmmh...
Ici, la deuxième s’est poliment prise un
pavé dans sa tronche. Mais cela passe
puisque la première personne a dit
bonjour avant toute chose. Ho, et pour
revenir aux différentes manières d’éviter
un bonjour, une autre technique consiste
à courir très très vite vers la personne
qui va vous parler et à la bâillonner le
plus rapidement possible. Attention
toutefois, ces façons de faire sont à
proscrire dès maintenant lors d’une
réunions d’entreprise ou bien si vous
travaillez dans un centre de loisirs -par
exemple. Les parents ne voient pas d’un
très bon oeil les pavés.
Maintenant que vous connaissez les bases
de ce magnifique art qu’est l’art de dire
bonjour, n’hésitez pas à vous entraîner.
Car parfois, un bon bonjour vaut mieux
qu’un vain au-revoir pour clore une
conversation bien avant que celle-ci ne
commence. Poil aux herbes de Provence.
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La DDE VIII et IX

Mr. Répondeur V
Confortablement installé dans son
fauteuil, le conducteur supervisait la
culture des champs de l’usine dans
laquelle il travaillait (parce que ceux
d’une autre usine, ç’aurait été un poil
plus embêtant). Depuis quinze ans qu’il
travaillait ici, on avait toujours eu
besoin de lui, notamment pour sa grande
polyvalence. En effet, le conducteur
travaillait pour l’entreprise
Espaces&Confins et avait déjà rendu
de nombreux services. On lui devait entre
autre l’aménagement de plusieurs sections
de cultures d’espaces et de confins ainsi
que la mise en place d’un réseau de
télé-marketing beaucoup plus performant
que l’ancien. Aujourd’hui, pourtant,
alors que notre brave employé allait
prendre sa pause déjeuner, quelque chose
attira son attention sur l’un des écrans
de surveillance. Il regarda plus
attentivement afin de voir ce que
c’était. Soudain, filant comme l’éclair,
un avion avait traversé l’écran,
soulevant une nuée de poussière de néant.
Il avait continué sa course sur une bonne
douzaine d’écrans, ce qui était plutôt
paradoxal quand on savait que les
endroits visualisés se trouvaient à des
dizaines de mètres les uns des autres.
Mais bon, comme les occupants de l’avion
ne semblaient pas le savoir, on pouvait
comprendre. Après deux ou trois tonneaux,
l’engin s’était finalement arrêté dans un
nuage de poussière et de fumée. Encore
sous le choc, le conducteur continuait de
fixer l’écran. Un pied avait fait voler
la porte, puis quelqu’un était sorti.
L’apparence très vague de cette personne
disait quelque chose au conducteur: ses
soupçons furent confirmés lorsque deux
personnes, une de taille normale portant
sur son épaule un petit bonhomme, avaient
suivi le premier homme hors de l’avion.
Ni une ni deux, le conducteur reconnut
Bernard Joulon, toujours aussi
approximatif, ainsi que Jacques. Et
tandis que Bernard commençait à réparer
son avion à l’aide de l’étrange petit
bonhomme -qui selon le conducteur était
un huclain- et que Jacques scrutait
l’horizon à l’aide de son plot, le
conducteur demanda à un stagiaire qui ne
passait pas par là d’envoyer une équipe
le rejoindre dans le champ de vide. Car
la seule et unique raison pour laquelle
nos trois amis ne tombaient pas
indéfiniment dans toute cette masse de
vide était qu’ils s’étaient retrouvés sur
un Chemin de Viscosité Supérieure
(CheViSup), invention ingénieusement
absurde permettant de circuler parmi les
champs de vide. Seulement, ils risquaient
à tout moment de faire un faux pas et de
s’écarter du droit chemin. Alors bon, les
voies du seigneur sont peut-être
impénétrables, mais celles de la mort le
sont beaucoup moins. On pouvait donc
aisément comprendre pourquoi, après avoir
expliqué le pourquoi du comment d’une
demande d’équipe, l’usine était passée en
code L54F65 rouge-pois verts. Oui, vous
avez bien lu, en code L54F65 rouge-pois
verts. Je sais, c’est impressionnant au
début, puis vers la fin on fait avec.
Bref, au moment exact de l’activation du
code, un véritable chaos se génère au
sein du bâtiment. Les employés courent
dans tous les sens, on assiste à des
défenestrations, à des auto-projections
contre les murs; les secrétaires hurlent,
les stagiaires préparent un café noir
sans sucre pour Mr. Gilet, cinq personnes
enfilent leurs combinaisons: c’est
l’équipe qui doit rejoindre le
conducteur. Ce dernier, prit dans l’élan
de la panique, saute par-dessus son
bureau, fait un roulé-boulé sous sa
chaise, finit par sortir de son bureau,
et fonce vers le champ où ses amis sont
coincés. Esquivant deux crétins qui
tentent une défenestration dans un
couloir, le conducteur descend en trombe
-mais surtout en courant- les escaliers
et fini par arriver à l’entrée du champ,
suivi de peu par l’équipe. Mais alors que
les six personnes reprennent leur
souffle, l’avion a disparu. On peut
apercevoir sa silhouette au loin, ainsi
qu’une banderole que le vent rapporte aux
pieds du conducteur. Pas de doute,
Bernard et Jacques ainsi qu’un huclain
sont passés par ici.
Bernard a bientôt fini de réparer son
avion. Il a déjà fixé la porte, remit en
état de marche le moteur, et la plupart
des commandes sont opérationnelles. Il
reste encore la radio, que Mr. Répondeur
s’acharne à faire marcher.
-Je ne comprend pas, demande Jacques,
pourquoi vous acharnez-vous donc à
vouloir faire marcher cette radio?
Du fin fond de l’émetteur, avec une voix
de présentateur radio, Mr. Répondeur lui
lance:
-Tout simplement parce que, comme tout
huclain travaillant dans un répondeur,
j’ai aussi été formé à voyager par ondes
radio et ondes internet. Ainsi, si jamais
il nous arrive une crasse, vous n’avez
qu’à me mettre sur la fréquence de la
police ou des secours, et je vais nous
chercher de l’aide.
-Vous savez réellement faire ça?!
-Écoutez, j’ai passé les trois quarts de
ma vie dans un boîtier téléphonique,
alors bien sûr que je peux le faire.
Tiens Bernard mon lapin, soyez gentil et
foutez lui un taquet, il m’énerve quand
il fait cette tête de jambon
tétraplégique.
À ces mots, l’ouvrier ne se sentit pas de
joie: il ouvrit un large bec, et lais...
Oui non excusez moi, c’était nul. À ces
mots, donc, l’ouvrier ne put s’empêcher
de répliquer:
-Mais enfin, vous ne me voyez même pas!
-Peut-être mais je le sais, je LE SENS!
Alors ce taquet Mr. Joulon?
-Plus tard peut-être, mais là je suis
pressé de trouver un endroit où garer mon
avion. Alors dépêchez-vous de réparer ma
radio que l’on puisse sortir de cet
endroit.
-J’ai bientôt fini et je...
Soudain, coupant court à la discussion,
Jacques, qui se trouvait juste à côté de
Bernard, lui hurla dans les oreilles.
-HO MON DIEU!
-Quoi, qu’est-ce qu’il y a Jacques? Vous
avez vu quelque chose? Et pourquoi me
fixez-vous avec cet air horrifié? Que se
passe-t-il? Pourquoi? Quand est-ce qu’on
mange?
Soudain, Bernard ferma sa gueule. Comme
ça, parce que j’en avait envie et que si
il continuait je sens que ça allait
m’énerver. Et ça c’était juste pas
possible.
Or Jacques ne répondait toujours pas, et
se contentait de fixer intensivement
Bernard, dans un rictus à la fois
horrifié et dégoûté. Ce dernier, qui en
plus de s’être fait exploser les tympans
n’obtenait toujours pas de réponse, en eu
marre et ne put s’empêcher, en cet
instant fatidique, de faire appel à toute
la concentration et la puissance qu’il
gardait au plus profond de lui. Il entra
soudain en état de transe, visualisant
chacun de ses gestes, faisant appel à une
force jusque là insoupçonnée. Puis
doucement mais sûrement, il enroula la
tête de Jacques avec une banderole. Cela
n’arrangerait rien au fait qu’il
n’obtenait toujours pas de réponse, mais
au moins ça le calmerait.
Mr. Répondeur finissait de brancher les
deux derniers fils de la radio entre eux,
puis avait allumé la radio sur une
fréquence de test. Au début, il
n’obtenait qu’une léger grésillement.
Puis au bout de quelques secondes, une
voix se faisait perceptible.
“KKKhhhHHHkkHK...DÉVIATIOOOOON...GFFRRHHHHhhh...
MESSIEEEEEURS... PAS LE
DROOOIIAAAAaaaakkkkkKKKHHHsss....”.
L’huclain attendit quelques secondes dans
un silence radio des plus angoissants,
puis se rua hors du petit poste de radio
:”Bernard, Jacques, magnez-vous la
couenne et montez! Ya l’autre furieux de
l’administration qui revient en force, et
il n’a pas l’air très enclin au
dialogue”. Ni une ni deux, Bernard range
Jacques -qui, rappelons-le pour ceux qui
ne suivent pas, est totalement immobile,
la tête enroulée dans une banderole-
Bernard range Jacques dans son plot donc,
et se met aux commandes de l’avion tandis
que Mr. Répondeur s’installe dans la
radio en cas de besoin.
-Ici Charlie à Tango Zoulou, je répète:
ici Charlie à Tango Zoulou. Me
recevez-vous?
-Ici Mr. Répondeur, évitez de parler dans
votre machin -ça m’explose les tympans-
et de m’appeler Tango Zoulou par la même
occasion. Je vous reçois 5/5. Permission
de décolleté.
-Bien reçu. Over.
Nos amis partent alors en trombe, tandis
que leurs poursuivants se rapprochent.
Derrière eux, un homme saute d’une
fenêtre en hurlant “ code L54F65
rouge-pois veNOOOOOOOOOOOOOON!!”
au même moment où, juste en dessous
d’eux, un troupeau d’extremums sauvages
saute de ligne de niveau en ligne de
niveau pour rejoindre puis quitter une
route bornée en [0;+∞[, puis ils
entendent une porte s’ouvrir à leur
gauche: environs six hommes en sorte,
parmi lesquels Bernard croit distinguer
le conducteur. Mais c’est trop tard, ils
s’envolent déjà, laissant derrière eux
une banderole de signalisation avant de
se faire prendre en chasse.
À suivre d’une brique.
Mr. Répondeur a envie de vomir. Malmené
dans le poste de radio, il s’accroche
tant bien que mal aux fils qu’il trouve,
tout en essayant de ne pas les
débrancher. À l’intérieur du cockpit
aussi c’est l’angoisse. Surtout pour
Bernard, manoeuvrant avec dextérité son
avion pour échapper au malade qui le
poursuit. Heureusement, Jacques est sorti
de son plot, et balance quelques panneaux
d’indication histoire d’arrêter leur
poursuivant. Malheureusement, il n’a
toujours pas enlevé la banderole sur sa
tête et ne voit pas grand chose, ce qui
pose quelques menus problèmes pour viser.
et qui angoisse sensiblement Bernard:
comprenez, piloter un avion avec un
névrosé à l’arrière, c’est quelque chose
de très spécial. Pendant ce temps, le
cadre de l’administration hurle après eux
en leur sommant de s’arrêter. Mais nos
trois amis n’ont guère de temps à perdre
avec un taré, d’autant plus qu’ils
entrent maintenant dans un champs de
grues et de chars d’assaut. Nos trois
amis viennent d’entrer dans une partie de
DDE. Soudain, l’écran de bord déconne: ce
con affiche quatre réponses possibles.
Notre pauvre Bernard n’y comprend plus
rien, d’autant plus que l’avion commence
à avoir le nez qui coule. Entre-temps,
Jacques a un court-circuit dans son
neurone et a l’excellente idée d’enlever
sa banderole. Ouf, tout de suite Bernard
est moins angoissé. Il faut faire vite,
le temps pour répondre à la question qui
s’affiche est limité et il ne leur reste
plus qu’un joker; l’avis du public. Or un
public dans les nuages, c’est rare. Très
rare. Tant pis, ils utilisent leur joker
tandis que Jacques se met à tricoter une
écharpe en banderoles pour l’avion. Une
maille à l’endroit, une maille à
l’envers; le public ne répond pas, les
commandes non plus. L’avion a le nez qui
coule trop: il ne leur reste plus
beaucoup d’essence, il vont finir par
s’écraser! Soudain, une voix de merde se
fait entendre: “Alors messieurs, quelle
réponse?”. Le choix est clair. Réponse A:
On est mal barré avec un auteur pareil.
“Et bien je suis navré, mais c’est une
mauvaise réponse. La bonne réponse était
la C:”HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA!”. Vous
perdez le million et vous retrouvez, pour
la peine, mal barrés. Au revoir
messieurs.”. Alors, tandis que l’avion
perd son essence par le nez, que nos amis
vont bientôt découvrir le monde fascinant
de la deuxième dimension et que l’avion
qui les poursuivait abandonne, Jacques
fait preuve d’héroïsme: ayant été formé
dans l’élite de la DDE, Jacques connaît
de nombreuses techniques, dont celle dite
du “lasso en banderole et triangle de
signalétique”. L’ouvrier rassemble toute
son énergie en lui. Sa concentration est
extrême. Tout autour d’eux, les grue
défilent à la verticale, les enfants
pleurent, les femmes hurlent, et Bernard,
qui n’a jamais invité tout ce petit monde
dans son avion, les fout dehors à coups
de pompes dans l’arrière-train. Tout va
soudain très vite: Jacques saute hors de
l’avion. Dommage pour lui, il a
totalement oublié de faire son foutu
lasso et va s’écraser quelques mètres
plus bas dans une barricade en foin.
Bernard, qui lui n’est pas totalement
crétin, allume le poste de radio sur la
fréquence de Mr. Répondeur.
-HA BEN ENFIN C’EST PAS TROP TÔT! NON
MAIS VOUS ATTENDIEZ QUOI POUR ALLUMER CE
FOUTU POSTE?
Or Bernard, rarement enclin à se faire
engueuler en plein crash, règle la
fréquence à la limite des ondes perdues,
celles qu’on n’écoute plus. Mr. Répondeur
se retrouve alors à se cramponner à ses
fils pour ne pas sombrer dans une mer
radiophonique sombre et inconnue.
-Haaaa Bernard mon chaton, on n’a pas le
temps pour ça, envoyez moi vite sur la
fréquence 43.90.7, c’est celle d’une
usine située pas trop loin du champ de
vide où nous étions écrasés.
-Très bien mon petit bonhomme, j’espère
que vous êtes prêt parce que j’ai mit le
volume à fond, histoire de vous faire
aller vite.
-Bonne initiative, mais appuyez sur
“Play” maintenant!
Avec classe et doigté, Bernard appuie sur
le bouton après avoir réglé la fréquence.
-C’est
partiiiIIIIIIAAAAAAAHAHAHAHAHAAAAAAAAAAA!!
-Bonne chance Mr. Répondeur, souffle
Bernard avant de manoeuvrer son avion
pour aller se crasher un peu plus loin,
avec toute la grâce dont peut faire
preuve un avion de quelques centaines de
kilos.
À suivre en grue.
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La DDE X
Mr. Répondeur VI
Mr. Répondeur volait, littéralement
propulsé sur les ondes radiophoniques de
Nulle-Part. Il espérait atteindre la
radio de l’usine des champs de vide assez
rapidement, histoire de se reposer un
peu, et accessoirement de porter secours
à Jacques et Bernard. Malheureusement, la
transmission était parfois brouillée: il
était donc dangereux de voyager ainsi, et
à une telle vitesse qui plus est.
Pourtant, il savait qu’il avait été capté
par l’usine. En effet, il était parti
avec pour message:”Help, à l’aide, on va
mourir à cause de l’espèce de névrosé qui
nous sert d’auteur, aïe, non, pitié, j’ai
mal. Non, pas la pichenette, pas la
pichene...AAAAAAAAH.”. Il avait par
ailleurs dû faire un détour -rapport avec
la pichenette qui l’avait foutu hors
trajectoire, comprenez-, mais quand il
était revenu sur la bonne fréquence, un
retour d’onde de transmission
capto-nucléaire en degré babord 1-65-0
longitude-supraDéfragmentée en radian 54
(vous avez vu, moi aussi je peux faire de
la science-fiction d’abord) lui était
revenue en pleine tronche, ce qui l’avait
rassuré quant à la présence de vie de
l’autre côté... Mr. Répondeur fonçait
donc vers l’émission de ce retour d’onde,
lorsque soudain, il vit quelque chose qui
l’effraya au plus haut point. Son sang se
figea, ses membres se raidirent. Devant
lui, une interruption de programme prit
place afin “de vous faire un rapport des
derniers évènements concernant la région
du Cercle T, région parrallèle au Cercle
P (pour Polaire) qui serait apparemment
bloquée pour une durée indéfinie [...]”.
L’huclain s’en rapprochait
dangereusement, à une vitesse
phénoménale. Encore un petit effort et
notre ami aurait la joie de faire
connaissance avec le présentateur.
Il s’approche de plus en plus, impossible
de ralentir car il doit garder une
vitesse minimal afin de ne pas sombrer
dans les fréquences perdues, mais il n’y
a pas d’autre issue! Mr. Répondeur ne
sait que faire, et le bulletin
d’information n’en est qu’à la moitié.
Soudain, après un bruit d’objets qui
tombent, notre huclain se retrouve encore
en vie. Tandis qu’il continue sa course,
il regarde derrière lui: rien, pas le
moindre petit bulletin. Au loin, droit
devant, il aperçoit l’antenne relai de
l’usine, avec toute une équipe d’huclain
prête à le recevoir. Ne perdant pas de
temps, Mr. Répondeur utilise toutes ses
forces et sa dextérité pour manoeuvrer
parmi les fritures environnantes du
relai.
Le calme était revenu dans l’usine, et le
conducteur avait demandé aux membres de
son équipe de rassembler tout le
personnel qu’ils pouvaient afin de
retrouver ses compagnons et ces “putains
d’attardés” qui les avaient poursuivi. Ni
une, ni deux, et trois-zéro, tout le
monde s’était mit au travail. Le
conducteur, quant à lui, était revenu
dans son bureau, troisième tiroir en
partant du bas au fond à gauche, afin de
méditer et de réfléchir à l’endroit où
pouvaient bien se trouver Bernard,
Jacques, et le petit bonhomme qui les
accompagnait. “Pourvu qu’ils ne soient
pas allés près du champ de grues...”
songea-t-il, anxieu. En effet, le champ
de grues était un endroit très spécial,
aux environs de Nulle-Part. Là-bas y
poussaient donc des grues qui, en
éclosant, formaient divers bâtiments tout
autour d’elles. Or, bien des années
auparavant, des gens avaient tenté de
partir à l’aventure dans cette jungle de
métal: tout le monde revenait indemne à
chaque fois. Un cauchemar pour l’Amical
des Explorateurs Névrosé et Psychotiques
qui avaient immédiatement fait interdire
la zone. Et récemment, une partie de la
DDE se déroulait là-bas: on racontait
qu’il s’agissait de la plus grande partie
connue à ce jour.
Mais alors qu’il était perdu dans ses
pensées, quelqu’un frappa au tiroir.
-Ouvrez!
-Bonjours monsieur, je fais partie de
votre équipe. Désolé de vous déranger,
mais on a relevé une transmission
anormale provenant d’une fréquence qu’on
essaie encore d’identifier. Je... Vous
voulez de l’aide pour sortir monsieur?
-Volontier mon brave, aidez moi donc à me
décoincer le pied gauche, et mettez une
majuscule à “monsieur” quand vous parlez
s’il vous plaît, et même s’il ne vous
plaît pas d’ailleurs.
-Bien Monsieur. Ha, encore un petit
peu... Voilàààààààààààààààààààààààààà...
finit par dire le jeune homme en un
soupir d’extase intense.
-Merci. Alors, vous m’avez dit qu’on
avait du nouveau, mmmh?
-Oui Monsieur, en provenance du relai.
-Bien bien... Votre nom?
-Basile, section 2 de la division 6/3 du
secteur du Quotient Euclidien.
-Basile, Basile, Basile. Dites-moi mon
petit Basile, vous venez bien de faire de
l’humour avec vos jeux de mot là, mmmh?
-Huuuuuuuhuhuhuhuhuuuuuuuuuuuuuuuuu!
-C’est bien ce qu’il me semblait. Alors
écoutez moi bien Basile, refaites moi ça
et je vous envoie mon bureau en travers
de la tête, est-ce bien clair?
-Oui Monsieur. Maintenant si vous voulez
bien arrêter de dire des conneries,
suivez moi, je vous expliquerais tout ça
en route.
D’après ce que comprit le conducteur (on
se doit de l’admettre, d’accord, ce n’est
pas très fiable, mais arrêtez de faire ce
genre de remarque, même intérieurement,
puisqu’on le sait). Bref, d’après ce
qu’il comprit, donc, le reste de l’équipe
était partie avec du personnel qualifié
afin de passer au peigne fin toute la
région s’étendant de l’usine au champ de
grues. On avait bien aperçu un avion
s’enfoncer parmi elles, tandis qu’un
autre faisait demi-tour, mais on n’avait
pas osé aller plus loin. On était venu
faire le rapport à la place, et on
atttendant tranquillement le conducteur
dans le hall d’entrée. “Mais qui c’est ce
“On” nom d’un chien?” avait demandé le
conducteur. Ce à quoi il n’avait pu
recevoir de réponse valable. Autrement,
Basile était resté avec l’huclain
travaillant dans le poste des émissions
différées du réseau radio local de
l’entreprise et avait tenté de savoir
d’où venait la transmission qu’ils
recevaient. Après une heure de recherche,
ils n’avaient pas pu identifier la
fréquence, mais avaient reçu le message
suivant:”Help, à l’aide, on va mourir à
cause de l’espèce de névrosé qui nous
sert d’auteur, aïe, non, pitié, j’ai mal.
Non, pas la pichenette, pas la
pichene...AAAAAAAAH.”. Après s’être
assurés que la transmission n’était
toujours pas coupée, ils avaient envoyé
un retour de transmission, et ça fait
trois fois que j’utilise le mot
“transmission” dans une seule phrase, ça
devient lourd. Soudain, une interruption
de programme était apparue. D’une voix
niaise, le présentateur qui annonçait son
bulletin d’information bloquait
totalement la communication. Basile avait
alors dû retenir l’huclain avec qui il
travaillait. En effet, ce dernier était
carrément partant pour “aller lui fourrer
son bulletin dans le fondement, à cette
espèce d’enquiquineur”. Hoooo, Basile
l’avait retenu comme il pouvait, sauf
que, ben, héhé, et oui, il pouvait pas
assez. C’est ainsi que l’huclain était
parti lui même à toute vitesse faire un
placage au présentateur. Il l’avait
d’ailleurs fait juste à temps pour que
Mr. Répondeur puisse arriver à
destination. “Il arrive dans quelques
minutes, déployez une équipe sur
l’antenne pour le recevoir”, avait alors
déclaré Basile. Et désormais, Mr.
Répondeur attendait patiemment avec ce
“On” dans le hall.
Le conducteur et Basile arrivèrent dans
le hall.
-Bonjours mademoiselle, il semblerait
qu’un huclain et un certain “On”
m’attendent ici. Ha et j’aimerais avoir
des nouvelles de l’huclain qui s’occupe
de notre radio.
-Ho oui, alors l’huclain qui est arrivé
est assis juste dans ce petit fauteil, à
votre droite, quant à “On”, il est parti.
Et pour l’huclain du relai, il n’est
toujours pas revenu.
Tant pis, “On” attendrait. Pour le
moment, il fallait écouter ce qu’avait à
dire Mr. Répondeur.
À suivre dans les bureaux du
présentateur.
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La DDE XI et XII

Mr. Répondeur VII
-Et donc la zone connaît en ce moment
quelques intempéries. Passons maintenant
à la météoOOOOOOO!...
L’huclain de l’usine, propulsé par les
ondes radiophoniques, avait atteint une
vitesse phénoménale et venait de faire un
magnifique placage en direct.
-QUE PERSONNE NE BOUGE! ON EST GENTIL, ON
RESTE À SA PLACE, ET ON M’ÉTEIND CE
BULLETIN! Autrement je vais craquer, je
le sens.
Immédiatement, un employé technique avait
coupé la diffusion du bulletin tandis
qu’une certaine tension s’installait.
-Très bieeeen, maintenant on va ouvrir
les négociations quand à l’arrêt
définitif de bulletins d’informations sur
MA fréquence.
Ainsi commencèrent les négociations sur
le plateau télévisé.
Depuis plusieurs minutes, un médiateur
tentait de calmer la situation dans les
bureaux de la chaîne télévisée, mais en
vain. Il était arrivé un peu plus tôt et
avait commencé par demander à l’huclain
de bien vouloir se rendre sans faire
d’histoire. Quelques petits veinard
avaient alors pu apercevoir l’envol d’un
journaliste par la fenêtre. C’avait
d’ailleurs été tellement beau qu’on en
avait fait la couverture du journal. Puis
le médiateur, un peu vexé -c’était quand
même son métier de raisonner les gens-,
avait une nouvelle fois demandé à
l’huclain de se rendre, mais cette
fois-ci il pouvait faire une histoire si
il voulait. À cette nouvelle requête, le
petit bonhomme avait trouvé les deux
présentateurs de l’émission pour les tous
petits, et les avait balancé par la
fenêtre en leur demandant de “bien
vouloir raconter une histoire si vous
voulez pas qu’un bureau suive juste après
vous”:
“HAAAAAAAaaaalooors, c’est l’histoire
d’un petit gaaaaaaaaaAAAAAAAAR...” furent
leurs derniers mots avant qu’ils ne
s’écrasent dans une poubelle un peu plus
loin. Toujours pas satisfait, le
médiateur s’apprêtait à réitérer sa
requête quand on journaliste avait passé
sa tête par une des fenêtres:
-HA NON MAIS CA VA ALLER OUI! LE PROCHAIN
QU’IL MENACE DE BALANCER C’EST MOI ALORS
TROUVEZ AUTRE CHOSE ESPÈCE DE BILLE!
Aussitôt dit, aussitôt fait: le médiateur
avait plus d’un tour dans son sac. Et
alors que l’huclain s’apprêtait à dire
ses revendications, un tank envoyé en
reconnaissance pacifiste s’était
introduit avec toute la discrétion
possible dans les bureaux. Et l’huclain
tentait désormais d’échapper à un engin
de quelques centaines de kilos lancé à sa
poursuite.
Il se trouve pour le moment en pleine
ligne de mire du tank, lequel continue
d’avancer implacablement en démolissant
pacifiquement l’immeuble. Soudain,
l’huclain a une idée: profitant de sa
petite taille, il court, saute sur le
canon du tank et se faufile à
l’intérieur. Avant d’en ressortir
précipitemment: une seconde plus tard, il
salue rapidement Monsieur Obus de tank.
Cette fois, il vérifie avant de s’y
engoufrer: personne. Très bien, il s’y
faufile donc et pénètre à l’intérieur du
tank. Le conducteur, choqué de voir cette
espèce de machin sortir devant lui, ne
voit en revanche pas venir le doit dans
l’oeil que lui assène Lupin -je fais des
jeux de mot si je veux- le petit
bonhomme. Totalement désorienté, le
conducteur du tank se rue à l’extérieur
en hurlant que “ça fait
maaaaaaleeeeeeu!”. Mais le médiateur ne
s’avoue pas vaincu. Tandis que le tank
vole à travers la fenêtre et vient
s’écraser juste derrière lui, il prend la
parole:
-Mais enfin, n’avez-vous donc aucun
coeur?! Quelles sont vos revendications?
-Aucune, je fais ça pour passer le temps!
-C’est vrai?
Un bureau vole et manque de peu le
médiateur.
-Bien sûr que non! Je veux un accord
comme quoi il n’y aura plus
d’interruption de programme sur MA
fréquence!
-JAMAAAAAAAAAAAAAAAIS!
Le médiateur donne alors le feu vert aux
troupes spécialisées d’infiltrer
l’immeuble: un hélicoptère se pose sur le
toit, deux autres tanks rentrent dans les
studios, et l’unité spéciale des Tireurs
à la Sarbacane de Papier Mâché est
envoyée pour neutraliser l’ennemi. À
l’extérieur, le médiateur attend
patiemment. À l’intérieur en revanche,
les obus volent et éclatent de partout,
les boules de papier mâché se collent sur
les murs, le personnel hurle car il y en
a aussi sur les écrans d’ordinateurs.
Certains sont touchés, tandis que d’autre
se défenestrent en esquivant les
projectiles. C’est magique, et l’on se
demande bien comment tout cela va se
terminer pour l’huclain.
Pendant ce temps, Bernard et Jacques
étaient coincés dans le désert. L’ouvrier
était ressorti indemne de la barricade de
foin, et était allé rejoindre Bernard,
lequel avait vite été envahi d’un intense
et profond désespoir en réalisant qu’il
se retrouvait coincé avec le seul mec au
monde capable de placer des triangles de
signalisation autour d’un avion crashé
dans le désert. À la réflexion, ce
n’était pas tant que le geste qui était
atterrant, mais plutôt le sérieux avec
lequel il était effectué. Enfin bref, ils
étaient tous les deux coincés dans le
désert, et il fallait maintenant réparer
l’avion.
-C’est dingue quand même, fit remarquer
Jacques en désignant les grues et les
bâtiments, on mettrait des chars
d’assauts qu’on dirait une vraie partie
de DDE.
Bernard, très calmement, lui plaça son
plot devant l’oeil droit, et attendit la
réaction de l’ouvrier. Il resta environs
quatre heures comme ça, juste le temps
d’en avoir un peu marre et de se remettre
à réparer l’avion. Il attendit encore
environs deux heures, puis regarda si,
enfin, Jacques avait comprit. Et
effectivement, Jacques avait comprit: en
mettant le plot sur sa tête, ça lui
faisait un chapeau pointu, turlututu. Au
final, l’aviateur lui avait expliqué que
oui, on pouvait mettre des chars
d’assaut, et que justement c’était le
cas. Immédiatement l’ouvrier avait
reculé, comme effrayé.
-Ho mon Dieu... Bernard nous... Nous
sommes juste à côté de la plus grande
partie de la DDE connue à ce jour. Tenez,
regardez dans le plot, techniquement on
ne doit plus voir le sol.
Bernard regarda et fut stupéfait: les
chars d’assaut grimpaient les uns
au-dessus des autres, les personnes qui
essayaient de passer craquaient. La DDE
avait envoyé la Section des Grimpeurs de
Grues et mis en place le Régiment Des
Transporteurs Inutiles. Bref, c’était un
pur bonheur.
Mais tandis que nos deux amis
s’extasiaient devant cette immense
partie, un bruit plus que familier leur
parvint, au loin.
À suivre sur la droite des réels.
Jacques et Bernard sont en panique. Peu
avant, lorsqu’ils avaient entendu ce
bruit familier qui se rapprochait, leur
réaction avait tout d’abord été une vaine
tentative de se convaincre que non,
nooon, ça ne pouvait pas être ça! Et puis
Bernard avait réfléchi -parce que Jacques
on avait déjà vu ce que ça donnait-, il
avait réfléchi donc, et s’était rappelé
de leur départ précipité du champ de
vide: il se rappelait avoir vu, juste
en-dessous d’eux, un troupeau d’extremums
qui sautait de lignes de niveaux en
lignes de niveaux, avant de prendre une
route bornée en [0;+∞[. Ce qui était
étonnant en revanche, c’était que ce même
troupeau arrive en face d’eux alors qu’il
aurait dû arriver par le même chemin que
le champ de grue. Soudain, Bernard avait
comprit: la DDE avait tout prévu et avait
placé une dérivée de fonction près de
cette zone, soit l’équivalent d’une
déviation, afin de leur faire faire un
détour -un troupeau d’extremums perdu et
c’était des dizaines de calculs de
fichus. À peine eut-il finit son
raisonnement que les extremums apparurent
à quelques dizaines de mètres devant eux.
Courant toujours plus vite, les nobles
bêtes allaient bientôt percuter un
Jacques et un Bernard horrifiés quand
d’un seul coup, comme ça, les deux têtes
de miches qu’étaient devenus l’ouvrier et
l’aviateur virent le troupeau bifurquer
au dernier moment. Deux secondes après le
passage du troupeau, Bernard comprit
soudain.
-Mais oui, j’aurais dû y penser plus tôt!
-Que voulez-vous dire?
-Et bien malgré le fait que l’entité dont
vous faites partie n’ai pas la même
logique que nous, ces braves ouvriers ont
quand même pensé à placer une déviation
asymptotique afin de remettre les
extremums dans leur droit chemin. Nous
pouvons donc continuer à réparer cet
avion sans soucis.
Ainsi nos deux amis se remirent au
boulot, Bernard réparant le moteur,
Jacques soigant le rhume de l’avion,
lorsque la nuit tomba. Alors bon, à
première vue ça pouvait paraître anodin:
sauf qu’ici ce sont les environs de
Nulle-Part, et la nuit qui tombe, qui va
s’en occuper? Surtout dans le désert, où
il n’y a personne. Les deux compagnons
s’étaient donc emparé de la boîte à
outils de Bernard et avaient entreprit de
replacer la nuit.
Mr. Répondeur s’était levé de son petit
fauteuil lorsque le conducteur l’avait
rejoint. Très sympathiquement, il s’était
présenté.
-Ha, bonjours, je suis Mr. Répondeur,
j’ai été envoyé pour chercher de l’aide
et...
-Aille, Aillameu ze conducteur, dou you
eundeurstande? C.o.n.d.u.c.t.e.u.r.
Ripite afteur mi: C.o.n.d.u.c.t.e.u.r.
La journée allait être longue. Très
longue.
Mais l’huclain avait prit son mal en
patience et avait fait preuve de bonne
foi: il avait répété.
-C.o.n.d.u.c.t.e.u.r.
Le conducteur, qui, comme son nom pouvait
le laisser croire, était plus con
qu’autre chose, et surtout pas ducteur,
avait continué à lui parler en anglais
pendant au moins deux bonnes heures,
jusqu’à ce que Mr. Répondeur demande à
Basile, le jeune homme qui les
accompagnait, de lui dire d’arrêter parce
que là c’était vraiment plus possible. Le
conducteur avait donc arrêté de parler
Yaourt, et avait attendu d’être dans son
bureau, premier tiroir à droite cette
fois-ci, pour questionner Mr. Répondeur.
-Avant cela, mon petit Basile, soyez
gentil et allumez la télévision,
j’aimerais regarder les informations voir
si ils ne les ont pas déjà retrouvé.
Immédiatement Basile s’exécuta -ce qui
lui fit un petit peu mal- et alluma la
télé. C’est alors que le présentateur,
hurlant ses informations, leur apprit que
“non, ils n’avaient pas retrouvé leurs
amis -fallait pas déconner, c’était pas
leur boulot-, mais qu’en revanche le
petit huclain du relai radio de l’usine
était attendu à l’accueil -non je
déconne-, était en train de foutre un
beau bordel dans les bureaux des
bulletins d’informations.”
-Bon, au moins nous savons où se trouve
l’huclain. Maintenant Mr. Répondeur,
pouvez-vous m’expliquer plus en détail ce
qui vous est arrivé?
L’huclain
lui raconta tout depuis le début: comment
il avait envoyé paître les gens qui
téléphonaient, ce qu’il avait fait
lorsqu’il avait vu les lignes à haute
tension pendant lamentablement. Il lui
raconta aussi comment Bernard les avait
emmené jusqu’à Nulle-Part, et la façon
dont ils avaient échappé au cadre de
l’administration et au troupeau
d’extremums. Lorsque le conducteur lui
demanda enfin où se trouvaient ses amis,
Mr. Répondeur ne put lui répondre: il
était resté dans le boitier de la radio
durant tout ce temps et n’avait rien vu
d’autre que des fils, des fils et des
fils. Puis Bernard l’avait envoyé par les
ondes radios jusqu’ici.
-Je voooois...
Le conducteur semblait réfléchir.
-Vous dites être venu ici pour ces
fameuses attaches n’est-ce pas?
-Non non, je tenais juste à visiter la
région.
-Haaa boooon! Ha ben fallait le dire
voyons, je connais un guide pas cher
qui...
Très longue, trèèèès, mais alors vraiment
trèèès très longue la journée. Mais bon,
l’huclain se devait de faire preuve de
patience.
-...blabla et puis c’est marrant ce que
vous dites à propos des enquiquineurs qui
vous avaient appelé: figurez-vous que
travaille moi-même pour cette entreprise
Espaces&Confins. Ha et vos amis,
dites-moi, il s’agit bien de Bernard
Joulon et de Jacques?
L’huclain ne répondait pas. Soudain
plongé dans un profond silence, le petit
bonhomme semblait prêt à exploser. Le
conducteur se risqua à craquer une
allumette.
-Mr. Répondeur? Demanda-t-il d’une petite
voix timide.
À la lueur de la fl... pardon, de
l’incendie que cet abruti venait
d’allumer, l’huclain était plus effrayant
que jamais. Les nerfs tendus, l’oeil
brillant et le dessous de paupière
vibrant, il réussi cependant à articuler
les quelques mots
suivants:”eeesss...p..pp..aaaace...et...eeEEEeeet..
cOOOoon... ooon... fins?”. Oui, cette
même entreprise qui l’avait appelé il y
avait quelques jours.
On
put donc aisément comprendre que, le
pétage de plombs aidant, l’huclain
balança le conducteur et son assistant
hors du tiroir avant de jeter par la
fenêtre le bureau qui prenait feu. Ce
dernier (le bureau, pas le feu) alla
s’écraser un peu plus bas, dans une mise
en culture de néant. Le lendemain, dans
la presse, on devait parler d’un terrible
incendie dont on n’avait malheureusement
pas retrouvé les fautifs. Cet incendie
avait ravagé une grande partie des mises
en culture, un choc énorme pour
l’industrie du vide. Mais pour le moment,
le conducteur, se décoinçant du tiroir,
demanda avec un calme maîtrisé:
-MAIS VOUS ÊTES TOTALEMENT BARRÉ VOUS!
Ce à quoi l’huclain avait répondu:
-Vous m’appelez à je ne sais quelle heure
du matin pour me vendre de l’espace, et
c’est moi qui suit barré? Vous mériteriez
que je vous bousille la ligne
téléphonique pour la peine.
Mais l’heure n’était plus aux disputes.
Déjà la police du vide fouillait de fond
en comble l’usine pour trouver les
fautifs.
-Suivez-moi vite! Leur avait crié le
conducteur, alors que tout le personnel
se mobilisait pour stopper l’incendie.
Les deux autres l’avaient suivi sans
broncher. Ils étaient alors arrivés sur
le toit, avaient prit un hélicoptère et
s’en étaient allés.
-Où va-t-on maintenant? Avait demandé Mr.
Répondeur.
-Nous allons retrouver vos amis, et nous
en profiteront pour faire un crochet par
la chaîne des bulletins d’informations,
histoire de prendre au passage notre
brave huclain.
À suivre vers les grues.
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La DDE XIII et XIV
Mr. Répondeur X
Sur le plateau télévisé, les négociations
prenaient fin: des carcasses de tanks
jonchaient le sol, des employés gisaient,
criblés de boulettes de papier mâché;
mais malgré cela, le médiateur s’était
engouffré dans le bâtiment à la recherche
de l’huclain. Utilisant toujours ses
arguments diplomatiques, tels que
“allons, soyez sympa, montre-vous” ou
encore “je vous assure que personne ne
vous fera aucun mal”, il avait néanmoins
perdu toute crédibilité lorsque,
l’huclain acceptant de se rendre, il
avait tenté (toujours avec diplomatie),
de l’écraser avec son pied. C’est donc en
plein dans ce bâtiment, dans une
atmosphère tendue, que nous retrouvons
l’huclain.
L’huclain se trouve actuellement caché
dans la boîte vocal du standard de
l’accueil. Il prépare quelque chose, mais
quoi donc? Pendant ce temps, le médiateur
se trouve un étage au-dessus, cherchant
soigneusement la cachette de “cette
espèce de truc d’huclain”, comme il aime
à l’appeler. Quelques bureaux renversés,
deux ordinateurs explosés et des dizaines
de piles de dossiers foutus en l’air plus
tard, le médiateur sent qu’il est temps
d’exprimer son mécontentement, et ce par
une technique qui lui permet
d’intérioriser par l’extérieur tout son
ressenti, et permet à l’auteur de faire
une phrase de quatre lignes au moins, ce
qui a le don d’énerver encore plus le
médiateur -sauf qu’il ne va rien tenter
contre l’auteur, sinon c’est décidé que
le diplomate de mes deux sera habillé en
robe verte à pois roses et même qu’on
l’appellerait Tatie Simone. Le médiateur
ferme donc les yeux. Il sent la colère
affluer et refluer en lui. Puis il
réouvre les yeux. C’est alors que le cri
intérieur de trois heures de recherches
parmi les feuilles, les notes de
services, les écrans, les dossiers, bref;
parmi un indescriptible foutoir, se fait
entendre:”AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH!!!!!”.
À l’étage du dessous, forcément,
l’huclain se marre comme un gogol dans
son boitier téléphonique. Mais il ne rit
pas seulement parce que le médiateur
craque. Non, il rit aussi parce qu’il
songe à ce qu’il va faire. Pendant que
l’autre cherchait au mauvais endroit,
l’huclain avait trouvé un fil conducteur
menant à un confrère sur une sortie de
secours. Or, c’était exactement ce qu’il
lui fallait. Il s’était arrangé avec
l’huclain de la porte de secours: tout
était en règle pour pouvoir emprunter la
sortie. Mais avant cela, il avait eu une
idée monumentalement indécente de cruauté
envers les petits nerfs déjà tous
fragiles du médiateur: il allait passer
une annonce à l’accueil.
-Le petit médiateur est attendu à
l’accueil, je répète: le petit médiateur
est attendu à l’accueil, dit l’huclain en
empruntant la voix d’une caissière
d’Auchan.
Le concerné n’avait pas tardé: il était
arrivé quelques secondes plus tard,
trébuchant dans des dossiers et envoyant
valdinguer les ordinateurs dans lesquels
il s’était prit les pieds.
Malheureusement pour lui, l’huclain avait
déjà filé par la porte entrouverte de la
sortie de secours, toujours en riant
comme pas possible.
Bernard et Jacques ont enfin fini de
réparer leur avion. Ils avaient remit en
place la nuit -ce qui avait duré jusqu’au
levé du jour- et étaient maintenant prêts
à repartir: malheureusement pour eux, il
leur était impossible de repasser par le
champ de grues; d’une part parce que
c’était interdit, et d’autre part parce
que de l’autre côté, ils risquaient de
retrouver l’employé de l’administration.
Employé qui, de surcroît, pouvait tout
aussi bien contourner le champ que le
traverser -car, rappelons-le,
l’Administration évolue
perpendiculairement par rapport à celle
de la DDE et la notre. Il était donc
important que nos deux amis daignent
bouger leur arrière-train, autrement
l’auteur s’en chargerait et les enverrait
en plein sur le plateau d’une émission
télé-réalité dont le thème serait “Quelle
est la capacité du corps humain à
respirer très fort de la moutarde par le
nez?”.
Ne tenant pas à le savoir, Bernard avait
remballé ses clefs de douze et tout le
reste de ses outils tandis que Jacques
avait fourré toutes ses affaires dans son
plot avant de vérifier une dernière fois
l’écharpe pour le nez de l’avion -il ne
s’agirait pas de s’enrouler l’écharpe
autour des hélices. Tout était en règles,
ils échappaient donc au pot de moutarde
avant de se lancer vers l’inconnu.
-Bernard?
-Oui Jacques?
-Faites attention tout de même, il ne
faudrait pas retomber sur une putain de
dérivée pour se faire piétiner par les
extremums.
Vous l’aurez remarqué, plus ça allait,
plus l’ouvrier devenait poète. Mais à
peine avait-il finit sa phrase qu’un
bruit, vaguement semblable à un
frémissement de moustaches, se fit
percevoir. Bernard eut soudain l’air très
inquiet. Jacques, qui n’est pas homme à
se laisser impressionner, lui demanda ce
qui n’allait pas.
-Bernard? Vous avez l’air encore plus
anxieux que lorsque nous avions dépassé
la borne...
-C’est normal... Ce frémissement de
moustaches... Aucun humain n’est capable
d’en faire un aussi... aussi... aussi...
aussi...
-AUSSI QUOOOOOOOOOOOOOOIIII?
Jacques vient de craquer: Bernard se fait
un peu vieux, et le voilà qui se met à
bugger. L’ouvrier ne réfléchit pas -un
peu comme à son habitude, me direz-vous,
mais passons-, l’ouvrier ne réfléchit
donc pas: il n’y a pas trente-six
solutions pour ce genre de cas. D’un bon
coup sec, il lui remet les idées en
place; mais il n’en reste pas moins
inquiet: il ne sait toujours pas ce
qu’était le bruit, et il faut vite
trouver un spécialiste pour Bernard qui
risque de rebugger d’un instant à
l’autre.
-Vous êtes certain de pouvoir continuer à
piloter?
-Puisque je vous le dis Jacques!
-Non mais je veux dire... Vous n’allez
pas me faire le coup de la panne?
-Non, et maintenant soyez sympa,
rembobinez.
-Pardon?
-Je voulais dire “surveillez l’horizon”,
ma langue a fourché. Non très
sérieusement, ce bruit de moustache était
drôlement statistique... J’espère pouvoir
trouver un endroit où s’arrêter pour
vérifier ce que c’était et... Ho mon
Dieu...
Bernard se retrouva, une fois de plus,
fasciné par l’ouvrier.
À l’arrière de l’avion, ce dernier,
devenu soudain très joueur, s’était
approché discrètement de Bernard, le plot
porté à sa bouche et quasiment collé à
son oreille afin de “lui faire une
blagounette”. Après un bon taquet, il
s’était finalement rassit et avait
surveillé l’horizon tandis que Bernard
faisait attention de ne pas entrer en
collision avec les lignes de niveaux, ces
passages empruntés par divers animaux
afin de voyager sur les différentes
routes bornées.
Le conducteur, Basile et Mr. Répondeur
semblaient voler sans but dans le désert.
Du moins c’était ce que pensait
l’huclain, qui l’avait déjà fait savoir
au conducteur et à Basile. Le premier lui
avait alors expliqué que la seul façon
qu’avait put avoir l’huclain du relai de
s’échapper était, à son humble avis, de
prendre une sortie de secours: autrement
il y a belle lurette qu’il serait revenu
au relai par un quelconque moyen
radiophonique. En effet, en prenant cette
fameuse sortie de secours, il
atterrissait à la Croisée des Portes de
Secours. Il leur était donc possible, par
la suite, de se retrouver à une sortie de
secours donnée. Jusque là, tout allait
bien, Mr. Répondeur comprenait
parfaitement ce système -bien qu’il n’eut
jamais l’occasion de l’utiliser; en
revanche, ce qui le tracassait plus,
c’était le fait que la sortie de secours
en question était celle du désert. Oui
oui, celle du désert, au cas où celui-ci
prendrait feu ou une débilité du même
gabarit
-Surtout, ne me dites pas qui a eu l’idée
d’une telle chose. Non, surtout pas...
avait alors déclaré laconiquement le
petit bonhomme.
Bref, tous les trois volaient dans leur
petit hélicoptère, quand soudain Basile
aperçu, à quelques mètres devant eux, une
sortie de secours. Cette dernière était
placée juste avant un petit chemin qui
menait à une sorte de hameau. Ils
venaient d’arriver à la sortie du désert.
Mais ce n’était pas ça qui était
intéressant. Non, ce qui l’était, c’était
le petit bonhomme qui se tordait de rire
dans le dessins de la porte entrouverte.
Il n’était d’ailleurs pas le seul: deux
huclains de sortie de secours étaient
avec lui. Quand enfin ils arrivèrent
devant la porte, celle-ci s’ouvrit (elle
s’était fermée pour éviter le sable que
les hélices leur balançaient à la figure)
et en sortit l’huclain du relai. Les
retrouvailles furent émouvantes: sautant
dans les bras de son collègue, l’huclain
exprima toute sa joie à Basile:”Je l’ai
eu Basile! Hahaha, vous auriez vu sa tête
après le placage que je lui ai mit!”
-Et bien je suis très heureux pour vous,
on a eu une petite frayeur à vrai dire.
-Ho mais ne vous en faites pas, ces deux
messieurs m’ont très gentiment aidé.
D’ailleurs je vous les présente: voici
John et Johnny, qui se trouvent être
cousins. En plus eux aussi font partie du
CHL figurez-vous!
-Allons, moins fort voyons...
Heureusement, personne ne l’avait
entendu. Le CHL était le Comité des
Huclains Libres: c’était un mouvement
consistant à supprimer une bonne fois
pour toutes les conditions abusives dans
lesquelles se retrouvaient certains
huclains. Seulement le CHL n’était pas
très bien vu par tout le monde, et il
fallait se méfier des personnes à qui on
le disait. Remerciant les deux huclains,
la petite bande alla à la recherche d’un
endroit tranquille afin de planifir le
sauvetage de Jacques et Bernard. Derrière
eux, soudain, des flammes jaillirent de
la porte de secours des deux huclains.
Aussitôt, ils la refèrmèrent tandis que
l’un d’entre eux criait:
-Courez, c’est sûrement le médiateur qui
a retrouvé votre trace! Nous allons
tenter de garder la porte fermée, à moins
que vous n’ayez quelque chose pour la
sceller.
Le conducteur, toujours prévoyant, avait
en permanence un petit pot de blanc
correcteur de la Laitière. Appliquant
avec dextérité le produit sur la porte,
il n’en fut plus rien des flammes.
-Voilà, à la prochaine pluie, ça devrait
disparaître.
L’ennui, c’est que pour avoir une
quelconque prochaine pluie dans le
désert, il aurait d’abord fallut qu’il y
en a une première. Heureusement, cela
devait être le jour du neurone chez le
conducteur, car il pensa tout de même à
leur en dessiner une autre. Ils pouvaient
maintenant partir en direction du petit
hameau en même temps que John et Johnny
repartaient par la petite porte dessinée
par le conducteur.
À suivre point par point.
Bernard n’en revenait pas: devant lui,
là, sous son nez, frémissant de plaisir
sur les genoux de Jacques, un petit
diagramme en boîte à moustaches
somnolait, sa droite de statistique
enroulée autour de lui-même. C’était
Jacques qui l’avait retrouvé tout au fond
du cockpit, alors qu’ils quittaient
l’endroit du crash. Dans un premier
temps, il avait averti Bernard qui avait
cherché un endroit où se poser. Le seul
problème, c’est que les places de parking
étaient toutes prises. Et oui, cela
pouvait sembler incongru, mais
non-seulement l’auteur aimait ce mot,
mais en plus Bernard aussi.
-Pas plus qu’un autre, non, avait alors
répliqué l’intéressé.
Bon d’accord, mais toujours était-il
qu’ils ne trouvaient pas une place de
libre dans ce désert, et qu’il fallait
bien s’arrêter à cause du diagramme en
boîte à moustaches. Car si il y avait
bien une chose dangereuse dans la région
de Nulle-Part, c’était les diagrammes en
boîtes à moustaches blessés ou apeurés.
N’ayant pas le même métabolisme que nous,
ces petits animaux étaient néanmoins
d’une nature très calme, sauf lorsqu’ils
se sentaient en danger: à ce moment là,
hérissant leur droite de statistique,
frémissant violemment leurs moustaches,
ils n’hésitaient pas à se jeter
violemment dans la tête de leurs
prédateurs. Et oui, car comme leur nom
l’indiquait, les diagrammes en boîtes à
moustaches étaient en forme de boîtes, et
plus précisément en forme de pavés de
boîtes. Ainsi, Jacques, voulant approcher
la petite boîte à moustaches, s’était
rapidement rendu compte que les pavés
faisaient presqu’aussi mal que les
parpaings et les briques. Bernard, qui
s’était pendant ce temps garé sur le
bas-côté d’une dune, se retourna alors
que Jacques lui demandait un peu d’aide
et semblait dire, d’un ton affectueux et
emprunt de candeur débile:”Mfe Frmoroi
qfuil m’aimmeme mien”. La vue d’un
Jacques ayant un pavé enfoncé dans sa
tête comme dans du saindoux lui rendit
soudainement toute sa bonne humeur, lui
rappelant avec joie et délicatesse le
Petit Prince et ses fonctions engoncées
tout aussi profondément dans ses saintes
voies.
Bernard songeait donc à ces heureux
souvenirs lorsqu’il s’aperçut bientôt que
le diagramme n’était plus enfoncé dans la
tête de Jacques, mais en train de frémir
sur ses genoux. La tête de l’ouvrier, en
revanche, avait toujours la forme donnée
par le diagramme: mais même si, à
première vue, ça avait l’air
impressionant, il n’en était rien.
Jacques, rappelons-le, évoluait dans une
autre dimension; il n’était donc que
provisoirement affecté par les
interactions qui pouvaient se produire
dans d’autres dimensions. D’ailleurs son
visage reprenait lentement sa forme
normale, comme un ballon que l’on
regonflait. Soudain, le poste de radio,
jusque là silencieux, se mit à crépiter.
Bernard se précipita dessus, tournant le
bouton des fréquences dans l’espoir de
capter l’onde qui semblait passer. Un
silence s’installa, étouffant,
assourdissant. Cela dura une éternité, à
quelques minutes près, puis un bruit de
piano lâché depuis un Canadair sur le
bitume équatorial de la forêt d’Amazonie
retentit depuis le petit poste, allant
jusqu’à en faire vibrer l’antenne.
L’aviateur tourna légèrement le bouton,
puis appuya sur “play”. Dehors, le bruit
avait fait peur au diagramme, qui s’était
immédiatement enfoui dans le visage de
Jacques. À l’intérieur, Bernard entendit
une petite voix tousser, comme si
quelqu’un s’extirpait d’un crash.
-Bernard, ma poule, il faudrait vraiment
installer un coussin pour l’atterrissage.
Ca m’éviterait, d’une part, de m’exploser
la machoire en arrivant, et d’autre part
d’avoir à vous le répéter à l’avenir. Non
parce que, croyez-moi, un huclain qui
travaille dans un répondeur depuis plus
de quarante ans, c’est doué pour répéter,
et à la longue ça va vous taper sur les
nerfs.
Et il avait raison. Pendant que Jacques
se décollait le diagramme du visage, Mr.
Répondeur, aidé par Bernard, s’extirpait
des fils du poste de radio. Une fois
remit sur pied, il raconta à ses deux
compagnons ce qu’il s’était passé depuis
qu’ils l’avaient envoyé chercher de
l’aide: le conducteur et lui étaient
partis, avec son assistant, rejoindre un
autre huclain qui était “occupé” dans les
bureaux des bulletins d’urgences.
Finalement, ils s’étaient tous retrouvés
dans le désert, dans une espèce de hameau
perdu à la sortie de cette vaste étendue
de sable. Une fois ici, ils avaient
cherché un coin tranquille pour discuter
de la meilleure façon de retrouver
Jacques et Bernard, quand Basile
(l’assistant) avait reçu un rapport
indiquant approximativement leur
position. Le reste avait été facile comme
tout: Mr. Répondeur avait accepté de
voyager depuis le poste radio du bar dans
lequel ils étaient afin de les retrouver.
Cependant qu’il terminait son récit,
Bernard semblait songeur. Et pour cause:
le hameau dont parlait le petit huclain
lui rappelait “Ici”, une ville non-située
presque au même endroit que Nulle-Part,
mais pas tout à fait non plus. Or, ils
n’avaient toujours pas retrouvé les
attaches qu’ils étaient venus chercher:
il fallait donc bien un moyen de
retourner à Nulle-Part. Jacques, lisant
furtivement ce qui était écrit au-dessus,
demanda soudainement:
-Mais au fait, comment allons-nous sortir
de ce désert maintenant?
Très bonne question. Et élégamment posée
qui plus est. Oui, Jacques posait
d’élégantes questions. Mais il se
trouvait que Mr. Répondeur savait tout
aussi bien répondre.
-À votre avis, Jacques?
-En tapant trois fois dans nos mains?
-Non, désolé.
Jacques était déçu. Il aimait bien taper
trois fois dans ses mains -cela l’avait
sauvé à de nombreuses reprises. Mais
aujourd’hui, il ne taperait pas des
mains, non. Car l’huclain leur expliqua
comment il avait effectué le voyage pour
les localiser précisément: il était en
réalité partit avec un autre huclain,
censé lui indiquer le chemin, mais ils
s’étaient soudainement séparés lors d’un
croisement entre une ligne téléphonique
et une antenne radio. Pour le reste, Mr.
Répondeur avait été équipé d’une carte de
la région, et il se trouvait justement
que l’endroit d’où provenait les ondes
radios de l’avion était l’horizon
hortogonal, un espace quadrillé sur deux
axes indiquant les coordonées de ce que
l’on cherchait et qui s’y trouvait. Mieux
encore, cela indiquait même les
coordonées de ce qui ne s’y trouvait pas.
Et nos amis se trouvaient à l’origine des
deux axes.
-...c’est pourquoi il nous suffit de
suivre l’axe horizontal dans cette
direction, dit-il en montrant du doigt le
lointain, mais pas de ce côté là, de
l’autre hein (soyez attentifs un peu).
L’huclain aperçu soudain le diagramme en
boîte à moustache que portait Jacques.
-Hoo! Un diagramme en boîte à moustaches!
-Vous savez ce que c’est? demanda
Jacques.
-Bien sûr, c’est un animal très doux,
mais qui peut se montrer violent
lorsqu’il se sent agressé. Et vu la
tronche de tomate écrasée que vous avez,
je pense que vous avez eu l’occasion de
tester.
À l’intérieur de l’avion, Bernard
s’exclama:”Bon, c’est pas tout ça, mais
on y va?”. Alors, bien contents d’être
enfin réunis, Jacques, Bernard et Mr.
Répondeur s’envolèrent vers la fin de
l’horizon orthogonal, un magnifique
soleil couchant faisant luire par moments
le quadrillage de la région.
À suivre sur l’axe des abscisses.
_______________________
L’Avétis Kazarian
Définition
de l’Avétis Kazarian: l’Avétis Kazarian
est un animal plutôt farouche vivant
actuellement en France, et dont la raison
de l’existence est plutôt obscure. En
effet, cet animal qui, au vue de ses
capacités intellectuelles, semble être né
d’un parpaing et d’une brique rouge en
fonte, a une intelligence
proportionnellement limitée à sa
modestie. Et oui, l’Avétis Kazarian “vit
en France mais ne se croit pas supérieur
pour autant”, et c’est d’ailleurs pour
cela que, lorsqu’il insulte quelqu’un, ce
quelqu’un ne sait apprécier son “style
sublime”. L’Avétis Kazarian se croit donc
divin en écriture: ceci dit, sa capacité
à foutre des mots à la suite des autres
pour faire des phrases de plus en plus
longues ne peut que lui donner cette
impression. Notons aussi que cet animal
aime à barboter avec son gros tas d’égo
sur-dimensionné dans la crasse de sa
verve avariée. C’est pour cela qu’il ne
faut en aucun cas le brusquer, autrement
l’Avétis Kazarian peut vous choquer par
son infinie connerie qui, paradoxalement,
atteint des sommets abyssaux. On relève
des cas ayant été secourus d’urgence afin
de ne pas rester coincés là-dedans.
Or donc, afin de donner un petit exemple
de la modestie de l’Avétis Kazarian, nous
vous donnons avec joie un endroit où
admirer dans toute la splendeur de ce
petit animal (attention cependant: il est
possible de soudainement perdre toute foi
en l’humanité ) : le profil utilisateur,
sur wikipédia, de l’Avétis Kazarian.
Nous espérons que cette définition vous
convienne.
La
vie amoureuse des curseurs
C’est
un fait avéré: les curseurs ont une vie
amoureuse. Je le sais, puisque pas plus
tard qu’il n’y a pas longtemps, il m’a
été donné l’occasion d’admirer la parade
de ce noble animal. C’était par un soir
d’été alors que le soleil déclinait
lentement. Dans un petit jardin de
campagne, les gens s’installent et l’on
projette l’écran d’un ordinateur sur un
autre écran, blanc celui-ci. Et là, un
spectacle s’offre à nous.
Sous nos yeux ébahis, on voit un petit
curseur, ni trop grand, ni trop petit,
qui erre sans grand but sur le bureau
(attention, sur le bureau sur l’écran
hein, pas sur le bure... non laissez
tomber). Bref, le curseur moyen quoi,
celui qu’on a l’habitude de voir. Parce
qu’on n’imagine pas la vie que peut avoir
un curseur. Autant l’être humain, on le
sait ce qu’il mène comme vie, autant le
curseur, on ne sait pas. Alors quand on
sait pas on se tait, on se tait et on me
laisse continuer. À part ce qu’il veut
bien nous montrer quand il est entre nos
mains, je connais très peu de gens qui en
savent quelque chose, de la vie du
curseur.
Bref, c’est un soir d’été, l’atmosphère
est douce, les rayons déclinants du
Soleil font ronronner la pierre chaude
dont l’exquise douceur lancinante donne
l’impression que cette phrase est
poétique, alors certes elle l’est mais
elle ne veut strictement rien dire si je
veux je l’allonge encore plus. Le curseur
est donc projeté sur l’écran blanc.
Violemment en plus, mais bon, c’est
résistant ces bêtes là. Au début, il
semble un peu perdu. Puis soudain, ses
sens s’éveillent. Oui, il aperçoit
quelque part une jolie petite icône. Elle
est dans un coin de l’écran, timide et
pourtant si belle sous sa parure de
pixels. Et c’est à ce moment là qu’il
faut un silence totale, afin d’écouter
l’amoureux dialogue qui s’ensuit. C’est
beau, poétique, et ça le serait encore
plus si ces criquets voulaient bien se
taire. Merci.
-B...Bonjours Marie-Jeanne...”
-Ho, René, quelle douce surprise! Mais
vous semblez tout chose, que vous
arrive-t-il?”
-Je ne sais comment vous le dire. C’est
un peu compliqué vous savez...” réussi à
articuler le curseur, soudain très
embarrassé. Comprenez, Marie-Jeanne vient
d’être mise à jour, et pour notre brave
René, elle est encore plus belle qu’à la
première version.
-Ne soyez pas timide, exprimez-vous
René.” le rassure Marie-Jeanne.
Alors, prit d’un élan amoureux, René se
lance:
-Depuis que je vous ai vu, je rêve ne
serait-ce que de vous faire un
clic-droit, en tout bien tout honneur. “
-Ho! René...” Marie-Jeanne est troublée,
et ne sait que dire.
Dans la nuit qui s’est installée, les
criquets se sont tus, et c’est tant mieux
sinon j’allais les massacrer un par un.
-Me permettriez-vous, rien que pour cette
fois, de vous double-cliquer?”
-Voyons René, bien évidemment! Grand fou,
je suis toute à vous!” répond avec fougue
la belle icône, enfiévrée par le parfum
de l’été.
Alors René ne tient plus: lentement mais
sûrement, il bouge ses pixels vers la
belle icône. 9 dixièmes de secondes plus
tard naît de leur union un film, le petit
“Lesneufsreines.avi”. Pendant ce temps,
on peut apercevoir les deux amoureux côte
à côte, sans que rien ne puisse troubler
leur amour.
Le film se termine, on éteint l’écran et
l’on se quitte, les yeux encore imprégnés
de l’image d’un curseur heureux et d’une
icône comblée. On raconte que plus tard,
l’utilisateur de l’ordinateur dû changer
de souris: René, fidèle à son amour, ne
bougeait plus de l’icône ou bien s’en
éloignait très peu. Décidément, que de
poésie chez les curseurs.
De
la mauvaise foi ou l’art de nier en bloc
Aujourd’hui,
cours sur la mauvaise foi, ou l’art de
nier en bloc. Parce qu’il est important
de savoir utiliser cet art à bon escient,
et ce afin de contrer les petits
enquiquineurs qui viennent nous rabâcher
leur mot de la fin autrement qu’à grands
coups de pompes dans l’arrière train.
Voici un petit exemple histoire de vous
introduire, sans arrières-pensées, le
début.
Monsieur
A:
Bonjours monsieur, auriez-vous l’heure
s’il vous plaît?
Monsieur
B:
Oui bien sûr, il est 18h00.
Monsieur
A:VOUS
MENTEZ! VOUS MENTEZ ET VOUS LE SAVEZ TRÈS
BIEN!
Voilà, ça c’est de la mauvaise foi.
La mauvaise foi se perçoit aussi très
bien dans les situations familiales,
telles que celle-ci:
-Papa, ton fils -c’est-à-dire moi- passe
son temps à sautiller connement à
cloche-pied, un bouquet de plumes
d’autruche dans le derrière et un
tournevis derrière l’oreille droite: ta
vie est normale.
-Mais je...
-TA VIE EST NORMALE!!
Ici le fils fait preuve d’une mauvaise
foi monumentale face à la réalité, vous
l’aurez remarqué. Or, pourquoi, je vous
le demande, pourquoi le père ne peut-il
pas réagir face à cela. Et bien essayez
de répliquer face à un demeuré pareil, et
après on en reparlera.
Bon, alors, à partir de maintenant, nous
pouvons nous poser plusieurs autres
questions.
Déjà, la mauvaise foi peut-elle être
considérée comme un argument convaincant
lors d’un débat? Pour y répondre, prenons
un exemple. C’est une image, ne cherchez
pas d’exemple à prendre et laissez moi
continuer. Prenons un exemple donc, dans
lequel seront mis en scène deux hommes
importants, parce que les débats des
prolos, tout le monde s’en contre-fout
apparemment. Bref, dans ce débat nous
aurons Monsieur Umportant, et Monsieur
Deuxportant, histoire de faire un joli
jeu de mots. Monsieur Deuxportant vient
tout juste de traiter son adversaire.
Monsieur
Umportant:
Monsieur Deuxportant, quelle crédibilité
pouvons-nous vous apporter, alors que
vous venez juste de m’insulter!
Monsieur
Deuxportant:
Je ne vous ai pas insulté, évitez de
proférer de telles choses.
Monsieur
Umportant:
Mais vous venez tout juste de le faire!
Monsieur
Deuxportant:
Je n’ai pas entendu, je ne peux me fier à
votre seule parole! Qu’est-ce qui me
prouve que je n’ai pas dit autre chose,
ou bien que ce n’est pas VOUS qui vous
êtes vous même insulté?
Voilà, face à ça, on ne peut rien
répondre. Non, on NE PEUT PAS! Inutile
d’insister.
Deuxième question, la mauvaise foi
est-elle en rapport avec le foie gras?
La réponse est: non. Outre le fait d’être
un odieux calembour, et bien que le foie
gras soit un foie malade, la mauvaise foi
se porte très bien, merci.
Troisième question: si faire preuve de
mauvaise foi, c’est affirmer avoir raison
lorsque l’on à tort, qu’est-ce que la
bonne foi?
La bonne foi, c’est deux choses:
-L’une, théologiquement parlant, c’est
être un mouton.
-L’autre, socialement parlant, c’est
aussi être un mouton, sauf que dans ce
cas là, c’est affirmer avoir tort lorsque
vous avez raison afin d’éviter qu’on vous
dise que vous faites preuve de mauvaise
foi, auquel cas vous auriez tort quand
vous affirmez avoir raison. Et comme dit
plus haut, ça ne vous permettrait même
pas de bien manger à noël.
Quatrième question: peut-on parler de
mauvaise foi quand on prétend que la
deuxième guerre mondiale n’a jamais
existé?
Non, on ne peut pas vraiment parler de
mauvaise foi: à ce moment là on parle
plutôt de cons finis.
Et enfin, dernière question: affirmer que
le préservatif contribue à la propagation
du sida, est-ce de la mauvaise foi?
Non, bien sûr que non. Mais attention, on
ne parle pas non plus de con fini: c’est
plutôt de la sénilité précoce, et
maintenant papi il va aller prendre ses
petites pilules avant de refaire des
déclarations pareilles.
Note
d’information concernant l’arbre au
rond-point de
Chamboulais-sur-Tabouleur.
Nous vous distribuons cette note
d’information afin de vous faire part des
divers horaires des divers stationnements
concernant -ou cernant connement- les
divers usagers auxquels ils se réfèrent,
et inversement. Tout d’abord, les
horaires de l’arbre au rond-point de
Chamboulais-sur-Tabouleur ne concernent
en premier lieu et bien évidemment que
les habitants de notre brave petite
commune
(1).
Pour commencer, les premiers informés
seront les merles et les rossignols. Vous
n’êtes pas sans savoir, espèces de
fieffés crétins emplumés, que le
rond-point de Chamboulais-sur-Tabouleur
est constitué d’une couche de pavés
entourant un magnifique chêne au milieu.
Et bien dorénavant, et ce à compter
d’aujourd’hui, le stationnement dans cet
arbre ne sera accordé à ces oiseaux
qu’entre 00h01 et 8h46 (il faut de la
place pour tout le monde comprenez).
Durant cette période, vous êtes cependant
priés d’éviter autant que possible les
nuisances sonores. En cas d’oubli, notre
brave homme à tout faire René et son
fusil de chasse se feront un plaisir de
vous rappeler aimablement le règlement.
Continuons avec, si vous le permettez, et
même si vous ne le permettez pas -auquel
cas vous pourriez toujours aller brouter
du caramel en métal brossé que ça n’y
changerait rien-, continuons, donc, avec
les mésanges. Ces dernières auront le
droit de stationnement en même temps que
celui des chats, à savoir entre midi et
la fin de la sieste de midi. Autre chose
concernant les chats: la nuit, tous les
chats sont peut-être gris mais ce n’est
pas une raison pour venir miauler en
bande à trois heures du matin à l’arbre
au rond-point de
Chamboulais-sur-Tabouleur, surtout
lorsque ledit rond-point se situe près de
ma fenêtre. Merci. Nous signalons aussi
que les drôles d’oiseaux du foyer des
“pinpins”, comme nous les appelons
gentiment entre nous, sont autorisés à y
stationner entre 16h00 et 17h00, le
mercredi, après leur sortie en ville. De
même, les enfants en bas-âges sortant de
la piscine pourront exceptionnellement
stationner en même temps.
Nous nous permettons d’ouvrir, à ce
propos, une parenthèse (, que par manque
de budget nous ne refermerons pas. À la
place cela sera un crochet du même nom
que le capitaine.]. Merci de votre
compréhension. Ha, justement: en parlant
du capitaine Crochet: si je revois Peter
Pan, je me charge moi-même de le
reconvertir en coucou, ce drôle d’oiseau.
Concernant désormais les petits malins
qui se croient drôle à toujours
non-stationner à l’arbre au rond-point;
dès à présent sera mis en place un arrêt
préfectoral interdisant tout
non-stationnement abusif. Cet arrêt sera
aussi de bus, évitant ainsi un
stationnement trop long et surpeuplé des
habitués de ce transport. Nous vous
remercions de votre compréhension, et
rajoutons que ces horaires ne
s’appliquent pas les dimanches, sauf en
cas de dimanche intensif.
Bien
à vous et inintelligiblement,
mmmmnngnnmmmffrr
À lire:
Les articles divers
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De la tenue urbaine
Bon, après un bon petit mois d'août bien comme il faut (glandouille, soleil, famille, calme, et soirées fort sympathiques), voici une petit MÀJ pour le blog.
De la tenue
urbaine
Parce
que là, yen a marre. Non c’est vrai,
merde quoi. Enfin, que diable, un peu de
tenue quand vous êtes en ville. Et plus
particulièrement quand vous êtes piéton!
Non parce que le conducteur de voiture,
lui on le sait à force qu’il doit rouler
à telle ou telle vitesse. Mais les
piétons, on leur a déjà dit comment se
tenir? Et bien non. Héhé, et oui, voilà,
toc, zou: le piéton, il ne sait pas
comment se tenir en ville. Et m’est avis
que c’est un peu à cause de ça qu’il y a
des accidents urbains. Mais, allez-vous
me dire; “Être au volant d’une voiture
c’est une grande responsabilité”. Et bien
justement, quand j’en vois certains même
pas foutus d’être responsables de leurs
jambes, je me dis que c’est une chance
qu’ils n’aient pas de voiture. Parce que
bon, comme ça, dans l’absolu:”Un piéton
ça peut pas être plus dangereux qu’une
voiture”, me direz-vous avec une
exécrable voix nasillarde. Allons allons:
soyez raisonnables et laissez moi vous
expliquer combien vous avez tort. Vous
avez tort 42. Voilà. Bon mais plus
sérieusement, et là je m’adresse aux
piétons, faites gaffe quand vous
traversez! Vous le savez pourtant qu’on
roule sur la route nous. Pourquoi ce
besoin si pressant de traverser, ou même
parfois de marcher sur la route? Quelle
suffisance avec les usagers de la route,
quelle fatuité. On ne vient pas rouler
sur vos trottoirs nous. Mais si encore ce
n’était que ça... Mais non, le piéton
pousse le vice encore plus loin puisque
quand il traverse, il lui arrive de se
faire renverser. Alors bon, il pourrait
avoir au moins la décence de le faire
proprement. Et bien non Monsieur! Il en
profite pour dégueulasser ma bagnole cet
enfoiré. Ca laisse des traces rouges, ça
en fout partout sur le pare-brise (quand
ça ne l’explose pas) et ça fait des
bosses: c’est immonde. En plus le sang ça
tâche. Ha et puis il ne fait pas dans le
discret le piéton. Ha ça non: quand il se
fait renverser, il hurle. Et sur moi en
plus. Quelle familiarité. Mais si encore
il n’y avait que les traces de sang et le
bruit. Et ben NON! En plus de ça, cette
raclure se permet de me faire
culpabiliser. Et vas-y que je feins la
surprise, et allez que je simule, et
allez que j’en rajoute une couche.
Holalala! Dieu quel égocentrisme! Non
parce que les gens le savent qu’on roule
vite en ville. Ils le savent, mais est-ce
que les conducteurs le savent eux? Si
non, il serait peut-être temps de leur
dire au lieu de se plaindre. Non parce
qu’une fois renversé, le piéton il a beau
se plaindre, ça ne changera rien: plus de
bras, plus de chocolat. Alors s’il vous
plaît, lorsque l’on vous renverse, ayez
au moins la décence de vous laisser
mourir en silence dans le caniveau, ça
nous évitera, et surtout ça m’évitera,
d’avoir un sentiment de culpabilité
atroce. Merci.
__________________
J'en profite pour passer un petit coup de
gueule après avoir vu depuis un petit
moment déjà plusieurs blogs-bd et les
commentaires qu'ils ramassent. La
blogosphère, un monde qui ne donne
vraiment pas envie d'être artiste. Parce
que, forcément, avec des gens comme ça,
qui aurait encore envie de se casser le
cul à faire un truc bien quand ceux qui
donnent le minimum du minimum se
ramassent les honneurs juste parce qu'ils
ont succombé à la corruption du public?
Bon, là, yen a marre.
À tous ces crétins gloitreux qui éructent
comme ils peuvent leur admiration
putréfiée par l'orifice moite et
répugnant qui leur sert de bouche, à
toutes ces larves marinant mollement dans
leur jus artistico-hypocrite de mon cul,
à tous ces ramasses-merdes:
Quel putain d'instinct peut bien vous
pousser à aller crachouiller un
pseudo-avis quant à une putain de note de
blog aussi drôle qu'un boulon? Je vous le
demande.
Vous arrivez sur le blog en question, et,
quelle que soit le thème abordé, c'est
tout de suite un "putain de concept",
l'auteur est "un génie mon vieux" et la
note est "tout bonnement énorme!". V'là
que l'auteur pourrait scanner sa merde
que vous vous prendriez la tête à deux
mains en hurlant à l'artiste du siècle.
Bande de cons, c'est pas parce que vous
vous sentez l'âme artistique qu'il faut à
tout prix s'étaler dans un délire baveux
de "je suis un artiste et je vous chie
dessus". Ca voit un concept tellement
utilisé que c'est déjà un miracle si il
n'est pas mort, et ça fait sur soi juste
parce que, quand même, c'est un blog-bd,
un blog d'artiste, et que quitte à ne pas
avoir de talent, autant faire semblant
d'en avoir et continuer à s'engoncer de
plus en plus dans le paraître de
l'artiste plutôt que dans l'être.
En fait, ya un truc qui est assez
extraordinaire: c'est de tenir bon quand
on voit vos commentaires sur les
blogs-bd. Parce qu'à ce moment là, il est
possible de perdre toute foi en son art,
en ce à quoi on croit, et alors on ne
fait plus que de la merde, de la nullité
en dessin, en prose ou en vers. Juste
pour satisfaire les connards qui servent
de public à ces blogueurs de mon cul.
Et ça, mesdames et messieurs les
blogueurs, cela s'appelle de la
corruption par le public".
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L'infini et la DDE.
Salut à tous! Une mise à jours après un mois d'absence sur le blog. Pour ceux que ça intéresse, mais en particulier pour ceux que ça n'intéresse pas, j'étais parti faire du canoë en Laponie. C'est beau la Laponie. Il y a de l'eau, des sapins, de l'eau, de l'eau, des sapins, des rennes, des sapins, des moustiques, et de l'eau. Le meilleur moment c'est quand ça s'arrête.
Bref, voici la suite de Mr. Répondeur.
Mr. Répondeur III
Cela fait maintenant trois heures que
Jacques et Mr. Répondeur volent en
direction de Nulle-Part. Plus tôt,
Bernard Joulon s’était posé non loin de
l’endroit où ils se trouvaient alors, et
leur avait demandé ce qu’ils faisaient.
Jacques lui avait expliqué qu’il fallait
qu’il aille à Nulle-Part afin d’acheter
des attaches spéciales, pour réparer deux
lignes à haute tension. Le hasard faisant
bien les choses Benard Joulon savait
justement comment s’y rendre. En effet,
il y avait déposé Jean-Fenouille, qui
juste pour ce texte là s’appellerait
comme ça, et si il est pas content et ben
il aurait d’autres noms encore plus à
chier. Bref, tout ce petit monde volait
donc vers Nulle-Part.
Jacques avait emporté avec lui un plot de
signalétique. Au départ, Bernard et
l’huclain n’avaient pas bien compris en
quoi cela lui serait utile, mais il avait
insisté alors ils l’avaient laissé faire.
Ce qu’ils ne savaient pas, c’est qu’outre
le fait de permettre de faire le golio en
criant dedans ou de se cacher dessous, ce
plot de signalétique pouvait servir de
longue vue à Jacques qui, justement,
était en train d’observer, légèrement
anxieux, l’horizon.
Soudain, Jacques aperçu quelque chose au
loin.
-Ho mon Dieu! s’exclama-t-il.
Un agent de la DDE fonçait droit sur eux.
-Vous déconnez là? demanda alors à
l’auteur Bernard Joulon, qui pour la
peine se prit un taquet, non mais sans
blague.
Mr. Répondeur en profita pour regarder
dans le plot de Jacques, et fut horrifié:
accompagnant l’agent de la DDE, un cadre
de l’Administration Routière. Qui
souriait. Or, l’Administration était une
gigantesque entité évoluant dans une
dimension voisine de celle de la DDE. En
fait, cette entité se répartissait dans
différents plans de la réalité:
l’Administration Routière était une
faction de cette entité, et évoluait non
pas parallèlement aux dimensions de la
DDE et de la notre, mais bien
perpendiculairement aux deux. La règle
d’or de l’Administration
était:”L’Administration
a toujours raison, surtout si elle
sourit”.
Et, comme l’avait vu Mr. Répondeur, le
cadre souriait. L’agent de la DDE et le
cadre fonçaient donc tous les deux leur
rencontre, et ce afin de les prévenir
d’une déviation qui n’existait pas encore
mais que, par principe de précaution, il
valait mieux contourner. Ainsi commence
une course-poursuite impitoyable. Tandis
que Bernard s’occupe d’esquiver l’avion
qui les pourchasse, Jacques leur balance
des banderoles et des triangles
rectangles de signalétique, afin de
désigner une zone sinistrée. L’un des
points faibles de l’Administration étant
que, puisqu’on ne peut aller qu’en son
sens, alors elle aussi ne peut aller que
dans le sien. Voilà pourquoi devant une
telle riposte, les deux assaillants font
demi-tour. Mais ce n’est pas fini, voilà
qu’ils reviennent à la charge. Et alors
que le cadre, une bras tendu comme pour
les attraper, l’autre brandissant des
documents pour infractions, et hurlant
son droit d’avoir raison -non mais sans
blague, bac+15 c’est pas pour avoir tort-
alors que le cadre donc,
hurle:”MESSIEEEEEEURS, CECI EST UNE
DÉVIATIOOOOOON! VOUS N’AVEZ PAS LE
DROOOOOAAAAAAAARRRGH!”, Bernard appuie
sur un champignon qu’on sait pas ce qu’il
fiche ici et les distance en même temps
que Jacques hurle dans son plot qu’il
n’entend pas les ordre du pauvre petit
cadre.
Depuis plusieurs minutes qu’ils volaient,
Jacques était beaucoup plus détendu. En
revanche, Bernard semblait devenir de
plus en plus inquiet. Depuis un petit
moment, il sentait que l’atmosphère
devenait tendue et se refroidissait.
Soudain, ils avaient dépassé une borne
indiquant “-∞”. Jacques et Mr. Répondeur
n’y avaient prêté aucune attention.
Bernard, en revanche, n’était pas dupe,
et avait fait un magnifique dérapage pour
se cacher en urgence dans un nuage.
Jacques, de nature très émotive, s’était
réfugié au fin fond de son plot.
-HA MAIS CA VA PAS BIEN VOUS HEIN?!
demanda calmement Mr. Répondeur.
-Taisez-vous deux secondes et laissez moi
réfléchir mon petit bonhomme... Nous
sommes bien passés devant une borne?
-Oui et alors?
-Et alors? Cela signifie que la route qui
mène à Nulle-Part est bornée, or il n’est
pas rare de croiser des troupeaux
d’extremums sauvages sur ce genre de
route.
-Ho mon Dieu... Vous n’insinuez tout de
même pas que...?
-J’en ai bien peur, si.
-Mais enfin, c’est insensé! Qui pourrait
bien cultiver du vide dans un endroit
pareil?
-Et pourtant, je peux vous assurer que
les troupeaux d’extremums sont plus
fréquents qu’on ne le cro... Heu
attendez, de quoi me parlez-vous là?
-Hein?
-Quoi?
-Comment?
Incompréhension totale, dialogue de
merde.
Et tandis que l’un était blotti, tout
tremblant, dans son plot, et que les deux
autres venaient de se bloquer dans une
“incompréhension totale, dialogue de
merde”, un bruit menaçant se rapprochait
à l’horizon.
À suivre entre les bornes.
L’avion filait à une allure incroyable,
vibrant sous l’effet de la vitesse.
Bernard, mettait tout son talent de
pilote afin d’échapper à leurs
poursuivants. En effet, un peu plus tôt,
alors que nos héros étaient tapis dans un
nuage, le bruit qui se faisait si faible
au début se rapprochait, et bientôt
Jacques avait aperçu une sorte de nuage
de poussière qui s’avançait dans leur
direction. Con comme pas deux, l’ouvrier
avait fait la très pertinente
remarque:”Hooo, ya un gros nuage qui
arrive!”, ce à quoi Bernard et Mr.
Répondeur avaient répondu par un regard
atterré devant tant de candeur. Car non,
ce n’était pas juste un “gros
poupoutougnou de nuage qui arrivait”: ce
qui provoquait toute cette nuée c’était
-et Bernard l’avait bien comprit- un
troupeau d’extremums. En cette période de
l’année, les extremums parcouraient
fréquemment les routes bornée, toujours
en troupeaux. Il fallait donc être très
prudent si l’on ne voulait pas finir à
deux extrémités à la fois. Et cette
fois-ci, nos trois héros semblaient en
très mauvaise situation: bien que Bernard
soit un excellent aviateur, les extremums
possédaient une incroyable rapidité. De
plus, entre l’avion et le troupeau
courait un malheureux diagramme en boîte
à moustache, tentant d’échapper à ses
prédateurs, ce qui ne faisait qu’exciter
encore plus la meute. Non, vraiment, on
ne pouvait pas dire que nos trois amis
vivaient une époque formidable. Et alors
que tout semblait perdu, que les
extremums étaient sur le point d’attraper
leurs proies tandis que ces dernières
essayaient vainement de les semer parmi
les intervalles, Mr. Répondeur vit
quelque chose au loin qui capta son
attention. Aussitôt, il réagit:
-Bernard, mon poulet, attention!
-Qu’y a-t-il Mr. Répondeur, mis à part le
fait que vous veniez de m’appeler “mon
poulet”?
-Droit devant vous, un champ de vide!
-Mais je ne vois ça nulle-part voyons...
-Et bien justement, FONCEZ-Y!
Bernard Joulon comprend d’un seul coup.
Il met les gaz tandis que Jacques, guidé
par l’huclain, creuse la distance avec
les extremums à l’aide de banderoles de
signalisation sans se soucier du
diagramme qui court pour sauver sa peau
-parce que bon, les élucubrations de
l’auteur à la longue, ça va hein.
Soudain, dans un fracas assourdissant,
l’avion s’arrête en catastrophe au milieu
d’un champ de vide. De la carcasse encore
fumante, Bernard sort en défonçant la
porte d’un bon coup de pied, suivit de
près par Jacques. Puis finalement nos
trois amis mettent pied à terre et
regardent autour d’eux le vide
environnant. Ca y est. Il y sont
finalement arrivé. Ils sont à Nulle-Part.
Reste à savoir comment sortir de ce champ
de vide sans tomber. Jacques se met donc
à scruter l’horizon à l’aide de son plot,
tandis que Bernard et Mr. Répondeur
réparent l’avion.
À suivre en haut débit.
__________________________________
Caractéristiques de l’infini et
réciproquement.
Aujourd’hui, il est grand temps de revoir
l’espèce de concept totalement crétin qui
nous sert d’infini. Mais avant d’attaquer
cette leçon, qui a mon humble avis ira se
perdre dans les profondeurs les plus
obscures de l’espèce de chose qui vous
sert de cerveau, j’aimerais définir en
gros ce qu’est l’infini, sinon je sens
que vous n’allez pas suivre et ça va
m’énerver. Bon alors tout d’abord,
l’infini, c’est quoi? L’infini c’est un
truc qu’on n’en voit pas le bout et qu’on
sait pas où ça nous mène. Voilà, en gros,
ce qu’est l’infini. Mais allons plus en
profondeur, et tentons de préciser les
caractéristiques de ce machin informe et
vague.
Bon alors, tout d’abord, l’infini, on ne
peut pas l’opérer (le pauvre, mourir
d’une appendicite, c’est con). Tous les
mathématiciens vous le diront: les
opérations qui fonctionnent avec des
nombres ne fonctionnent pas avec
l’infini. Bien sûr, il est possible de
calculer des lettres, mais l’infini,
sûrement pas (oui les mathématiciens ils
sont cons des fois). Prenons un exemple
et testons une opération toute simple:
∞+∞. Bon, à première vue, on pourrait
dire que ça nous donne 2∞. Et bien non!
∞+∞, ça n’existe pas, puisque c’est tout
bonnement deux fois plus qu’une chose qui
n’en finit pas d’être importante. Et
donc, déjà que l’infini, ça ne menait pas
à grand chose, alors si en plus on en a
deux fois plus, on n’en finira jamais.
Mais alors, essayons autre chose, comme
par exemple
∞x∞.
Ca donne l’infini au carré. Et l’infini
au carré, c’est la conséquence résultante
de ce qu’on peut mettre dans un carré
d’infini, pour autant que ce dernier n’ai
ni début, ni fin, et donc en conséquence
aucun côté, puisque sinon cela
reviendrais à faire tenir l’infini dans
un carré. Or, si, par exemple, comme ça,
là, maintenant, tout de suite, on fait un
carré d’infini d’une aire de quatre, ça
réforme tout le concept même d’infini,
puisque ce dernier ne serait alors égal
qu’à la racine de son aire, à savoir
deux. Et là, je pense qu’on peut le dire,
un carré d’infini, ça ne sert absolument
à rien sinon à tourner en rond. Or si
avec l’infini au carré on tourne en rond,
je vous raconte pas le bordel sur un
rond, bien qu’un rond, et ça a déjà été
dit, n’existe pas en mathématiques.
Pour les quelques attardés du bulbe qui
se demanderaient encore à quoi peut
ressembler l’infini, voici une petite
astuce:
-Commencez par tracer une droite sur une
feuille.
-Techniquement, une droite n’a ni début,
ni fin.
-Donc elle est infinie.
-Continuez alors à tracer la droite.
Si jamais vous avez fini de la tracer,
alors c’est faux. Si vous n’avez pas
fini, alors persévérez! Courage, l’infini
se trouve tout au bout!.
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Un an à écrire, un mois sans poster, et enfin une MAJ.

Et voilà, il fallait bien que ça arrive: ce blog a un an. Un an de textes et d'articles, mine de rien c'est pas mal =)
C'est pas rien parce que ça veut dire que j'ai réussi à tenir un an pour écrire mes chroniques. Et ça, ça se fête. Mais pas tout de suite, pas tout de suite =)
Et comme ça va en fait faire plus d'un mois que c'était l'anniversaire de ce blog (ben oui, c'était le 25 mai), et que je peux ENFIN refaire des MAJ dessus, j'ai envie de dire:"...", et ce dans un élan de fierté, de joie et de bonne humeur. Bon et pour m'excuser de pas avoir posté pendant plus d'un mois, voici les trois quatre textes écrits pendant ce temps.
PS: non non, vous ne rêvez pas, chez Strip Generator, ils ont changé leur système. Maintenant on a droit à un joli "title" avant le titre, des fois qu'on s'en doute pas.
______________________________________________________________
Documentaire animalier névrotique.
Aujourd’hui mes poussinous, je vais vous
parler d’un animal trop peu connu, et
pour cause: personne n’en parle, pas même
les écologiste; nada, niet, rien! Ce qui
le rend d’autant plus intéressant, c’est
sa vie qui est de très courte durée. En
effet, la durée de vie moyenne de cet
animal est actuellement estimée aux
alentours de trente secondes. C’est peu,
très peu, mais alors vraiment très peu
(pour ceux qui ne le sauraient pas, “peu”
est le contraire de “beaucoup”. C’est
aussi le bruit que peuvent faire
certaines larves humanoïdes pour faire le
bruit du pistolet avec leurs doigts).
Bref, laissez moi maintenant, j’ai
dit:”LAISSEZ MOI MAINTENANT!” et
j’ajouterais:”BANDE DE NÉVROSÉS!”, que je
puisse vous présenter, -Jean-Charles vous
allez vous prendre un coup de tatane
attention-, vous présenter, donc, le
Bonhomme Ketchup -bon Jean-Charles, vous
l’aurez voulu: qu’on m’apporte des petits
cailloux.
Pour commencer, l’apparence du Bonhomme
Ketchup est très limitée: deux yeux, une
bouche, et parfois un ersatz de nez.
Notons qu’à ce jour, personne n’a encore
vu le Bonhomme Ketchup se servir de sa
bouche. Eh oui, malgré des études
poussées, puis tirées, puis repoussées,
et retirées de l’actualité, on ne
démontre dans le monde qu’un seul et
unique cas de Bonhomme Ketchup ayant
utilisée sa bouche. Ce Bonhomme Ketchup,
c’est Eude.
Eude étais un bonhomme ketchup constitué
comme la plupart de ses congénères. En
apparence tout du moins. Car, depuis
qu’il baignait impersonnellement et de
façon moléculaire en commun avec sa
fratrie dans la Grande Bouteille Mère,
Eude cachait un terrible secret. Ce
terrible secret, vous l’aurez deviné à
moins d’être aussi névrosé que
Jean-Charles qui ne veut toujours pas me
laisser, était le don de la parole. La
bouche de Eude était donc utile!
Il n’en avait jamais parlé à ses frères:
-D’une part parce que tout ce qu’il
aurait pu dire se serait résumé à
“Flllehhhh...”
-D’autre part parce qu’une particule de
ketchup, ça n’a pas d’oreilles donc ça
n’entend rien.
Malgré tout, Eude passa une enfance de
parfait condiment. Jusqu’au jour où,
fatalement, brusquement, il se retrouva
propulsé sans aucune classe sur un plat
de spaghettis. Tout se passa un soir
d’été à la carbonara, ce qui n’a aucun
sens. Eude prit vaguement conscience de
son état unitaire et complet avant de
voir la lumière au bout du petit tunnel
-que l’on s’obstine à appeler
vulgairement “bouchon”. La lumière fut de
plus en plus intense, puis un sentiment
de chute libre se fit sentir. Ainsi que
la désagréable sensation d’être séparé
puis assemblé. Rapidement, Eude reprit
ses esprouts, cette faute d’orthographe
étant faite exprès dans le but vil et
sournois de faire rire. Poil aux poêles à
frire. Le petit bonhomme pas en mousse
mais ketchup ouvrit un oeil, puis deux.
Enfin, il sentit une chaleur sur son
visage, et cela le fit sourire. Eude
était chaleureux.
Eudes commença à prendre conscience de ce
qui l’entourait. Il décida de nommer le
plafond “plafond”, les bords de
l’assiette “bords de l’assiette”, et la
fourchette qui fonçait droit sur lui
“HAAAAAAAAAA!!!!”. Que de naïveté: c’en
était presque beau.
Eudes, que son puissant cri avait
lui-même surpris, fut compris par la
personne qui allait le manger comme un
long et puissant “FHHHHHH!”. Tout alla
très vite: tandis que la fourchette fonça
droit sur lui, Eude esquiva en se
renversant de l’assiette et infligea une
frustration sans précédent à son
prédateur. Puis, venant de faire son
premier pas vers la liberté, Eude
s’aperçut qu’il venait aussi de faire le
dernier, car il n’avait pas de jambes.
Eudes finit donc au composte, dans lequel
il finit paisiblement ses jours à
chantonner paisiblement “Flllhhh, flll
fhhh hhlll”, qui est un chant
particulièrement apprécié chez les
bonhommes ketchup.
________________________________
Plainte
contre X.
Quand
on porte plainte contre X, généralement
il n’y a pas de suite. C’est facile; on
va au commissariat, et on dit:”je
voudrais porter plainte contre X.”. C’est
facile et petit. Hooou oui que c’est
petit, de porter plainte contre X. C’est
lâche parce qu’au final, quand on porte
plainte contre X, on porte plainte contre
un anonyme, contre du vide, contre rien.
Mais imaginez un peu que l’inverse soit
possible. Imaginez un instant que X
puisse porter plainte contre vous. J’en
connais un à qui c’est arrivé. Ce brave
monsieur, c’est Christian Druchon.
Christian Druchon, avant cette
mésaventure, était un homme comme les
autres, qui vivait très simplement dans
son modeste chez-soi. Tous les matins, au
réveil, Christian Druchon prenait un bon
petit-déjeuné avant d’aller au travail.
Le soir il rentrait en métro dans son
humble demeure et n’emmerdait personne,
sauf peut-être le jeunot du dessous avec
sa musique de sauvage. Mais on pouvait le
comprendre, et de toutes façons il
n’avait qu’à pas être jeune. Bref,
toujours est il que Christian menait une
vie parfaitement normale jusqu’à ce jour
fatidique.
Christian s’était réveillé un peu tard,
mais on ne pouvait pas lui en vouloir:
c’était un dimanche et les dimanches,
Christian se réveillait toujours un peu
tard. Il prenait son petit déjeuné
lorsque, soudain, un coup de téléphone
retentit. Prit de panique, Christian se
jeta à terre. Puis il se rendit compte
que c’était stupide et alla décrocher. À
sa grande surprise, ce fut la voix du
commissaire Michot qu’il entendit
-Allo monsieur Druchon? Pourriez-vous
venir au commissariat de suite s’il vous
plaît?
-Bien sûr, mais de quoi s’agit-il? Et
pourquoi moi? Quand dois-je venir? C’est
quoi encore que cette histoire de
commissariat de “suites”? Ca veut dire
qu’il y a un commissariat de début, et
donc un commissariat de fin? Hein?
Pourquoi je ne commence pas par le
commissariat de début? Qui me veut du
mal? Où se situe la zone 51? Quand est-ce
qu’on mange?
-Allons monsieur Druchon, fermez
gentiment la chose qui vous permet
d’expulser sous forme à peu près verbale
vos espèces de paroles, levez votre
derrière et venez au commissariat de
suite.
-J’arrive.
En moins de temps qu’il n’en faut pour le
faire, Christian enfourcha sa mobylette
et parti en pétaradant vers le
commissariat. La route ne fut cependant
pas des plus agréables: il creva sur un
passage clouté, dut s’excuser après avoir
roulé sur un dos d’âne et s’être fait
traité de “monstre, vous n’avez pas
honte?” -ce à quoi Christian répondit un
élégant “non”-, et finalement s’était
arrêté pour réparer un feu rouge qu’il
avait grillé. Enfin, il était arrivé au
commissariat. Il garait tranquillement
son engin lorsque, criant “GARE!”, des
policiers étaient sortis du bâtiment et
l’avaient emmené en salle
d’interrogatoire, toujours en criant
“GAAAARE!”. Une fois installé, il apprit
qu’on portait plainte contre lui.
-Mais qui donc?
-C’est X mon gaillard.
-X...Mon Dieu...Je...
-”Devoir
du 12 mai 1940”
ça te dit quelque chose?
-Je...Pas du tout non...
-Vraiment? Pourtant on a ici quelqu’un
qui prétend le contraire. Faites entrer
la victime.
Doucement, lentement, la porte grinça, et
on fit entrer X. Christian ne le voyait
pas, et c’était bien normal car, comme
son nom l’indiquait, X était inconnu.
-C’est lui, déclara lentement l’inconnu.
-Vous en êtes sûr?
-Absolument certain.
Christian commençait à se sentir mal. Il
avait chaud, et il sentait bien que la
tension montait dans l’air. Aussi
faillit-il sursauter lorsque le
commissaire posa un lourd dossier sur la
table. À vue de nez, on eu dit qu’il
faisait environs 234,56 pages, avec une
marge d’erreur de 2 feuilles et 7 mots.
C’est d’ailleurs la premier chose que
remarqua Christian. Il remarqua aussi le
titre du dossier :Ӄquation du 12 mai
1940”. Aussitôt, il se mit à frissonner.
-Ce dossier vous concerne monsieur
Druchon. Si la mémoire ne vous revient
pas, peut-être voulez-vous que je vous
lise
un bout du
dossier?
-Je...Non arrêtez...
-Je cite:”12 mai 1940. Demain est le
grand jour. Je vais rendre ce devoir à ma
prof de maths. J’espère voir sa tête
quand elle lira la valeur de X. Ou plutôt
devrais-je dire sa
non-valeur.”.
Toujours rien? Tiens, et si je lisais ce
passage, celui qui parle de l’heure de
colle. Ou bien j’ai aussi les feuilles de
calculs si vous préférez!
-Noooon! PAS LES FEUILLES DE CALCULS! Par
pitié arrêtez, j’avoue... J’avoue tout...
C’est moi qui ai assigné une mauvaise
valeur à X lors de cette équation...
-Haha, votre compte est bon. Vous allez
en passer du temps en heure de colle,
jusqu’à ce que justice soit réparée.
-Snif... Mais comment m’avez vous
retrouvé? (il s’adressait à X).
-C’est très simple, il n’y a pas
longtemps la police des valeurs a vu le
saboteur du train asymptotique des
Trigos... Le même train où je me trouvais
ce même jour, en direction de l’extremum.
Vous avez cru vous en tirer à bon compte
en déréglant l’aiguillage des rails
d’égalité. Seulement, j’ai réussi à m’en
sortir.
Le commissaire, un peu largué, on se
devait de le dire, demanda alors pourquoi
faire une telle chose.
-Ho c’est tout simple. Depuis la nuit des
temps, on utilise les enfants pour nous
permettre de séjourner dans votre plan
dimensionnel. Grâce à eux, on obtient des
valeurs, des “passeports”. Sauf qu’on ne
dit rien aux enfants. D’ailleurs, seul un
groupe très fermé de matheux connaît la
vérité. Mais il a fallut que Christian
Druchon fouine nos affaires dans son nez:
ce qui non seulement était très
désagréable, mais qui en plus de cela ne
nous arrangeait pas. Depuis tout ce
temps, il vit avec ce lourd secret.
-Mais cela signifie donc qu’il s’agit
d’un complot pour réduire en esclavage
des tas d’enfants!
-Hahahaha, et oui commissaire. Mais
maintenant il est trop tard, Druchon va
purger sa peine en m’assignant une
valeur! Hahahahahahaaa!
-Enfoirés! Vous rendez-vous compte que
vous avez privé des générations entières
d’enfants de plaisir?
C’est alors que, dans un élan de courage,
Christian résolu l’équation à sa manière.
-Ba, de toutes manières, X ne vaut rien.
Même pas zéro, non: il ne vaut juste
rien. Et encore c’est déjà trop.
Alors, dans un pathétique sifflement de
baudruche qu’on dégonfle, X mourut.
-Bon Dieu, vous nous avez sauvé Druchon!
-Vous savez, je n’ai fait que mon devoir,
dit modestement le brave homme.
Quelques jours plus tard, Druchon
recevait l’insigne du “tu le mérites bien
mais tu peux mieux faire” et se voyait
décoré de la médaille de “fournit le
minimum du minimum” ainsi que d’un 20/20,
ce qui n’est tout de même pas rien. Ben
non, vu que rien, c’est un peu plus que
X. D’où rien ≥ X, et moi je vais prendre
mes cachets.
En bonus, une photo du sabotage des
rails:
-avant: =
-après: ≠
__________________________
Les
limites tendent vers 0
Aujourd’hui,
cours animalo-mathématique sur les
limites, et plus précisément les limites
en x. La limite en x, donc, pour peu
qu’elle tende vers quelque chose, est un
animal bien à part dans la chaîne
alimentaire. Animal ignoré dont le
comportement reste encore un mystère pour
une majorité de personnes. Heureusement,
il m’a été donné l’occasion de pouvoir
récemment étudier le comportement d’une
limite en x. C’était en cours de
mathématiques, alors que les extremum
paissaient tranquillement au bout d’une
fonction. Pendant que x tendait
tranquillement vers +∞, toute la classe
put observer, lentement, la limite de x
tendre vers 0. Voyant cela, x feintait et
se mettait à tendre vers -∞. Comportement
on ne peut plus étonnant, la limite ne
cillait pas et continuait à tendre vers
0.
Outré que l’on puisse lui faire un tel
affront, x se mit soudainement à tendre
lui aussi vers 0, avec une rapidité
surprenante. Ce qui devait se passer se
passa: la limite se retrouva tout de
suite vers +∞. Profitant de l’occasion, x
feinta alors qu’il allait atteindre 0 et
repartit en -∞. Toute chamboulée, la
limite tenta d’adopter un comportement
asymptotique: grave erreur, car x se mit
à tendre vers ∞, c’est-à-dire dans les
deux sens. C’est à ce moment là que la
limite de x eut un comportement, et pas
des moindres, puisqu’elle se mit à fuir
le 0 où elle aurait normalement dut se
trouver en prenant la dérivée -une route
que l’on réservait uniquement dans
certains cas, notamment celui des travaux
sur la fonction principale. Oui, mais
c’était sans compter sur le fait que x
connaissait très bien le chemin. Et ce
fut en un rien de temps que la limite de
x fut rattrapée, et remise dans le droit
chemin, non mais. Au comble du désespoir,
notre pauvre limite se résigna à se
retrouver là où x tendait. C’est alors
que soudain, sans crier gare, comme ça,
hop, pour la déconne, x se retrouva sur
0. Et comme x/0, il n’en était vraiment
pas question, la limite ne fut plus
obligée de tendre vers +∞. Et c’est ainsi
que, x se retrouvant coincé dans une
impossibilité mathématique -et c’était
quand même bien fait pour sa tronche-,
notre adorable petite limite put se
retrouver vers 0, où elle finit
paisiblement ses jours à brouter de la
racine de carré.
La prochaine fois, nous verrons comment
éduquer un diagramme en boîte à moustache
mais d’abord moi je vais prendre mes
pilules.
__________________________
Mr.
Répondeur.
Aujourd’hui,
mes membranes cellulosiques cytoaminées
que j’aime, je vous propose de nous
intéresser à la vie d’une journée de Mr.
Répondeur. Poil au beurre. Mr. Répondeur
est, contrairement à la croyance
populaire, qui tend vers l’hypothèse
d’une simple machine, un petit bonhomme.
Et ce petit bonhomme fait partie de la
famille des huclains. Et non, il n’est
pas en mousse. Les huclains, donc, sont
ceux grâce à qui tout fonctionne chez
nous. Eh oui: quand vous appuyez sur un
interrupteur, ce sont les huclains qui
courent pour transporter le courant
jusqu’à l’ampoule; ce sont les huclains
qui s’y mettent à plusieurs pour faire
tourner les lames de votre mixeur. On en
trouve de toutes sortes, et les plus
connus sont sans doutes les bonhommes WC,
sans qui pisser deviendrait un beau
bordel. Bref, Mr. Répondeur est un
huclain: malheureusement pour la personne
qui l’héberge, il se fait vieux et
devient légèrement irascible. Il arrive
donc que, de temps en temps, ce brave
huclain pète une durite. C’est ce qui se
passa d’ailleurs il y a quelques jours,
lors d’une journée particulièrement
chargée en appels urgents (tels que la
vente par correspondance du service d’eau
Véolia) et d’autres broutilles.
3h15 du matin:”[...] merci de laisser un
message après le bip sonore.” -BIP-.
Bonjours, pourrais-je parler à monsieur
Grouchon s’il vous plaît? C’est au sujet
d’une offre concernant l’eau... -BIP
BIP-.
3h30 du matin:”[...] laisser un message
après le bip sonore.” -BIP-. Bonjours,
c’est Julie. Écoute Patrick, il faut
qu’on parle. -BIP BIP-.
3h35 du matin:”[...] Répondeur...
Patrick... Message... Bip...” -BIP-.
Bonjours, j’aurais vraiment voulu parler
à Mr. Grouchon à propos de cette histoire
d’offre. Et je tenais vraiment à le faire
à 3h35 du matin. -BIP BIP-.
Jusqu’à 4h00 du matin, Mr. Répondeur
récita inlassablement sa longue tirade,
espérant que ces andouilles auraient
assez de bon sens pour ne plus chercher à
joindre quelqu’un en pleine nuit. Et pour
s’assurer que plus personne n’appellerait
avant une heure convenable, il brancha
l’intonalité. Pour ceux qui se le
demandent, voici la définition de
l’intonalité:
Intonalité.
nf:
Bruit caractéristique du silence qu’on
entend ou qu’on entend pas la plupart du
temps au téléphone.
Mr. Répondeur donc, avait branché
l’intonalité et put se reposer ainsi
jusqu’à 8h00. Ce ne fut que lorsque la
tonalité revint qu’il en eu vraiment
marre.
À 8h00, après que Mr. Répondeur eut
éteint l’intonalité, une espèce de
vibration se fit sentir dans l’air, et
enfin surgit, sans crier gare -parce que
ça aurait été stupide-, la loi des
probabilités, qui lui dit:” La
probabilité que les appels affluent au
même moment que vous désactiviez
l’intonalité est vraie.”. On put donc se
demander si éventuellement tous ces gens
ne se liguaient pas contre ce fameux
Patrick. Mr. Répondeur n’eut
malheureusement pas le plaisir d’élucider
ce mystère car les appels commencèrent à
affluer. Ainsi Mr. Répondeur, et on le
comprenait, aurait préféré -comme on dit
entre poètes- jouer de la balalaïka le
cul sur un cousin de ronces plutôt que de
supporter encore longtemps les demeurés
profonds qui s’acharnaient sur leur
combiné.
Au début, ce fut un démarcheur pour une
entreprise d’espace qui l’appela.
-Oui allô?
-Oui, bonjours, je représente la société
Espaces&Confins, et j’appelle au
sujet d’une offre que nous proposons
actuellement.
-Hohoho, mais, mon cher monsieur, vous
savez quoi?
-Non, mais je suppose que vous allez me
le dire!
-Et bien non tient, je vais vous laisser
en suspens. Au revoir monsieur!
Trois secondes plus tard, le démarcheur
revenait à la charge.
-Bonjours, monsieur Grouchon?
-Lui-même.
-Je représente la société
Espaces&Confins. Nous vendons de
l’espace et actuellement, vous pouvez
bénéficier d’une offre exceptionnelle:
trois espaces achetés, deux confins sont
offerts.
-Mon très cher monsieur, vos confins,
vous pouvez vous les carrer aussi profond
que vous le pourrez, si tant est que vous
arriviez à vous insérer quelque chose qui
n’existe que tant qu’on n’y est pas.
Excellente journée.
Quelques minutes après cet échange d’une
rare finesse, le téléphone re-sonnait.
-Oui allô?
-...
-Aaaaallô?
-...
-Je vois...
Mr. Répondeur prit alors une grande
inspiration, et c’est désormais en plein
combat de silence que nous retrouvons
notre brave huclain.
C’est Mr. Répondeur qui attaque le
premier, en ne disant absolument rien.
Face à un rien aussi absolu, l’assaillant
ne peut que parer par une absence de
paroles. Puis il esquive le mutisme de
Mr. Répondeur et lui lance une corde sur
la langue. Ce dernier, qui l’a maintenant
bien pendue, la coupe juste à temps, ce
qui déstabilise son adversaire qui laisse
s’échapper un léger soufflement. Grave
erreur; Mr. Répondeur saisi aussitôt
l’occasion pour l’enchaîner avec un
silence profond. Étourdi par toute cette
absence de bruit, l’assaillant essaye de
prendre la fuite. En effet, le choc de
tout ce silence a crée une friture dans
la ligne téléphonique. Mais l’huclain ne
se laisse pas faire: il est bien décidé à
apprendre à ce trou du cul qu’on
n’appelle pas impunément les gens,
surtout si c’est pour ne rien leur dire,
et encore plus si c’est pour ne rien leur
dire un dimanche matin. Avant que son
adversaire ait eu le temps d’atteindre sa
sortie de secours, Mr. Répondeur a
colmaté cette denière. L’assaillant est
coincé. Il a beau chercher partout, il ne
voit aucune issue. Sa respiration
s’accélère, il sent qu’il a perdu le
contrôle de la situation. Alors, dans un
ultime sursaut d’espoir, il hurle, tout
en espérant que ça ne se remarquera pas.
Mr. Répondeur l’achève en raccrochant. Le
combat a duré une bonne heure, et
l’huclain est à bout de souffle,
ruisselant de sueur. Soudain, alors que
tout semble redevenir normal, un bruit se
fait entendre (ce qui est plutôt
logique). Puis le même bruit se répète et
se fait voir, ce qui cette fois-ci est un
peu plus difficile à comprendre.
Mr. Répondeur regarda par le petit cadran
du voyant rouge des nouveaux messages,
et, étant positionné face à la fenêtre,
aperçu deux lignes de tension en train de
pendre pitoyablement. Plus intrigué
qu’autre chose, Mr. Répondeur prit le
chemin desdites lignes...
À suivre au téléphone, et sans
pendouiller!
Jacques était content. Bernard Joulon
venait tout juste de le déposer sur son
lieu de travail, et déjà il s’adonnait à
une bonne partie de DDE. Pour le moment,
lui et son équipe avaient réussi à faire
craquer environs vingt-six personnes. Il
y avait au moins:
-Quinze ronchonneurs.
-Cinq personnes qui les avaient injurié,
dont deux leur avait balancé des petits
cailloux, et ce dans une ridicule
tentative de les intimider.
-Trois
autres personnes avaient brusquement
tourné et, dans un excès d’angoisse,
s’étaient jetés en hurlant du haut d’un
pont. Les embouteillages ainsi causés
avaient entraînés une autre partie de DDE
tellement ardue que les chars d’assaut
avaient été autorisés.
-Pour finir, les
trois personnes restantes s’étaient
défenestrées de leur voitures avant de
s’enfuir en hurlant que jamais, non
jamais ils n’avaient vu d’aussi grands
malades que la DDE.
Jacques pouvait être
très fier de lui. Mais bon, maintenant
que la partie était finie, il devait se
remettre au travail -bien que cette
notion soit très différente chez eux que
chez nous. En effet, il devait s’assurer
que les lignes hautes tensions pour
lesquelles ils étaient venus étaient
assez hautes pour ne pas risquer
d’accident. La logique étant ce qu’elle
est, et celle de la DDE n’étant pas la
même, l’équipe d’ouvriers avait dut
détacher les lignes pour mieux les
observer. Ils en avaient conclu, après
une première observation, que les gants
en caoutchouc n’étaient pas là pour
décorer. Puis après une deuxième
observation que “non, vraiment, ils ne
sont pas là pour décorer: et si on les
mettait?”. Au moment de remettre les
lignes à leur place, un petit bonhomme
était sortit de l’une d’entre elles et
avait interpellé Jacques. C’est là que
nous assistons au choc des cultures de
deux entités inter-dimensionnelles, Dieu
que c’est beau. Faisons preuve de sagesse
devant tant de poésie, et surtout vous:
fermez là.
-Hey toi l’espèce de grande
gigue, je peux savoir ce que tu fout à me
tripoter la ligne à haute tension?
-Et
bien je... Enfin, je fais mon boulot vous
savez.
-C’est ça! En attendant le
téléphone il marche plus, et moi je peux
plus prendre les messages!
-Je suis
désolé, vraiment... Mais qui êtes vous
petit bonhomme?
-Ha oui, c’est vrai...
Mr. Répondeur venait tout juste de
réaliser que non, Jacques ne pouvait pas
connaître l’existence des huclains. Après
lui avoir expliqué qui il était, d’où il
venait et pourquoi il en venait, Mr.
Répondeur failli sombrer dans un profond
désespoir lorsque, finissant pour la
troisième fois ses explications, Jacques
ne trouva rien d’autre à faire que
d’enduire de concombre un plot de
signalétique. En réalité, Jacques
méditait: l’huclain venait de lui dire
qu’il fallait à tout prix remettre la
ligne haute tension comme elle était,
seulement il fallait pour cela des
attaches qu’il pensait avoir. Or il n’en
avait pas, et ces attaches étaient rares
et ne se trouvaient que dans un seul
endroit au monde: Nulle-Part. Eh oui,
cette espèce de ville située
approximativement à côté de Là était la
seule qui fournissait ce matériel. “En
fait, c’est logique” se dit Jacques,
“Nulle-Part est le carrefour
inter-dimensionnel de toutes les entités
existantes.”. En effet, Nulle-Part était
la seule ville dans tout l’univers d’où
provenaient de nombreux objets. C’était
entre autre là-bas qu’était né le stylo
Bic, suite à l’entreprise florissante de
Mr. Bic, un ambitieux huclain qui, à
force de persévérance, avait réussi dans
la vie. Voyant que Jacques avait fini
d’enduire son plot de concombre, Mr.
Répondeur prit la parole.
-Bon alors,
comment vous comptez me réparer tout ça
maintenant?
-Je suis désolé monsieur,
seulement il nous faut des attaches
spéciales. Or ces attaches, on ne les
trouve guère qu’à Nulle-Part.
-Comment?
Il n’y a pas d’autre endroit?
-Hélas
non... Et pour trouver Nulle-Part, bon
courage.
-Bon et bien nous n’avons plus
qu’à chercher. Vous voulez bien m’aider?
-Ho bien sûr, je n’ai jamais refusé mon
aide à plus petit que moi.
Sur ces mots,
Jacques et Mr. Répondeur se mirent en
quête de Nulle-Part...
À
seuhühivreu.
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La DDE III
La DDE III
Cela faisait cinq bonnes minutes que
Jacques et le conducteur cherchaient en
vain un moyen de s’échapper. Le délégué
syndical était revenu, avec cette fois
des allocutions présidentielles des vingt
dernières années. Ce fut tout d’abord
Jacques qui subit l’interrogatoire. Au
bout de trois minutes d’allocution
présidentielle, il avait supplié son
tortionnaire d’arrêter de lui infliger ce
flot vomitif de conneries démentielles
puis avait fini par avouer. On ne savait
pas quoi, mais il avait avoué. C’était le
principal. Puis ce fut au tour du
conducteur, qui hurla pendant trois
heures que l’on cesse de lui faire subir
ainsi de tels traitement. Et lorsqu’enfin
l’interrogatoire commença, il s’évanouit.
Quand il s’était réveillé, Jacques avait
placé deux triangles de signalisation
près de son corps afin de perturber une
éventuelle circulation. Décidément,
Jacques était un très bon agent de la
DDE. Et tous deux cherchaient désormais
une issue pour sortir.
Vers midi moins une, on vint les
chercher. Jacques et le conducteur
s’attendaient à une visite de ce genre,
c’est pourquoi ils s’étaient cachés
derrière leurs mains, au milieu de la
grange. Très rapidement, ils s’aperçurent
que cette technique ne fonctionnait pas,
surtout après que le conducteur, dans un
élan de panique, ouvre les mains et crie:
”COUCOU!”. Ils allaient être emmenés
lorsque soudain, un avion sorti tout
droit de Nulle-Part, une espèce de ville
approximativement située vers Là -une
métropole voisine-, un avion sorti tout
droit de Nulle-Part donc, fonça droit sur
eux. La panique fut immédiate: paysans et
agriculteurs couraient dans tous les
sens, cherchant un moyen d’atteindre
l’avion qui les attaquait. Le quatrième
régiment des Tracteurs Adhésifs chargea,
l’infanterie des Fourches à Bouts Ronds
donna l’assaut, et la division du Foin
Grenu construisit des barricades.
C’est ainsi que s’ensuivit un dialogue
d’une pure intensité.
-Bonjours, moi c’est Jacques.
-Bonjours, moi c’est le conducteur.
-Vous n’avez pas de prénom?
-Si mais l’auteur en a marre de toujours
le changer et il ne veut pas m’en
attribuer un fixe.
-Ho je vois. Beau temps pour la saison
non?
-Non.
-Effectivement.
Après ce flot interminable de paroles,
Jacques et le conducteur s’aperçurent
qu’ils en avaient foutu partout. Les
paysans et les agriculteurs baignaient à
présent mollement dans une boue de
conversation plate et sans saveur.
L’aviateur sortit alors de l’avion. Il
était approximatif, et l’on n’aurait
mieux su le décrire. Il marcha dans leur
direction et les salua d’un geste de la
main.
-Mais d’où sortez vous donc! demanda
aimablement Jacques.
-C’est vrai, je n’ai jamais vu quelqu’un
d’aussi approximatif par ici, renchérit
le conducteur.
L’aviateur retira son casque et ses
lunettes, puis leur serra la main en leur
expliquant:
-Je suis Bernard Joulon. Je ne sais pas
comment j’ai fait pour atterrir ici à
vrai dire.
Jacques et le conducteur se regardèrent
d’un air ahuri. Ils n’en croyaient pas
leurs oreilles: cette personne tellement
approximative qu’elle ressemblait plus à
du vague qu’autre chose parlait. Voyant
les deux faces de miches que faisaient
Jacques et le conducteur, Bernard pris
son courage à deux mains et le leur
balança sur la tronche pour avoir leur
attention. Après quoi, il leur expliqua
comment il était arrivé ici. Au début, il
voyageait tranquillement dans son
histoire quand il avait fait la rencontre
du Petit Prince avec qui il avait fait
connaissance pendant plusieurs heures.
-...Et donc, après avoir fourré dans son
cul empreint de noblesse -et désormais
d’irritations- les fonctions, je
repartais pour de nouvelles aventures en
songeant délicieusement à la manière dont
cet enquiquineur devait marcher. Lorsque
soudain, j’aperçut une déviation de la
DDE. Je contournais donc l’endroit et me
retrouvait tout droit sorti de
Nulle-Part, alors que je n’y était pas
entré. Lorsque je vous ai vu, j’ai
atterri pour poser quelques questions.
-Je pense que vous pouvez les poser ici,
ça ne gênera personne, lui dit Jacques.
Bernard retira quelques questions de sa
poche, les posa près d’un rocher et tout
trois repartirent.
-Je vous dépose quelque part?
-Plus loin sur la route que vous voyez,
j’ai des travaux à finir. Vous serez
gentil.
-Et vous monsieur?
-Un peu plus loin il y a l’usine dans
laquelle je travaille, je vous
indiquerais l’endroit.
-Très bien, alors c’est parti.
Et ainsi, nos trois amis s’envolèrent
vers l’horizon noirci de pollution de la
civilisation.
Peut-être qu'il y aura une suite,
peut-être pas.
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La DDE II
Pour faire un petit résumé de ce qui m'arrive: peur de l'avenir, de l'orientation, de l'abandon, de l'isolement, et nostalgie du passé. Pour le moment je vais déjà essayer de régler le problème de l'orientation, le reste je verrais en temps volu, j'ai fait une faute c'est exprès. Bref, après les vacances de Pâques que j'ai passé en dépression -c'était pas la joie-, je me suis remis à écrire, et voici le deuxième chapitre de la DDE.
La DDE II
Jacques travaillait à la DDE depuis
trente ans. Il était tracto-piqueur
municipal et, en trente années de
service, Jacques avait toujours été un
ouvrier qualifié. Ses talents étaient
nombreux et utiles. Il savait entre
autres lacer ses chaussures et compter
deux en deux, enduire de concombre un
marteau-piqueur et se coiffer avec un
plot de signalétique. Mais ce que Jacques
préférait faire, c’était mettre des
panneaux et des banderoles partout pour
gêner les gens. Oui, Jacques était un peu
foufou dans sa tête; et dans le lobe
droit de son oreille gauche aussi.
Aujourd’hui pourtant, un incident allait
bouleverser la vie de Jacques. Cela
faisait déjà trois heures qu’il était en
pleine partie de DDE, lorsqu’un
conducteur était arrivé. Jacques n’y
avait tout d’abord pas prêté une grande
attention. Soudain, la voiture avait
accéléré en marche arrière: Jacques
n’avait tellement pas bougé que le bolide
ne l’avait pas touché d’un poil. Encore
sous le choc, notre brave ouvrier se
remettait à peine de ses émotions qu’il
couru pour rattraper la voiture qui
s’éloignait de plus en plus. Et c’est sur
la route nationale de Berlu-les-Oisillons
que nous observons maintenant une
course-poursuite incroyable.
Jacques est après lui depuis maintenant
une demi-heure. En bon agent de la DDE
qu’il est, il en profite pour poser des
plots et des banderoles un peu partout,
histoire d’emmerder son monde. Soudain,
le conducteur tourne à droite pour
feinter Jacques, qui ne se laisse pas
faire: au lieu de cela, il saute dans
l’espoir d’atterrir sur la voiture. Il
rate. Bon, tant pis; il continue quand
même de pourchasser son agresseur, qui
roule désormais dans les champs
environnant. C’est une magnifique
course-poursuite parmi les navets, les
tournesols et les agriculteurs, ces
derniers se mettant eux aussi à
pourchasser les deux couillons qui
massacrent leur gagne-pain. Bien entendu,
Jacques n’est pas homme à abandonner:
alors que le conducteur se cache derrière
un tournesol, il se camoufle sous un plot
pour tromper l’ennemi. Ce que Jacques a
apparemment oublié, c’est qu’un plot de
signalétique en plein milieu d’un champ
de tournesols, c’est stupide comme idée.
Évidemment, ce qui doit se produire ne se
produit pas, comme ça vous savez pas ce
qui doit se produire et vous l’avez
profond. Dans le nez. En revanche,
pendant que l’auteur tape cette phrase,
les agriculteurs et les paysans capturent
Jacques et le conducteur.
Cela faisait presque cinq minutes que nos
deux hommes étaient retenus prisonniers
par des danseuses à tutu -nan je déconne
c’était juste pour pas dire “leurs
ravisseurs” et faire un pléonasme- quand
un délégué syndical du Comité des Paysans
à Pompon et des Agriculteurs au Beurre
était venu les interroger puis les
interrobert. Il avait commencé par
Jacques qui, hurlant dans son plot parce
que “c’est rigolo ça fait du bruit”,
mettait à rude épreuve la patience du
délégué. L’ouvrier s’était finalement
pris trois mandales et avait arrêté de
faire le gogol. Son tortionnaire était
reparti avant d’avoir interrogé le
conducteur et après avoir introduit dans
la région post-dorsale de Jacques son
plot, avec lequel il s’était remit à
jouer.
À suivre en
rouge.
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La DDE I
La DDE.
Bernard commençait la journée comme n’importe quelle journée. Comme n’importe quelle journée, il prenait un petit déjeuné comme n’importe quel petit déjeuné. Pendant qu’il mangeait mollement son pain grillé, le soleil brillait et les oiseaux chantaient. Pourtant, malgré le piapia incessant des piapiafs et la chaleur matinale, Bertrand -qui soudain ne s’appelait plus Bernard- était morose. Et ce pour deux raisons:
-Il allait bientôt devoir emprunter une route dangereuse.
-Il aimait bien “Bernard” comme prénom.
Mais voilà, il s’appelait désormais Yacinthe. Au comble du désespoir, Jean-Claude se préparait donc à prendre la route. Il s’habilla avec un costume pingouin, mit ses chaussures, sortit de chez lui et sauta dans sa voiture. Étant doté d’une capacité de réflexion ahurissante, Jean-Eude fut surpris de constater que “sauter dans sa voiture” ne signifiait pas “plonger comme un gogol la tête la première contre le double vitrage de sa Twingo”. Cinq minutes plus tard, notre brave Eusèbe était au volant de sa voiture, en route vers de nouvelles emmerdes. Après avoir passé une heure au volant de sa Twingo, Jean-Fenouille décida qu’il était temps de mettre le contact. C’est donc tout content que ce cher Basile partait en direction d’une route dangereuse. En effet, la route qu’il allait emprunter était en travaux. Ce qui signifiait que des gens s’occupaient de ces travaux. Et que ces gens étaient les gens de la DDE. “La DDE”, pensa Émilien-François. Oui, car Ferdinand pensait. Des fois. Et, comme chaque matin, Paul-Marie pensait à la DDE. La DDE étaient des gens d’une autre dimension. N’ayant pas la même conception du monde que nous, et donc que notre cher Fiacre, la DDE était constituée de personnes donc le concept même de “je gêne” leur échappait totalement. Cette entité inter-dimensionnelle était incrustée dans notre plan dimensionnel et s’amusait à faire des travaux là où il ne fallait pas. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’auteur ouvrit subitement une parenthèse ( afin de la refermer plus tard ) et décida d’expliquer en quoi consistait le jeu principal de la DDE.
Jeu de la DDE.
Pour jouer au jeu de la DDE, prenez:
-Une route bien fréquentée.
-Des tractopelles, des marteau-piqueurs,
des bulldozers, des grues, voire des
chars d’assaut.
-Des uniformes aux couleurs de la DDE.
-Une fissure.
Le but du jeu est, sur la route bien
fréquentée choisie, de faire le plus de
travaux encombrants et gênants possible.
L’utilisation d’engins tels que la grue
ou le char d’assaut reste strictement
réservée aux parties les plus élevées.
Plus les travaux sont inutiles et longs,
mieux c’est.
Exemple: la rénovation d’un rond point
pour cause d’argent à dépenser.
Voilà
vers quoi se dirigeait donc Odilon. Ce
qui devait arriver arriva: il ne tarda
pas à tomber sur une partie de DDE.
Georges s’arrêta donc, sortit de sa
voiture et alla s’enquérir du pourquoi
des travaux. La raison était toute simple
et paraissait logique: la route sur
laquelle se déroulaient les travaux était
peu fréquentée et n’avait pas besoin
d’être rénovée. Logique. Brugnon-Fernand,
que la DDE exaspérait au plus au point,
demanda poliment pourquoi la route était
en travaux, et donc barrée, alors qu’elle
n’avait pas besoin d’être rénovée. La
réponse fut tout aussi limpide qu’une
tranche de foie gras : Ha ben
y-z-’étaient arrivés c’matin, pis bon, ça
leur paraissait pas bien abîmé. À vrai
dire ils venaient de mettre du goudron
frai y avait trois jours. Mais bon, ils
ont quand même fait des travaux de
prévention. Parce qu’y sont un peu
concon. Comme ils avaient rien trouvé, il
a fallut qu’ils refassent la route. À
cause des travaux qu’avaient un poil
abîmé l’bitume. C’est tout simple.
Bruno-Dageain, que ça lui allait bien,
réagit comme tout homme sain d’esprit à
ces mots inter-dimensionneaux, oui on dit
comme ça je vous emmerde. Car il avait
prévu le coup. C’est donc calmement que
Tristan-Coït remonta dans sa voiture.
Doucement. En se jetant calmement la tête
la première comme un gentil gogol sur la
vivitre de sa papas méchante dudu toutout
Twingo. Avec assurance, il prit place au
volant. Puis il mit le contact en marche.
Clic. Hortense, qui avait toujours eu des
envies suicidaires depuis qu’il
connaissait la DDE, venait subitement de
changer de sexe. Ma phase contenait donc
une faute de français. Faisant gronder le
moteur, Mathurlute-Lapine décida donc
qu’il était temps de mettre fin à son
calvaire. Il fonça, car son nom était
désormais. Le moteur vrombissait, les
pneus crissaient et Hubert fonçait en
marche arrière. Concentré comme jamais,
bien décidé à les suicider, ce brave
Mathurin était au bord de l’hystérie -car
les envies suicidaires de Mathurin
s’appliquaient surtout aux autres.
Qu’allait-il se passer? Robert allait-il
réussir à suicider la DDE?
À suivre sur les roues de chapeau.
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Newton
Newton.
À ce jour, une découverte primordiale pour la science a été découverte. On doit cette noble découverte à Gontran Justin, chercheur de logique. L’humanité lui doit par exemple la logique du début marquant un commencement et réciproquement. Gontran Justin commençait donc sa journée, comme tous les jours, en commençant immanquablement par le début. Comme tous les jours, Gontran Justin ne manqua pas de noter cette remarque : « Ai commencé ma journée par le début. La logique se vérifie toujours ». Tout à fait logique car, en plus d’être chercheur du quatrième mot de cette phrase, Gontran Justin vérifie chaque jour si la logique se vérifie. On ne sait jamais. Bref, ce monsieur commençait donc sa journée par le début, et en profitait pour se lever. C’est à partir de là que tout commença à déraper. Gontran Justin ne savait pas qu’il allait faire une découverte monumentale. Pendant qu’il se servait un bol de céréales, Gontran notait la logique toujours vérifiée de ce petit matin… Mais non… Ce matin n’était pas comme les autres : c’était un PETIT matin. Gontran en fut pétrifié. La logique n’était ici pas vérifiée : alors que les autres jours avaient commencé par le début, un matin, celui-ci commençait un petit matin. Il fallait noter ceci : « La logique ne se vérifie plus. Ce matin est un petit matin. ». Décidément, que d’émotions ! Car si la logique, pourtant parfaitement établie depuis si longtemps, ne se vérifiait plus aujourd’hui, alors cela la rendait illogique, et l’illogique se vérifiait donc elle-même, ce qui la rendait logique !
Gontran avait besoin de confirmer ses soupçons. Et donc, afin de vérifier la logique, Gontran fit ce qu’il faisait d’habitude après avoir déjeuné : il s’installa devant son ordinateur. Malheureusement pour lui, notre pauvre Gontran n’était pas au bout de ses peines : les icones de son bureau semblaient avoir bougées d’un millimètre sur la gauche. Impensable. Pauvre Gontran, qu’allait-il faire ? Embarrassé par tant d’existentialisme, notre pauvre chercheur décida d’éteindre son ordinateur. Il ne pouvait l’utiliser, au risque de perturber la logique et de travailler sur un ordinateur dont les icônes avaient un millimètre de décalage sur la gauche. Cela n’avait aucune logique. Gontran nota donc ceci : « Ne peux plus utiliser l’ordinateur : les icônes ont bougés d’un millimètre sur la gauche. Que faire ? Pourquoi ? Où ? Quel est le sens de ma vie ? Pourquoi l’équation de deux fonctions affines est-elle nécessaire pour compléter mes notes par cette question ? », tout en posant ladite équation. Comme quoi Gontran était un tantinet secoué. Décidant de vérifier si la logique s’appliquait quand même au reste de la journée, Gontran sortit donc dehors. Il ne réussi qu’à sortir dedans. Puis, voulant rentrer à l’intérieur, il rentra dehors. Totalement désorienté, le pauvre homme continua quand même sa journée comme prévue. Logiquement, sa journée devait se poursuivre sans incident. Soudain, l’auteur en décida autrement! Bon sang! Quelle tuile pour notre pauvre Gontran! Grosse et rouge, lourde et encombrante. La tuile. Gontran, à la fois fasciné et terrorisé, nota ce qui ne suit pas, tant la logique ne nous atteint pas: « L’auteur est un enfoiré. ». Gontran avait néanmoins oublié un petit détail: tout ce qu’il faisait était la conséquence de la volonté d’une entité supérieur, entité qui par ailleurs décida, voyant ce qu’avait écrit Gontran, de lui coller une bonne paire de baffe, un pied au cul et au lit. Car, parmi les actions exercées sur un solide plus ou moins déformable, on notera l’action de ma main dans ta gueule et de mon pied au cul. Logique.
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Le Petit Prince
Le Petit Prince.
Survolant les plaines désertiques d’une contrée encore inconnue, Bernard Joulon profitait du paysage. Cela faisait déjà plus de quatre chapitres qu’il volait, et il avait déjà traversé un cinquième de l’histoire. Lorsque soudain, un bruit. En plus d’une phrase inutile. Poooootprrrottrprproootrpetrrr... C’est tout ce qu’eu le temps de dire Bernard avant de faire un atterrissage forcé en douceur sur le sable, et de tomber dans les pommes. Lorsqu’il se réveilla, Bernard se demanda tout d’abord deux choses:
L’une, où était-il?
L’autre, qu’est-ce que des pommes pouvaient bien foutre dans le désert?
Bien sûr, Bernard n’étant pas totalement stupide, il finit par se douter qu’il n’était pas au pôle nord. Après avoir retrouvé ses esprits, Bernard se mit alors au travail pour réparer son avion. Soudain, une petite voix lui vint aux oreilles. “Mais qu’est-ce que c’est?” se demanda-t-il. Il se retourna alors et vit un petit garçon, habillé bizarrement et qui lui parlait tout près des oreilles en chuchotant. Lui collant une mandale, Bernard lui demanda alors ce que cette délicate fleure de nave voulait. Il ne se doutait alors absolument pas qu’il avait affaire au Petit Prince!
-Je suis le Petit Prince”, dit bêtement ce dernier, s’imaginant que Bernard en serait ravi.
-Moi c’est Bernard, maintenant laisse moi travailler s’il te plaît, tu pourrais te couper avec l’un de mes outils sinon.”
-Définis moi une fonction.”
-Je te demande pardon?”
-Définis moi une fonction.”
Bernard se demanda alors pourquoi un petit garçon voulait qu’il lui définisse une fonction. Ayant déjà du retard sur son travail, Bernard lui dit:” Je ne peux pas, j’ai du travail, et en plus je n’ai ni papier ni crayon”.
-Ce n’est pas grave, j’ai du papier et un crayon.”
-Oula, tu avais prévu le coup on dirait.”
-Oui. Je parcours le désert à la recherche de personnes à emmerder.”
-Je dois te féliciter. Pour le moment c’est réussi. Bon donne moi ce papier, je vais te définir une fonction.”
Le Petit Prince lui donna alors du papier et un crayon, et observa Bernard définir une fonction.
-Tiens regarde. Je t’ai défini une fonction carré divisée par une fonction cubique.”
-Je ne l’aime pas.”
-Quoi?”
-Elle est trop grosse. J’en veux une qui soit mince.”
Bernard entreprit alors de dessiner plusieurs fonctions. Malheureusement, aucune ne convenait au Petit Prince. L’une était trop courbée, l’autre trop Julien. Au bout de trois heures de définitions, de fonction, Bernard lui dit:” Dis donc mon petit, je crois avoir fait tomber mon crayon par terre, tu ne voudrais pas te pencher pour le chercher s’il te plaît?”
-Mais ton crayon est dans ta main.”
-Non, il ne l’est pas.”
-Selon Ax+B/(1214^1j), si.”, déclara fièrement le Petit Prince.
-Oookaaaaaay.”
Bernard prit alors une profonde inspiration, et jeta le crayon très, très loin, avant d’ajouter:”Maintenant, il n’y est plus. va le chercher s’il te plaît”. Alors, pendant que l’autre truffe courait chercher son petit crayon, Bernard entrepris de rouler une par une les feuilles utilisées. Puis, après avoir fait un petit tas, il attendit que le Petit Prince revienne. Ce qui pris au moins trois bonnes heures, durant lesquelles Bernard put enfin réparer son avion. Le Petit Prince revint en soufflant, tenant victorieusement le crayon dans une main. Bernard lui demanda alors de regarder par terre si il n’y en avait pas un deuxième, ce qu’il fit. Profitant de l’occasion, Bernard mit en pratique les techniques ancestrales qu’il avait appris en Papayatogouanie du Pérou nordique afin de faire le vide dans sa tête. Il prit un par un les papiers, et les fourra délicatement mais fermement dans le cul de cet enquiquineur de Petit Prince. Puis il reprit l’avion, pensant aux fonctions désormais définies dans le fion du Petit Prince. Cette merveilleuse pensée le fit sourire tandis qu’il volait en direction d’un sublime soleil couchant.
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Les équations tombent du ciel
Les équation tombent du ciel.
Les équations tombent du ciel, c’est une certitude. Je le sais, j’ai un ami qui me l’a dit. Et ce n’est pas la moitié d’un con puisque c’est lui même qui m’a montré le phénomène. C’était très beau. Je m’en referais bien un petit coup d’ailleurs. Pour regarder les équations tomber du ciel, il faut tout d’abord son matériel d’observation, à savoir une feuille, blanche ou à carreaux. Ensuite, il est important de bien se placer dans un environnement propice. Pour ce dernier, il est préférable qu’il y ait un bureau, une table, une salle de classe: un endroit pour travailler. C’est dans ces endroits là qu’on trouve le plus d’équations. Personnellement, j’évite la douche ou la rue. Ces choses là sont assez farouches. Et il ne faudrait pas les effrayer pendant l’observation. Mais je divagues. Vagues. Alors revenons à nos moutons veux-je bien?
Le meilleur moment pour observer les équations tomber du ciel, c’est lorsque que tout est calme. Plus un bruit ne doit troubler l’atmosphère. Et alors, si vous êtes bien préparés, vous devriez assister au phénomène. Tout commence par un petit bruissement dans l’air, un frémissement, une subtilité phonique. On essaie alors de localiser la source de cette petite perturbation. C’est alors qu’on en voit une, puis deux, puis trois, et ainsi de suite, tombant sur la feuille blanche. Gracieusement, emportées par le vent, tombant dans un doux mouvement de feuille morte. Certaines battent parfois des ailes puis se laissent aller au gré de l’attraction. D’autre encore se tournoient autour et fusionnent pour donner des polynômes du troisième degré. Certaines changent et deviennent chimiques. C’est beau. Mais le plus beau, c’est de voir la parade amoureuse de ces doux animaux. L’autre fois, j’en voyais deux qui se tournaient autour. Pendant leur longue étreinte tourbillonnante, je pu entendre le mâle qui disait à sa promise, sur un ton suave:” Gisèle, mon Dieu, votre inconnue vous rend si mystérieuse.”
Et la petite fonction de répondre si gentiment:” Ho voyons Henri, grand fou. Ressaisissez vous donc, vos membres de l’égalité sont tout tremblants.” Que de belles paroles, que d’amour dans le verbe! Et que de membres dans les égalités! Haaa, et le timide Henri de répliquer.
-Je...Si j’osais Gisèle...Holala non, je n’y pense pas.” d’une voix tremblotante.
-Hihihi osez Henri!” l’encourageait la brave Gisèle, coquine comme tout.
-Accepteriez-vous de joindre votre inconnue à la mienne pour... Enfin... Les polynômes du deuxième degré vous disent quelques chose?”. Et voilà. Henri était lancé. Quel tombeur!
-Hooooo Henri! Ce... C’est une si charmante idée!”
-J’avais si peur que vous ne refusiez”
Alors, dans un ultime produit scalaire, les deux équations se composèrent pour donner naissance au petit Henri o Gisèle (qui se prononce Henri rond Gisèle) et qui est un beau prénom parmi les équations. C’est beau. C’est ce qu’on appelle le miracle de la vie.
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Du Petit Quotidien
Du Petit Quotidien.
Au petit quotidien, il y a des gestes simples. La télévision le dit, alors c'est vrai. Tenez, prenons un exemple. Mettons en scène la famille Dartygny Soignon. Il y aura le père, la mère, le fils et la fille. Les Dartygny Soignon sont en train de manger. Lorsque soudain, tombant comme un blâme, papa Dartygny Soignon veut jeter un emballage à la poubelle. Déjà, papa Dartygny Soignon n’aime pas les emballages. D’ailleurs personne n’aime les emballages. Mais papa Dartygny Soignon lui, il leur voue une haine sans limite. Toujours est-il que papa Dartygny Soignon veut jeter un emballage à la poubelle. La tension monte alors d’un cran. Il le sent, il le sait: la poubelle est pleine. Mais l’Homme avec un grand hâsche est fier et courageux dans sa nature, son instinct profond resurgit et rien ne peut le stopper. L’Homme. Debout face à l’inconnu. L’Homme. Qu’il est beau, seul au devant de ses responsabilités. L’Homme. Courageux devant une poubelle pleine. Alors dans un imperceptible bruissement, il s’avance. Doucement. Calmement. Ses pas sont assurés et il ne tremble pas. Il a remonté sa manche. Tout va aller très très vite.
En un éclair, l’Homme est sur la poubelle et tente une insertion brutale mais correcte de l’emballage! La poubelle réplique avec un débordement réparti, ce qui a pour effet de faire tomber d’autre déchets. Pendant ce temps la femme hurle de désespoir et d’impuissance tandis que son mari tente une esquive et change de main. Rien n’y fait! C’est une gerbe d’ordures qui volent dans la cuisine avec grâce et élégance, libérant leurs effluves béchamel-épinard dans la maison. La panique gagne alors la famille. En une fraction de seconde, le père hurle et jette la poubelle parce que c’est efficace, la mère hurle afin de se protéger du reste de lasagnes qui fonce sur elle, tandis que les enfants jouent à cache-cache. À cause du théorème de la cause à effet, la poubelle percute la plaque électrique et commence à fondre: papa Dartygny Soignon remonte alors ses manches et va se couper une tranche de saucisson. Maman Dartygny Soignon tombe à genoux et pleure en bleubeuleuleutant. C’est beau. Le silence retombe alors dans une pluie de déchets. C’est fini. Monsieur Dartygny Soignon prend son emballage et... Ho mon Dieu! Ce n’était pas la bonne poubelle! C’est l’autre, qui est pleine elle aussi! Cette fois c’en est trop: l’Homme resurgit et va au-devant de ses responsabilités. Cette fois-ci, c’est une magnifique tentative d’intrusion subtile sous le couvercle qui est tentée. Plus que quelques centimètres. Ho oui! Voilà! C’est bientôt dedans! C’est fini! La femme saute au cou de son mari et lui témoigne toute son affection en rangeant tout son bordel tandis que les enfants partent jouer comme des petits cons dans leur chambre et que l’Homme, toujours beau dans sa nature, va s’asseoir sur un fauteuil pour lire le journal avec volupté et une bonne bière.
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Pour Madame Stupide

Pour Madame Stupide.
Madame Stupide;
-C’est celle qui réussi à ne croiser le regard d’aucun élève.
-C’est celle qui réussi à bugger au moins une fois en une heure.
-C’est celle qui donne envie de rire quand elle s’énerve.
-C’est celle qui donne envie de rire en fait.
-C’est celle qui met mon humour pourri à rude épreuve quand elle se fâche.
Du genre:
“Vous voulez que toute la classe paye?” Le vaste horizon des blagues s’ouvre alors à moi.(1)
“Encore une remarque et c’est la feuille” À ce moment là, la crédibilité passe d’aucune à encore moins.
-C’est celle grâce à qui j’ai compris qu’un barycentre partiel est partiel si et seulement si il en manque un bout. Et inversement.
-C’est celle qui a une voix de pucelle.
-C’est celle grâce à qui une personne de ma connaissance m’a éclairé avec cette phrase à grande portée philosophie:” Dans un repère, si l’origine n’est pas à l’intersection des deux axes, alors c’est faux. Et réciproquement.” Phrase qui permit par ailleurs de révolutionner le concept de repère orthonormal.
-C’est celle qui créé une distorsion de l’espace-temps et fait que tout passe plus lentement.
-C’est celle qui ne regarde QUE le plafond ou QUE le sol.
-C’est celle qui a une tête qui ne ressemble tellement à rien qu’on pourrait l’assimiler avec n’importe quoi, tant que c’est moche ou que ça a un air crétin.
-C’est celle avec qui il ne vaut mieux pas jouer au con si on est mauvais perdant.
-C’est celle à qui j’ai envie de dire d’aller se fourrer un cocotier dans le derche et de ne plus venir faire ses cours de maths si elle n’aime pas ça. (2)
-C’est celle qui a jeté mes feuilles doubles à la poubelle. Et elle les avait plié en plus.
-On a tous en soi ce petit quelque chose qui nous rend si exceptionnels. Elle on sait pas.
-Dans la vie, il n’y a pas que des choses biens. Visiblement.
Voilà, Madame Stupide c’est tout cela et bien plus encore.
“Pourquoi pas, j’ai plus un rond.”
Elle s’occupe du réseau informatique du lycée. Elle “n’a pas que ça à faire” (des maths)
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À l'intention du connard.

À l’intention du connard.
À l’intention du grand malade qui fait les manuels scolaires de mathématiques, notamment celui que je me trimballe. À l’intention du sadique qui invente les exercices desdits manuels. À l’intention du mec qui, en partenariat avec le grand malade, publie les livres. À l’intention du monsieur qui recopie consciencieusement ces exercices, mot par mot, chiffre par chiffre, fonction par fonction. À l’intention du grand malade du début qui s’ingénie à renouveler ses exercices pour qu’on connaisse pas les solutions années après années. Toujours à l’intention du même mec que précédemment, celui qui passe son temps à se poser des questions existentielles du genre:”Christophe à neuf boîtes de trois feutres définies -les boîtes pas les feutres- sur la fonction f. Il en perd deux. Combien lui en reste-t-il?”, afin de nous faire perdre le notre. À l’intention de ce
monsieur pas qu’un peu atteint. À l’intention du psychopathe qui s’évertue à rendre ses exercices de plus en plus incompréhensibles.
VOUS ÊTES UN CONNARD MONSIEUR.
Ce n'est pas que je soit super long à écrire mes textes. C'est juste que j'ai du travail.
Alors en bonus j'ai ça:
Et autrement, n'ayant plus beaucoup d'inspiration, je ne sais pas pour quand sera le prochain texte absurde. Du cynisme pourquoi pas, mais de l'absurde... Bref, j'espère que ça vous plaira quand même (pour l'absurde, disons que ce que j'essaie c'est pas top en ce moment, alors bon je fais dans le cynisme et le sarcasme).
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Monsieur Emoticon
Avant toutes choses, voici les résultats du sondage concernant un point A et un point B:
Sur 26 personnes sondées:
-26,92% ont voté non. Et bien je suis désolé, mais la prochaine fois, vous penserez à justifier votre réponse!
-26,92% ont voté oui. Dommage, c'est presque faux: vous auriez eu complètement juste si vous n'aviez choisi cette réponse.
-46,15% ont voté 6, 23. On voit tout de suite les matheux.
------------------------
Les émotions de Monsieur Emoticon.
Il est un fait avéré que l’on ne peut pas nier, c’est le fait qu’à peu près tout le monde connaît Monsieur Emoticon. En effet, qui n’a jamais utilisé ce brave monsieur pour représenter une joie intense, une profonde tristesse, etc ? Or, il me semble nécessaire de remettre à jour les différentes expressions caractérisant Monsieur Emoticon, et ce dans le but fort louable de ne plus se tromper sur les sentiments des gens à l’avenir. Ainsi, nous verrons dans quelques exemples comment interpréter Monsieur Emoticon.
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: : )
: ).
-Monsieur Emoticon est content.
-Monsieur Emoticon approuve ce que vous dite.
-Monsieur Emoticon est niais.
-Monsieur Emoticon vous prend pour un crétin.
-Monsieur Emoticon a une banane coincée dans la bouche.
-Monsieur Emoticon vous dit:”Ouiiiiiii”.
-Monsieur Emoticon boude mais a les yeux au dessus de la bouche.
Ainsi:
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: J’ai une banane coincée dans la bouche.
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: : (
: (.
-Monsieur Emoticon n’est pas content.
-Monsieur Emoticon n’approuve pas ce que vous dite.
-Monsieur Emoticon sourit mais a les yeux en dessous de la bouche.
-Monsieur Emoticon vous plaint.
-Monsieur Emoticon ne vous plaint pas et se moque de vous.
-Monsieur Emoticon a mal au cul.
Ainsi:
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: J’ai mal au cul.
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: :’(
:’(.
-Monsieur Emoticon est triste.
-Monsieur Emoticon est compatissant.
-Monsieur Emoticon est con, pas tissant.
-Monsieur Emoticon pleure.
-Monsieur Emoticon vous dit:”Paaaauvre Bichoooon!”
-Monsieur Emoticon vous dit:”J’ai fait bobo mon doigt.”
-Monsieur Emoticon veut que vous le lâchiez.
-Monsieur Emoticon a une apostrophe sur le coin de la gueule.
Ainsi:
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: J’ai une apostrophe sur le coin de la gueule.
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: : D
:D.
-Monsieur Emoticon ressent une joie intense.
-Monsieur Emoticon est heureux pour vous.
-Monsieur Emoticon s’en fiche royalement.
-Monsieur Emoticon a un bol coincé dans la bouche.
-Monsieur Emoticon revient des WC.
-Monsieur Emoticon baille.
-Monsieur Emoticon fait:”gah”.
Ainsi:
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: Je reviens des WC.
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: :p
:p.
-Monsieur Emoticon est malicieux.
-Monsieur Emoticon vous tire la langue.
-Monsieur Emoticon a une chips qui dépasse de sa bouche.
-Monsieur Emoticon est totalement désintéressé.
-Monsieur Emoticon vous fait une lèchouille.
-Monsieur Emoticon a une grosse goutte au coin de la lèvre.
Ainsi:
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: J’ai une chips qui dépasse de la bouche.
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: ; )
; ).
-Monsieur Emoticon dit:” On est complice! Haha!”.
-Monsieur Emoticon a un oeil bizarre.
-Monsieur Emoticon a une poussière dans l’oeil.
-Monsieur Emoticon vous dit:”Héhé”.
-Monsieur Emoticon ferme un oeil avec une banane dans la bouche.
-Monsieur Emoticon vous dit:” Bien sûûûûr!”
Ainsi:
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: Je ferme un oeil avec une banane dans la bouche.
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: : |
: |.
-Monsieur Emoticon est troublé par ce que vous dite.
-Monsieur Emoticon est troublé par votre avatar.
-Monsieur Emoticon est troublé par Clarisse la patate chaude qui danse sur le rebord de la fenêtre.
-Monsieur Emoticon est troublé par le fait que vous lui parliez.
-Monsieur Emoticon se demande comment ils mettent les rayures dans le dentifrice.
-Monsieur Emoticon est blasé par les propos insensés que vous débitez.
Ainsi:
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: Mais comment mettent-ils les rayures dans le dentifrice?
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: :X
:x.
-Monsieur Emoticon a envie de vomir.
-Monsieur Emoticon a la bouche scotchée.
-Monsieur Emoticon a envie de vous roter à la figure.
-Monsieur Emoticon se retient de rire tellement ce que vous dite, c’est crétin.
Ainsi:
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: Attends j’arrive, j’ai envie de te roter dessus.
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: XO
XO.
-Monsieur Emoticon est énervé.
-Monsieur Emoticon est dans une grosse colère.
-Monsieur Emoticon fait semblant d’être choqué.
-Monsieur Emoticon a un hippopotame coincé dans le cul.
-Monsieur Emoticon fait une petite colère.
-Monsieur Emoticon baille.
Ainsi:
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: J’ai un hippopotame coincé dans le cul.
Voilà. Maintenant vous saurez. Et vous y réfléchirez à deux fois pour interpréter ce que vous dit l’autre.
-------
et sinon:
Salut
Bonjours,
Commence comme il le faut. Prends toi une montre qui en jete. Sors du troupeau *lien censuré, manquerait plus que je leur fasse de la pub*.
Adieu,
Fini comme il le faut. Pends toi à une corde. Sors du troupeau.
PS: c’est “jette” et pas “jete”.
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Madame Ennui
Madame Ennui.
Madame Ennui est passionnante. Elle enseigne (du nez) une matière pas du tout abstraite. Les mathématiques que ça s’appelle. Et, contrairement à ce que l’on pourrait croire, les mathématiques ce n’est pas du tout une science incompréhensible. La preuve : elle y arrive bien elle. Et, en plus d’enseigner les mathématiques, Madame Ennui est une professeure passionnante. Je le sais, je suis un de ses élèves. Madame Ennui est une professeure passionnée et passionnante. J’ai pu en faire les frais depuis le début de l’année.
Alors, Madame Ennui, laissez moi vous dire deux choses :
-L’une, vous semblez être aussi passionnée par votre matière qu’un kikoolol devant « Le malade imaginaire » d’un certain Molière. En effet, le simple fait d’entendre votre voix, dont le charme insoupçonné –vraiment TRÈS insoupçonné- m’écrase sous son poids, le simple fait d’entendre votre voix donc, j’y viens avant que je ne divague et que je ne vous fasse patienter avant de vous dire ce que le simple fait d’entendre votre voix me fait, je ne sais plus ce que je voulais dire. Ha si. Le simple fait de subir le son discordant qui vous sert de voix me fait sombrer dans les ténèbres de l’ennui. Un ennui tellement puissant qu’un jour, je finirais sans doute le cours en rampant. En attendant, je vous avouerais qu’on réussi à surmonter tout ça, et ce malgré vous. Bille de clown.
-L’autre : j’aimerais bien savoir ce que vous fixez au plafond et au sol quand vous parlez ?
Non parce qu’autant je conçois le fait que les mathématiques vous emmerdent autant que moi, autant j’ai du mal à saisir pourquoi vous ne regardez JAMAIS un élèves dans les yeux. C’est une maladie ? Une malédiction ? Si on croise votre regard on meurt ? Ou alors vous avez peur. Ou c’est une règle à respecter… Je vois parfaitement le règlement du professeur psychotique, dans lequel il est bien spécifié de ne surtout pas croiser le regard d’un élève. Des fois qu’on mordrait. On n’est sûr de rien après tout, et je trouve que finalement, vous avez raison ! Le mieux, c’est de continuer à réciter votre cours sans regarder vos élèves. À défaut d’avoir de vrais cours de maths, on aura de vraies séances de sieste.
Petit Supplément: Un ami a vu Madame L... Ennui aujourd'hui. Elle mangeait au Quick. Il a été traumatisé.
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Chère Administration.

En réponse à l’Administration de mon lycée.
Chère administration.
Depuis que j’ai reçu cette lettre m’informant que la remise des bulletins ne se ferait qu’en mains propres de mes parents, vous passez, à mes yeux, pour une organisation encore plus obtuse que je ne le pensais. Vous avez été prévenue que, durant toute l’année, aucun de mes parents ne pourrait se rendre au lycée pour venir chercher un malheureux bulletin et que vous deviez conséquemment me faire confiance, et donc de ce fait me le donner. Mais vous êtes stupide. Vous avez demandé à mon professeur principal de me le remettre en main propre...
...Pour que je
