Se suicider moralement?
Chronique

L'art de dire bonjours...

ou-comment-se-presenter

Bonjours à tous, enfin un texte après plus de deux mois sans rien poster. Je sais, ça fait vide, et le pire c'est que je n'ai pas beaucoup écrit pour combler tout ce vide. Et pour cause; année de terminale, j'ai peu de temps pour écrire et me vider la tête. Alors je peux vous assurer que dans ces conditions, on apprécie largement plus ses propres écrits (quand je pense que l'année dernière, c'était au moins un texte par semaine).
Bref, sans plus tarder, voici le texte de cette fin de vacances.


L’art de dire bonjour...
...Ou comment se présenter aux gens.

Art on ne peut plus méconnu que celui de dire bonjour. Et pourtant, malgré cela, il est important, voire nécessaire, de savoir se présenter aux gens avec classe, bon goût, courgette, pavé et sauce tomate. De même qu’il est important de savoir répondre ne serait-ce qu’à un simple “bonjour”; et ce dans le but tout à fait honorable de ne pas laisser l’interlocuteur comme si il était face à un mur et donc d’éviter que sa parole ne s’en aille au loin, vers l’horizon azuré des beaux lendemains d’étés de ma putain d’âme. Mais avant toute chose, qu’est-ce que dire bonjour? Et bien c’est dire avec plus ou moins de dextérité ce que l’on ressent, et ce en un seul mot, parfois capable de résumer une conversation en deux phrases. Oui, savoir dire bonjour est une chose qui, une fois maîtrisée, peut s’avérer puissante. Prenons un exemple dans lequel nous mettrons en scène Monsieur Ikse et Monsieur Igraique. Monsieur Ikse rencontre Monsieur Igraique au détour d’un petit chemin qu’il sent bon la noisette et les caniveaux parisiens et décide de lui dire bonjours.

Monsieur Ikse: Ho, tiens; bonjour monsieur!

Monsieur Igraique, prit par surprise, tente vainement de se cacher en sautant dans le caniveau. Malheureusement l’offensive est lancée, Monsieur Ikse l’a vu et continu à le regarder en attendant sa réponse.

Monsieur Igraique: Je... Bonjour monsieur.

Et voilà, c’est fini, Monsieur Ikse a gagné. Il peut alors, selon les règles, clore cette conversation et laisser ce pauvre Monsieur Igraique encore tout tremblant d’émotions.

Monsieur Ikse: Et bien au-revoir monsieur!
Monsieur Igraique: Oui voilà... Au-revoir.

Ici nous voyons que Monsieur Ikse a fait preuve d’un bonjour parfaitement maîtrisé, chose parfaitement redoutable comme nous avons pu le constater. De plus Monsieur Igraique est bien dépourvu face à cela. Alors comment? Je vous le demande: comment éviter ce genre de situation?
Et bien considérons un autre exemple en salade mixte, dans lequel nous mettrons en scène Tata Simone et Steve, son neveu. Steve n’a pas envie de dire bonjour à Tata Simone. Alors observez bien la subtile façon de procéder de ce jeune homme.
Tata Simone s’apprête à dire bonjour à son neveu, afin d’engager la conversation et de lui faire perdre son temps. Mais Steve l’a vu et est prêt. Déjà ses yeux étincellent tant il s’est entraîné pour ce jour. Soudain, comme il s’y attend, Tata Simone attaque.

Tata Simone: Ho, mais c’est Steve! Bon...

Steve doit alors faire vite: il court le plus vite qu’il peut au moment même où la vioque a prononcé son nom. Il sort alors une courgette et... Jean-Charles, reposez-moi immédiatement ce concombre! Les exercices pratiques seront à faire chez vous espèce de psychopathe. Bien, maintenant notez la subtilité de toute la technique apprise par Steve.

Steve: BONJOUUUUUURRAAAAAAAAH!
Steve s’en va alors en courant, profitant de l’effet provoqué par la courgette dans la tête de Tata Simone.

Et voilà, succès: la conversation a été maîtrisée. Notons que cette technique marche tout aussi bien avec une pelle ou une mouche (c.f: la mouche dans la narine droite). On admettra aussi la fameuse technique dite du “je t’ignore” plus communément appelée “vous parlez à un mur cher monsieur/ chère madame”. Pour cette dernière, prenons là aussi deux personnes lors d’une réception; l’une tenant absolument à engager la conversation, l’autre non. Pour cet exemple, l’expression faciale de l’autre personne sera gentiment représentée par Mr. Émoticon.

Mec qui tient absolument à converser: Bonjour, je me présente: Jean-Eudes DeBert.
Mec qui, non, n’y tient pas: :D...
Dans un soucis de compréhension, notre traducteur spécial emoticon-français a accepté de venir nous traduire la réponse.

Mec qui tient absolument à converser: Bonjour, je me présente: Jean-Eudes DeBert.
Mec qui, non, n’y tient pas: Vous parlez à un mur très cher monsieur.

Remplaçons maintenant la personne qui n’y tient pas par un mur.

Mec qui tient absolument à converser: Bonjours je... Je...

Comme vous pouvez le constater, la personne qui tient absolument à converser à un peu de mal a être spontanée face à un mur.

Mur: Bonjour, enchanté de vous connaître!

Alors bon, théoriquement ce n’est pas ça qui devait se passer, mais mon maçon n’a apparemment pas comprit alors je vais renégocier les tarifs de son mur. Jean-Charles, passez moi la masse qui se trouve derrière vous et Georgette. Merci mon chou.

Bon, qui peut maintenant me dire quelles sont les petites touches personnelles que l’on peut ajouter lorsque l’on dit bonjour? Roberte? Non? Jean-Charles? Non plus? Personne? Tant mieux.
Bien, alors pour dire bonjour, il est important d’y mettre sa touche personnelle, comme le font les plus grands maîtres de cet art. Or, donc, afin d’assimiler au mieux la façon d’agrémenter son salut, observons ensemble la technique dite du “Pavé” entre deux personnes.

Première personne: Bonjour.
Deuxième personne:
Mmmmmmmmmh...

Ici, la deuxième s’est poliment prise un pavé dans sa tronche. Mais cela passe puisque la première personne a dit bonjour avant toute chose. Ho, et pour revenir aux différentes manières d’éviter un bonjour, une autre technique consiste à courir très très vite vers la personne qui va vous parler et à la bâillonner le plus rapidement possible. Attention toutefois, ces façons de faire sont à proscrire dès maintenant lors d’une réunions d’entreprise ou bien si vous travaillez dans un centre de loisirs -par exemple. Les parents ne voient pas d’un très bon oeil les pavés.
Maintenant que vous connaissez les bases de ce magnifique art qu’est l’art de dire bonjour, n’hésitez pas à vous entraîner. Car parfois, un bon bonjour vaut mieux qu’un vain au-revoir pour clore une conversation bien avant que celle-ci ne commence. Poil aux herbes de Provence.

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La DDE VIII et IX

un-peu-de-lecture



Mr. Répondeur V
Confortablement installé dans son fauteuil, le conducteur supervisait la culture des champs de l’usine dans laquelle il travaillait (parce que ceux d’une autre usine, ç’aurait été un poil plus embêtant). Depuis quinze ans qu’il travaillait ici, on avait toujours eu besoin de lui, notamment pour sa grande polyvalence. En effet, le conducteur travaillait pour l’entreprise Espaces&Confins et avait déjà rendu de nombreux services. On lui devait entre autre l’aménagement de plusieurs sections de cultures d’espaces et de confins ainsi que la mise en place d’un réseau de télé-marketing beaucoup plus performant que l’ancien. Aujourd’hui, pourtant, alors que notre brave employé allait prendre sa pause déjeuner, quelque chose attira son attention sur l’un des écrans de surveillance. Il regarda plus attentivement afin de voir ce que c’était. Soudain, filant comme l’éclair, un avion avait traversé l’écran, soulevant une nuée de poussière de néant. Il avait continué sa course sur une bonne douzaine d’écrans, ce qui était plutôt paradoxal quand on savait que les endroits visualisés se trouvaient à des dizaines de mètres les uns des autres. Mais bon, comme les occupants de l’avion ne semblaient pas le savoir, on pouvait comprendre. Après deux ou trois tonneaux, l’engin s’était finalement arrêté dans un nuage de poussière et de fumée. Encore sous le choc, le conducteur continuait de fixer l’écran. Un pied avait fait voler la porte, puis quelqu’un était sorti. L’apparence très vague de cette personne disait quelque chose au conducteur: ses soupçons furent confirmés lorsque deux personnes, une de taille normale portant sur son épaule un petit bonhomme, avaient suivi le premier homme hors de l’avion. Ni une ni deux, le conducteur reconnut Bernard Joulon, toujours aussi approximatif, ainsi que Jacques. Et tandis que Bernard commençait à réparer son avion à l’aide de l’étrange petit bonhomme -qui selon le conducteur était un huclain- et que Jacques scrutait l’horizon à l’aide de son plot, le conducteur demanda à un stagiaire qui ne passait pas par là d’envoyer une équipe le rejoindre dans le champ de vide. Car la seule et unique raison pour laquelle nos trois amis ne tombaient pas indéfiniment dans toute cette masse de vide était qu’ils s’étaient retrouvés sur un Chemin de Viscosité Supérieure (CheViSup), invention ingénieusement absurde permettant de circuler parmi les champs de vide. Seulement, ils risquaient à tout moment de faire un faux pas et de s’écarter du droit chemin. Alors bon, les voies du seigneur sont peut-être impénétrables, mais celles de la mort le sont beaucoup moins. On pouvait donc aisément comprendre pourquoi, après avoir expliqué le pourquoi du comment d’une demande d’équipe, l’usine était passée en code L54F65 rouge-pois verts. Oui, vous avez bien lu, en code L54F65 rouge-pois verts. Je sais, c’est impressionnant au début, puis vers la fin on fait avec.
Bref, au moment exact de l’activation du code, un véritable chaos se génère au sein du bâtiment. Les employés courent dans tous les sens, on assiste à des défenestrations, à des auto-projections contre les murs; les secrétaires hurlent, les stagiaires préparent un café noir sans sucre pour Mr. Gilet, cinq personnes enfilent leurs combinaisons: c’est l’équipe qui doit rejoindre le conducteur. Ce dernier, prit dans l’élan de la panique, saute par-dessus son bureau, fait un roulé-boulé sous sa chaise, finit par sortir de son bureau, et fonce vers le champ où ses amis sont coincés. Esquivant deux crétins qui tentent une défenestration dans un couloir, le conducteur descend en trombe -mais surtout en courant- les escaliers et fini par arriver à l’entrée du champ, suivi de peu par l’équipe. Mais alors que les six personnes reprennent leur souffle, l’avion a disparu. On peut apercevoir sa silhouette au loin, ainsi qu’une banderole que le vent rapporte aux pieds du conducteur. Pas de doute, Bernard et Jacques ainsi qu’un huclain sont passés par ici.

Bernard a bientôt fini de réparer son avion. Il a déjà fixé la porte, remit en état de marche le moteur, et la plupart des commandes sont opérationnelles. Il reste encore la radio, que Mr. Répondeur s’acharne à faire marcher.
-Je ne comprend pas, demande Jacques, pourquoi vous acharnez-vous donc à vouloir faire marcher cette radio?
Du fin fond de l’émetteur, avec une voix de présentateur radio, Mr. Répondeur lui lance:
-Tout simplement parce que, comme tout huclain travaillant dans un répondeur, j’ai aussi été formé à voyager par ondes radio et ondes internet. Ainsi, si jamais il nous arrive une crasse, vous n’avez qu’à me mettre sur la fréquence de la police ou des secours, et je vais nous chercher de l’aide.
-Vous savez réellement faire ça?!
-Écoutez, j’ai passé les trois quarts de ma vie dans un boîtier téléphonique, alors bien sûr que je peux le faire. Tiens Bernard mon lapin, soyez gentil et foutez lui un taquet, il m’énerve quand il fait cette tête de jambon tétraplégique.
À ces mots, l’ouvrier ne se sentit pas de joie: il ouvrit un large bec, et lais... Oui non excusez moi, c’était nul. À ces mots, donc, l’ouvrier ne put s’empêcher de répliquer:
-Mais enfin, vous ne me voyez même pas!
-Peut-être mais je le sais, je LE SENS! Alors ce taquet Mr. Joulon?
-Plus tard peut-être, mais là je suis pressé de trouver un endroit où garer mon avion. Alors dépêchez-vous de réparer ma radio que l’on puisse sortir de cet endroit.
-J’ai bientôt fini et je...
Soudain, coupant court à la discussion, Jacques, qui se trouvait juste à côté de Bernard, lui hurla dans les oreilles.
-HO MON DIEU!
-Quoi, qu’est-ce qu’il y a Jacques? Vous avez vu quelque chose? Et pourquoi me fixez-vous avec cet air horrifié? Que se passe-t-il? Pourquoi? Quand est-ce qu’on mange?
Soudain, Bernard ferma sa gueule. Comme ça, parce que j’en avait envie et que si il continuait je sens que ça allait m’énerver. Et ça c’était juste pas possible.
Or Jacques ne répondait toujours pas, et se contentait de fixer intensivement Bernard, dans un rictus à la fois horrifié et dégoûté. Ce dernier, qui en plus de s’être fait exploser les tympans n’obtenait toujours pas de réponse, en eu marre et ne put s’empêcher, en cet instant fatidique, de faire appel à toute la concentration et la puissance qu’il gardait au plus profond de lui. Il entra soudain en état de transe, visualisant chacun de ses gestes, faisant appel à une force jusque là insoupçonnée. Puis doucement mais sûrement, il enroula la tête de Jacques avec une banderole. Cela n’arrangerait rien au fait qu’il n’obtenait toujours pas de réponse, mais au moins ça le calmerait.
Mr. Répondeur finissait de brancher les deux derniers fils de la radio entre eux, puis avait allumé la radio sur une fréquence de test. Au début, il n’obtenait qu’une léger grésillement. Puis au bout de quelques secondes, une voix se faisait perceptible. “KKKhhhHHHkkHK...DÉVIATIOOOOON...GFFRRHHHHhhh... MESSIEEEEEURS... PAS LE DROOOIIAAAAaaaakkkkkKKKHHHsss....”. L’huclain attendit quelques secondes dans un silence radio des plus angoissants, puis se rua hors du petit poste de radio :”Bernard, Jacques, magnez-vous la couenne et montez! Ya l’autre furieux de l’administration qui revient en force, et il n’a pas l’air très enclin au dialogue”. Ni une ni deux, Bernard range Jacques -qui, rappelons-le pour ceux qui ne suivent pas, est totalement immobile, la tête enroulée dans une banderole- Bernard range Jacques dans son plot donc, et se met aux commandes de l’avion tandis que Mr. Répondeur s’installe dans la radio en cas de besoin.
-Ici Charlie à Tango Zoulou, je répète: ici Charlie à Tango Zoulou. Me recevez-vous?
-Ici Mr. Répondeur, évitez de parler dans votre machin -ça m’explose les tympans- et de m’appeler Tango Zoulou par la même occasion. Je vous reçois 5/5. Permission de décolleté.
-Bien reçu. Over.
Nos amis partent alors en trombe, tandis que leurs poursuivants se rapprochent. Derrière eux, un homme saute d’une fenêtre en hurlant “ code L54F65 rouge-pois veNOO
OOOOOOOOOOOON!!” au même moment où, juste en dessous d’eux, un troupeau d’extremums sauvages saute de ligne de niveau en ligne de niveau pour rejoindre puis quitter une route bornée en [0;+∞[, puis ils entendent une porte s’ouvrir à leur gauche: environs six hommes en sorte, parmi lesquels Bernard croit distinguer le conducteur. Mais c’est trop tard, ils s’envolent déjà, laissant derrière eux une banderole de signalisation avant de se faire prendre en chasse.


À suivre d’une brique.


Mr. Répondeur a envie de vomir. Malmené dans le poste de radio, il s’accroche tant bien que mal aux fils qu’il trouve, tout en essayant de ne pas les débrancher. À l’intérieur du cockpit aussi c’est l’angoisse. Surtout pour Bernard, manoeuvrant avec dextérité son avion pour échapper au malade qui le poursuit. Heureusement, Jacques est sorti de son plot, et balance quelques panneaux d’indication histoire d’arrêter leur poursuivant. Malheureusement, il n’a toujours pas enlevé la banderole sur sa tête et ne voit pas grand chose, ce qui pose quelques menus problèmes pour viser. et qui angoisse sensiblement Bernard: comprenez, piloter un avion avec un névrosé à l’arrière, c’est quelque chose de très spécial. Pendant ce temps, le cadre de l’administration hurle après eux en leur sommant de s’arrêter. Mais nos trois amis n’ont guère de temps à perdre avec un taré, d’autant plus qu’ils entrent maintenant dans un champs de grues et de chars d’assaut. Nos trois amis viennent d’entrer dans une partie de DDE. Soudain, l’écran de bord déconne: ce con affiche quatre réponses possibles. Notre pauvre Bernard n’y comprend plus rien, d’autant plus que l’avion commence à avoir le nez qui coule. Entre-temps, Jacques a un court-circuit dans son neurone et a l’excellente idée d’enlever sa banderole. Ouf, tout de suite Bernard est moins angoissé. Il faut faire vite, le temps pour répondre à la question qui s’affiche est limité et il ne leur reste plus qu’un joker; l’avis du public. Or un public dans les nuages, c’est rare. Très rare. Tant pis, ils utilisent leur joker tandis que Jacques se met à tricoter une écharpe en banderoles pour l’avion. Une maille à l’endroit, une maille à l’envers; le public ne répond pas, les commandes non plus. L’avion a le nez qui coule trop: il ne leur reste plus beaucoup d’essence, il vont finir par s’écraser! Soudain, une voix de merde se fait entendre: “Alors messieurs, quelle réponse?”. Le choix est clair. Réponse A: On est mal barré avec un auteur pareil. “Et bien je suis navré, mais c’est une mauvaise réponse. La bonne réponse était la C:”HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA!”. Vous perdez le million et vous retrouvez, pour la peine, mal barrés. Au revoir messieurs.”. Alors, tandis que l’avion perd son essence par le nez, que nos amis vont bientôt découvrir le monde fascinant de la deuxième dimension et que l’avion qui les poursuivait abandonne, Jacques fait preuve d’héroïsme: ayant été formé dans l’élite de la DDE, Jacques connaît de nombreuses techniques, dont celle dite du “lasso en banderole et triangle de signalétique”. L’ouvrier rassemble toute son énergie en lui. Sa concentration est extrême. Tout autour d’eux, les grue défilent à la verticale, les enfants pleurent, les femmes hurlent, et Bernard, qui n’a jamais invité tout ce petit monde dans son avion, les fout dehors à coups de pompes dans l’arrière-train. Tout va soudain très vite: Jacques saute hors de l’avion. Dommage pour lui, il a totalement oublié de faire son foutu lasso et va s’écraser quelques mètres plus bas dans une barricade en foin. Bernard, qui lui n’est pas totalement crétin, allume le poste de radio sur la fréquence de Mr. Répondeur.
-HA BEN ENFIN C’EST PAS TROP TÔT! NON MAIS VOUS ATTENDIEZ QUOI POUR ALLUMER CE FOUTU POSTE?
Or Bernard, rarement enclin à se faire engueuler en plein crash, règle la fréquence à la limite des ondes perdues, celles qu’on n’écoute plus. Mr. Répondeur se retrouve alors à se cramponner à ses fils pour ne pas sombrer dans une mer radiophonique sombre et inconnue.
-Haaaa Bernard mon chaton, on n’a pas le temps pour ça, envoyez moi vite sur la fréquence 43.90.7, c’est celle d’une usine située pas trop loin du champ de vide où nous étions écrasés.
-Très bien mon petit bonhomme, j’espère que vous êtes prêt parce que j’ai mit le volume à fond, histoire de vous faire aller vite.
-Bonne initiative, mais appuyez sur “Play” maintenant!
Avec classe et doigté, Bernard appuie sur le bouton après avoir réglé la fréquence.
-C’est partiiiIIIIIIAAAAAAAHAHAHAHAHAA
AAAAAAAAA!!
-Bonne chance Mr. Répondeur, souffle Bernard avant de manoeuvrer son avion pour aller se crasher un peu plus loin, avec toute la grâce dont peut faire preuve un avion de quelques centaines de kilos.


À suivre en grue.

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La DDE X

sur-les-ondes-ondes-ondes


Mr. Répondeur VI
Mr. Répondeur volait, littéralement propulsé sur les ondes radiophoniques de Nulle-Part. Il espérait atteindre la radio de l’usine des champs de vide assez rapidement, histoire de se reposer un peu, et accessoirement de porter secours à Jacques et Bernard. Malheureusement, la transmission était parfois brouillée: il était donc dangereux de voyager ainsi, et à une telle vitesse qui plus est. Pourtant, il savait qu’il avait été capté par l’usine. En effet, il était parti avec pour message:”Help, à l’aide, on va mourir à cause de l’espèce de névrosé qui nous sert d’auteur, aïe, non, pitié, j’ai mal. Non, pas la pichenette, pas la pichene...AAAAAAAAH.”. Il avait par ailleurs dû faire un détour -rapport avec la pichenette qui l’avait foutu hors trajectoire, comprenez-, mais quand il était revenu sur la bonne fréquence, un retour d’onde de transmission capto-nucléaire en degré babord 1-65-0 longitude-supraDéfragmentée en radian 54 (vous avez vu, moi aussi je peux faire de la science-fiction d’abord) lui était revenue en pleine tronche, ce qui l’avait rassuré quant à la présence de vie de l’autre côté... Mr. Répondeur fonçait donc vers l’émission de ce retour d’onde, lorsque soudain, il vit quelque chose qui l’effraya au plus haut point. Son sang se figea, ses membres se raidirent. Devant lui, une interruption de programme prit place afin “de vous faire un rapport des derniers évènements concernant la région du Cercle T, région parrallèle au Cercle P (pour Polaire) qui serait apparemment bloquée pour une durée indéfinie [...]”. L’huclain s’en rapprochait dangereusement, à une vitesse phénoménale. Encore un petit effort et notre ami aurait la joie de faire connaissance avec le présentateur.
Il s’approche de plus en plus, impossible de ralentir car il doit garder une vitesse minimal afin de ne pas sombrer dans les fréquences perdues, mais il n’y a pas d’autre issue! Mr. Répondeur ne sait que faire, et le bulletin d’information n’en est qu’à la moitié. Soudain, après un bruit d’objets qui tombent, notre huclain se retrouve encore en vie. Tandis qu’il continue sa course, il regarde derrière lui: rien, pas le moindre petit bulletin. Au loin, droit devant, il aperçoit l’antenne relai de l’usine, avec toute une équipe d’huclain prête à le recevoir. Ne perdant pas de temps, Mr. Répondeur utilise toutes ses forces et sa dextérité pour manoeuvrer parmi les fritures environnantes du relai.

Le calme était revenu dans l’usine, et le conducteur avait demandé aux membres de son équipe de rassembler tout le personnel qu’ils pouvaient afin de retrouver ses compagnons et ces “putains d’attardés” qui les avaient poursuivi. Ni une, ni deux, et trois-zéro, tout le monde s’était mit au travail. Le conducteur, quant à lui, était revenu dans son bureau, troisième tiroir en partant du bas au fond à gauche, afin de méditer et de réfléchir à l’endroit où pouvaient bien se trouver Bernard, Jacques, et le petit bonhomme qui les accompagnait. “Pourvu qu’ils ne soient pas allés près du champ de grues...” songea-t-il, anxieu. En effet, le champ de grues était un endroit très spécial, aux environs de Nulle-Part. Là-bas y poussaient donc des grues qui, en éclosant, formaient divers bâtiments tout autour d’elles. Or, bien des années auparavant, des gens avaient tenté de partir à l’aventure dans cette jungle de métal: tout le monde revenait indemne à chaque fois. Un cauchemar pour l’Amical des Explorateurs Névrosé et Psychotiques qui avaient immédiatement fait interdire la zone. Et récemment, une partie de la DDE se déroulait là-bas: on racontait qu’il s’agissait de la plus grande partie connue à ce jour.
Mais alors qu’il était perdu dans ses pensées, quelqu’un frappa au tiroir.
-Ouvrez!
-Bonjours monsieur, je fais partie de votre équipe. Désolé de vous déranger, mais on a relevé une transmission anormale provenant d’une fréquence qu’on essaie encore d’identifier. Je... Vous voulez de l’aide pour sortir monsieur?
-Volontier mon brave, aidez moi donc à me décoincer le pied gauche, et mettez une majuscule à “monsieur” quand vous parlez s’il vous plaît, et même s’il ne vous plaît pas d’ailleurs.
-Bien Monsieur. Ha, encore un petit peu... Voilàààààààààààààààààààààààààà... finit par dire le jeune homme en un soupir d’extase intense.
-Merci. Alors, vous m’avez dit qu’on avait du nouveau, mmmh?
-Oui Monsieur, en provenance du relai.
-Bien bien... Votre nom?
-Basile, section 2 de la division 6/3 du secteur du Quotient Euclidien.
-Basile, Basile, Basile. Dites-moi mon petit Basile, vous venez bien de faire de l’humour avec vos jeux de mot là, mmmh?
-Huuuuuuuhuhuhuhuhuuuuuuuuuuuuuuuuu!
-C’est bien ce qu’il me semblait. Alors écoutez moi bien Basile, refaites moi ça et je vous envoie mon bureau en travers de la tête, est-ce bien clair?
-Oui Monsieur. Maintenant si vous voulez bien arrêter de dire des conneries, suivez moi, je vous expliquerais tout ça en route.
D’après ce que comprit le conducteur (on se doit de l’admettre, d’accord, ce n’est pas très fiable, mais arrêtez de faire ce genre de remarque, même intérieurement, puisqu’on le sait). Bref, d’après ce qu’il comprit, donc, le reste de l’équipe était partie avec du personnel qualifié afin de passer au peigne fin toute la région s’étendant de l’usine au champ de grues. On avait bien aperçu un avion s’enfoncer parmi elles, tandis qu’un autre faisait demi-tour, mais on n’avait pas osé aller plus loin. On était venu faire le rapport à la place, et on atttendant tranquillement le conducteur dans le hall d’entrée. “Mais qui c’est ce “On” nom d’un chien?” avait demandé le conducteur. Ce à quoi il n’avait pu recevoir de réponse valable. Autrement, Basile était resté avec l’huclain travaillant dans le poste des émissions différées du réseau radio local de l’entreprise et avait tenté de savoir d’où venait la transmission qu’ils recevaient. Après une heure de recherche, ils n’avaient pas pu identifier la fréquence, mais avaient reçu le message suivant:”Help, à l’aide, on va mourir à cause de l’espèce de névrosé qui nous sert d’auteur, aïe, non, pitié, j’ai mal. Non, pas la pichenette, pas la pichene...AAAAAAAAH.”. Après s’être assurés que la transmission n’était toujours pas coupée, ils avaient envoyé un retour de transmission, et ça fait trois fois que j’utilise le mot “transmission” dans une seule phrase, ça devient lourd. Soudain, une interruption de programme était apparue. D’une voix niaise, le présentateur qui annonçait son bulletin d’information bloquait totalement la communication. Basile avait alors dû retenir l’huclain avec qui il travaillait. En effet, ce dernier était carrément partant pour “aller lui fourrer son bulletin dans le fondement, à cette espèce d’enquiquineur”. Hoooo, Basile l’avait retenu comme il pouvait, sauf que, ben, héhé, et oui, il pouvait pas assez. C’est ainsi que l’huclain était parti lui même à toute vitesse faire un placage au présentateur. Il l’avait d’ailleurs fait juste à temps pour que Mr. Répondeur puisse arriver à destination. “Il arrive dans quelques minutes, déployez une équipe sur l’antenne pour le recevoir”, avait alors déclaré Basile. Et désormais, Mr. Répondeur attendait patiemment avec ce “On” dans le hall.
Le conducteur et Basile arrivèrent dans le hall.
-Bonjours mademoiselle, il semblerait qu’un huclain et un certain “On” m’attendent ici. Ha et j’aimerais avoir des nouvelles de l’huclain qui s’occupe de notre radio.
-Ho oui, alors l’huclain qui est arrivé est assis juste dans ce petit fauteil, à votre droite, quant à “On”, il est parti. Et pour l’huclain du relai, il n’est toujours pas revenu.
Tant pis, “On” attendrait. Pour le moment, il fallait écouter ce qu’avait à dire Mr. Répondeur.

À suivre dans les bureaux du présentateur.

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La DDE XI et XII

mr-repondeur-vii


Mr. Répondeur VII
-Et donc la zone connaît en ce moment quelques intempéries. Passons maintenant à la météoOOOOOOO!...
L’huclain de l’usine, propulsé par les ondes radiophoniques, avait atteint une vitesse phénoménale et venait de faire un magnifique placage en direct.
-QUE PERSONNE NE BOUGE! ON EST GENTIL, ON RESTE À SA PLACE, ET ON M’ÉTEIND CE BULLETIN! Autrement je vais craquer, je le sens.
Immédiatement, un employé technique avait coupé la diffusion du bulletin tandis qu’une certaine tension s’installait.
-Très bieeeen, maintenant on va ouvrir les négociations quand à l’arrêt définitif de bulletins d’informations sur MA fréquence.
Ainsi commencèrent les négociations sur le plateau télévisé.
Depuis plusieurs minutes, un médiateur tentait de calmer la situation dans les bureaux de la chaîne télévisée, mais en vain. Il était arrivé un peu plus tôt et avait commencé par demander à l’huclain de bien vouloir se rendre sans faire d’histoire. Quelques petits veinard avaient alors pu apercevoir l’envol d’un journaliste par la fenêtre. C’avait d’ailleurs été tellement beau qu’on en avait fait la couverture du journal. Puis le médiateur, un peu vexé -c’était quand même son métier de raisonner les gens-, avait une nouvelle fois demandé à l’huclain de se rendre, mais cette fois-ci il pouvait faire une histoire si il voulait. À cette nouvelle requête, le petit bonhomme avait trouvé les deux présentateurs de l’émission pour les tous petits, et les avait balancé par la fenêtre en leur demandant de “bien vouloir raconter une histoire si vous voulez pas qu’un bureau suive juste après vous”:
“HAAAAAAAaaaalooors, c’est l’histoire d’un petit gaaaaaaaaaAAAAAAAAR...” furent leurs derniers mots avant qu’ils ne s’écrasent dans une poubelle un peu plus loin. Toujours pas satisfait, le médiateur s’apprêtait à réitérer sa requête quand on journaliste avait passé sa tête par une des fenêtres:
-HA NON MAIS CA VA ALLER OUI! LE PROCHAIN QU’IL MENACE DE BALANCER C’EST MOI ALORS TROUVEZ AUTRE CHOSE ESPÈCE DE BILLE!
Aussitôt dit, aussitôt fait: le médiateur avait plus d’un tour dans son sac. Et alors que l’huclain s’apprêtait à dire ses revendications, un tank envoyé en reconnaissance pacifiste s’était introduit avec toute la discrétion possible dans les bureaux. Et l’huclain tentait désormais d’échapper à un engin de quelques centaines de kilos lancé à sa poursuite.
Il se trouve pour le moment en pleine ligne de mire du tank, lequel continue d’avancer implacablement en démolissant pacifiquement l’immeuble. Soudain, l’huclain a une idée: profitant de sa petite taille, il court, saute sur le canon du tank et se faufile à l’intérieur. Avant d’en ressortir précipitemment: une seconde plus tard, il salue rapidement Monsieur Obus de tank. Cette fois, il vérifie avant de s’y engoufrer: personne. Très bien, il s’y faufile donc et pénètre à l’intérieur du tank. Le conducteur, choqué de voir cette espèce de machin sortir devant lui, ne voit en revanche pas venir le doit dans l’oeil que lui assène Lupin -je fais des jeux de mot si je veux- le petit bonhomme. Totalement désorienté, le conducteur du tank se rue à l’extérieur en hurlant que “ça fait maaaaaaleeeeeeu!”. Mais le médiateur ne s’avoue pas vaincu. Tandis que le tank vole à travers la fenêtre et vient s’écraser juste derrière lui, il prend la parole:
-Mais enfin, n’avez-vous donc aucun coeur?! Quelles sont vos revendications?
-Aucune, je fais ça pour passer le temps!
-C’est vrai?
Un bureau vole et manque de peu le médiateur.
-Bien sûr que non! Je veux un accord comme quoi il n’y aura plus d’interruption de programme sur MA fréquence!
-JAMAAAAAAAAAAAAAAAIS!
Le médiateur donne alors le feu vert aux troupes spécialisées d’infiltrer l’immeuble: un hélicoptère se pose sur le toit, deux autres tanks rentrent dans les studios, et l’unité spéciale des Tireurs à la Sarbacane de Papier Mâché est envoyée pour neutraliser l’ennemi. À l’extérieur, le médiateur attend patiemment. À l’intérieur en revanche, les obus volent et éclatent de partout, les boules de papier mâché se collent sur les murs, le personnel hurle car il y en a aussi sur les écrans d’ordinateurs. Certains sont touchés, tandis que d’autre se défenestrent en esquivant les projectiles. C’est magique, et l’on se demande bien comment tout cela va se terminer pour l’huclain.
Pendant ce temps, Bernard et Jacques étaient coincés dans le désert. L’ouvrier était ressorti indemne de la barricade de foin, et était allé rejoindre Bernard, lequel avait vite été envahi d’un intense et profond désespoir en réalisant qu’il se retrouvait coincé avec le seul mec au monde capable de placer des triangles de signalisation autour d’un avion crashé dans le désert. À la réflexion, ce n’était pas tant que le geste qui était atterrant, mais plutôt le sérieux avec lequel il était effectué. Enfin bref, ils étaient tous les deux coincés dans le désert, et il fallait maintenant réparer l’avion.
-C’est dingue quand même, fit remarquer Jacques en désignant les grues et les bâtiments, on mettrait des chars d’assauts qu’on dirait une vraie partie de DDE.
Bernard, très calmement, lui plaça son plot devant l’oeil droit, et attendit la réaction de l’ouvrier. Il resta environs quatre heures comme ça, juste le temps d’en avoir un peu marre et de se remettre à réparer l’avion. Il attendit encore environs deux heures, puis regarda si, enfin, Jacques avait comprit. Et effectivement, Jacques avait comprit: en mettant le plot sur sa tête, ça lui faisait un chapeau pointu, turlututu. Au final, l’aviateur lui avait expliqué que oui, on pouvait mettre des chars d’assaut, et que justement c’était le cas. Immédiatement l’ouvrier avait reculé, comme effrayé.
-Ho mon Dieu... Bernard nous... Nous sommes juste à côté de la plus grande partie de la DDE connue à ce jour. Tenez, regardez dans le plot, techniquement on ne doit plus voir le sol.
Bernard regarda et fut stupéfait: les chars d’assaut grimpaient les uns au-dessus des autres, les personnes qui essayaient de passer craquaient. La DDE avait envoyé la Section des Grimpeurs de Grues et mis en place le Régiment Des Transporteurs Inutiles. Bref, c’était un pur bonheur.
Mais tandis que nos deux amis s’extasiaient devant cette immense partie, un bruit plus que familier leur parvint, au loin.

À suivre sur la droite des réels.

Jacques et Bernard sont en panique. Peu avant, lorsqu’ils avaient entendu ce bruit familier qui se rapprochait, leur réaction avait tout d’abord été une vaine tentative de se convaincre que non, nooon, ça ne pouvait pas être ça! Et puis Bernard avait réfléchi -parce que Jacques on avait déjà vu ce que ça donnait-, il avait réfléchi donc, et s’était rappelé de leur départ précipité du champ de vide: il se rappelait avoir vu, juste en-dessous d’eux, un troupeau d’extremums qui sautait de lignes de niveaux en lignes de niveaux, avant de prendre une route bornée en [0;+∞[. Ce qui était étonnant en revanche, c’était que ce même troupeau arrive en face d’eux alors qu’il aurait dû arriver par le même chemin que le champ de grue. Soudain, Bernard avait comprit: la DDE avait tout prévu et avait placé une dérivée de fonction près de cette zone, soit l’équivalent d’une déviation, afin de leur faire faire un détour -un troupeau d’extremums perdu et c’était des dizaines de calculs de fichus. À peine eut-il finit son raisonnement que les extremums apparurent à quelques dizaines de mètres devant eux. Courant toujours plus vite, les nobles bêtes allaient bientôt percuter un Jacques et un Bernard horrifiés quand d’un seul coup, comme ça, les deux têtes de miches qu’étaient devenus l’ouvrier et l’aviateur virent le troupeau bifurquer au dernier moment. Deux secondes après le passage du troupeau, Bernard comprit soudain.
-Mais oui, j’aurais dû y penser plus tôt!
-Que voulez-vous dire?
-Et bien malgré le fait que l’entité dont vous faites partie n’ai pas la même logique que nous, ces braves ouvriers ont quand même pensé à placer une déviation asymptotique afin de remettre les extremums dans leur droit chemin. Nous pouvons donc continuer à réparer cet avion sans soucis.
Ainsi nos deux amis se remirent au boulot, Bernard réparant le moteur, Jacques soigant le rhume de l’avion, lorsque la nuit tomba. Alors bon, à première vue ça pouvait paraître anodin: sauf qu’ici ce sont les environs de Nulle-Part, et la nuit qui tombe, qui va s’en occuper? Surtout dans le désert, où il n’y a personne. Les deux compagnons s’étaient donc emparé de la boîte à outils de Bernard et avaient entreprit de replacer la nuit.

Mr. Répondeur s’était levé de son petit fauteuil lorsque le conducteur l’avait rejoint. Très sympathiquement, il s’était présenté.
-Ha, bonjours, je suis Mr. Répondeur, j’ai été envoyé pour chercher de l’aide et...
-Aille, Aillameu ze conducteur, dou you eundeurstande? C.o.n.d.u.c.t.e.u.r. Ripite afteur mi: C.o.n.d.u.c.t.e.u.r.
La journée allait être longue. Très longue.
Mais l’huclain avait prit son mal en patience et avait fait preuve de bonne foi: il avait répété.
-C.o.n.d.u.c.t.e.u.r.
Le conducteur, qui, comme son nom pouvait le laisser croire, était plus con qu’autre chose, et surtout pas ducteur, avait continué à lui parler en anglais pendant au moins deux bonnes heures, jusqu’à ce que Mr. Répondeur demande à Basile, le jeune homme qui les accompagnait, de lui dire d’arrêter parce que là c’était vraiment plus possible. Le conducteur avait donc arrêté de parler Yaourt, et avait attendu d’être dans son bureau, premier tiroir à droite cette fois-ci, pour questionner Mr. Répondeur.
-Avant cela, mon petit Basile, soyez gentil et allumez la télévision, j’aimerais regarder les informations voir si ils ne les ont pas déjà retrouvé.
Immédiatement Basile s’exécuta -ce qui lui fit un petit peu mal- et alluma la télé. C’est alors que le présentateur, hurlant ses informations, leur apprit que “non, ils n’avaient pas retrouvé leurs amis -fallait pas déconner, c’était pas leur boulot-, mais qu’en revanche le petit huclain du relai radio de l’usine était attendu à l’accueil -non je déconne-, était en train de foutre un beau bordel dans les bureaux des bulletins d’informations.”
-Bon, au moins nous savons où se trouve l’huclain. Maintenant Mr. Répondeur, pouvez-vous m’expliquer plus en détail ce qui vous est arrivé?
L’huclain lui raconta tout depuis le début: comment il avait envoyé paître les gens qui téléphonaient, ce qu’il avait fait lorsqu’il avait vu les lignes à haute tension pendant lamentablement. Il lui raconta aussi comment Bernard les avait emmené jusqu’à Nulle-Part, et la façon dont ils avaient échappé au cadre de l’administration et au troupeau d’extremums. Lorsque le conducteur lui demanda enfin où se trouvaient ses amis, Mr. Répondeur ne put lui répondre: il était resté dans le boitier de la radio durant tout ce temps et n’avait rien vu d’autre que des fils, des fils et des fils. Puis Bernard l’avait envoyé par les ondes radios jusqu’ici.
-Je voooois...
Le conducteur semblait réfléchir.
-Vous dites être venu ici pour ces fameuses attaches n’est-ce pas?
-Non non, je tenais juste à visiter la région.
-Haaa boooon! Ha ben fallait le dire voyons, je connais un guide pas cher qui...
Très longue, trèèèès, mais alors vraiment trèèès très longue la journée. Mais bon, l’huclain se devait de faire preuve de patience.
-...blabla et puis c’est marrant ce que vous dites à propos des enquiquineurs qui vous avaient appelé: figurez-vous que travaille moi-même pour cette entreprise Espaces&Confins. Ha et vos amis, dites-moi, il s’agit bien de Bernard Joulon et de Jacques?
L’huclain ne répondait pas. Soudain plongé dans un profond silence, le petit bonhomme semblait prêt à exploser. Le conducteur se risqua à craquer une allumette.
-Mr. Répondeur? Demanda-t-il d’une petite voix timide.
À la lueur de la fl... pardon, de l’incendie que cet abruti venait d’allumer, l’huclain était plus effrayant que jamais. Les nerfs tendus, l’oeil brillant et le dessous de paupière vibrant, il réussi cependant à articuler les quelques mots suivants:”eeesss...p..pp..aaaace...et...eeEEEeeet.. cOOOoon... ooon... fins?”. Oui, cette même entreprise qui l’avait appelé il y avait quelques jours.
On put donc aisément comprendre que, le pétage de plombs aidant, l’huclain balança le conducteur et son assistant hors du tiroir avant de jeter par la fenêtre le bureau qui prenait feu. Ce dernier (le bureau, pas le feu) alla s’écraser un peu plus bas, dans une mise en culture de néant. Le lendemain, dans la presse, on devait parler d’un terrible incendie dont on n’avait malheureusement pas retrouvé les fautifs. Cet incendie avait ravagé une grande partie des mises en culture, un choc énorme pour l’industrie du vide. Mais pour le moment, le conducteur, se décoinçant du tiroir, demanda avec un calme maîtrisé:
-MAIS VOUS ÊTES TOTALEMENT BARRÉ VOUS!
Ce à quoi l’huclain avait répondu:
-Vous m’appelez à je ne sais quelle heure du matin pour me vendre de l’espace, et c’est moi qui suit barré? Vous mériteriez que je vous bousille la ligne téléphonique pour la peine.
Mais l’heure n’était plus aux disputes. Déjà la police du vide fouillait de fond en comble l’usine pour trouver les fautifs.
-Suivez-moi vite! Leur avait crié le conducteur, alors que tout le personnel se mobilisait pour stopper l’incendie. Les deux autres l’avaient suivi sans broncher. Ils étaient alors arrivés sur le toit, avaient prit un hélicoptère et s’en étaient allés.
-Où va-t-on maintenant? Avait demandé Mr. Répondeur.
-Nous allons retrouver vos amis, et nous en profiteront pour faire un crochet par la chaîne des bulletins d’informations, histoire de prendre au passage notre brave huclain.

À suivre vers les grues.

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La DDE XIII et XIV

la-dde-et-dautres-textes


Mr. Répondeur X
Sur le plateau télévisé, les négociations prenaient fin: des carcasses de tanks jonchaient le sol, des employés gisaient, criblés de boulettes de papier mâché; mais malgré cela, le médiateur s’était engouffré dans le bâtiment à la recherche de l’huclain. Utilisant toujours ses arguments diplomatiques, tels que “allons, soyez sympa, montre-vous” ou encore “je vous assure que personne ne vous fera aucun mal”, il avait néanmoins perdu toute crédibilité lorsque, l’huclain acceptant de se rendre, il avait tenté (toujours avec diplomatie), de l’écraser avec son pied. C’est donc en plein dans ce bâtiment, dans une atmosphère tendue, que nous retrouvons l’huclain.
L’huclain se trouve actuellement caché dans la boîte vocal du standard de l’accueil. Il prépare quelque chose, mais quoi donc? Pendant ce temps, le médiateur se trouve un étage au-dessus, cherchant soigneusement la cachette de “cette espèce de truc d’huclain”, comme il aime à l’appeler. Quelques bureaux renversés, deux ordinateurs explosés et des dizaines de piles de dossiers foutus en l’air plus tard, le médiateur sent qu’il est temps d’exprimer son mécontentement, et ce par une technique qui lui permet d’intérioriser par l’extérieur tout son ressenti, et permet à l’auteur de faire une phrase de quatre lignes au moins, ce qui a le don d’énerver encore plus le médiateur -sauf qu’il ne va rien tenter contre l’auteur, sinon c’est décidé que le diplomate de mes deux sera habillé en robe verte à pois roses et même qu’on l’appellerait Tatie Simone. Le médiateur ferme donc les yeux. Il sent la colère affluer et refluer en lui. Puis il réouvre les yeux. C’est alors que le cri intérieur de trois heures de recherches parmi les feuilles, les notes de services, les écrans, les dossiers, bref; parmi un indescriptible foutoir, se fait entendre:”
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH!!!!!”. À l’étage du dessous, forcément, l’huclain se marre comme un gogol dans son boitier téléphonique. Mais il ne rit pas seulement parce que le médiateur craque. Non, il rit aussi parce qu’il songe à ce qu’il va faire. Pendant que l’autre cherchait au mauvais endroit, l’huclain avait trouvé un fil conducteur menant à un confrère sur une sortie de secours. Or, c’était exactement ce qu’il lui fallait. Il s’était arrangé avec l’huclain de la porte de secours: tout était en règle pour pouvoir emprunter la sortie. Mais avant cela, il avait eu une idée monumentalement indécente de cruauté envers les petits nerfs déjà tous fragiles du médiateur: il allait passer une annonce à l’accueil.
-Le petit médiateur est attendu à l’accueil, je répète: le petit médiateur est attendu à l’accueil, dit l’huclain en empruntant la voix d’une caissière d’Auchan.
Le concerné n’avait pas tardé: il était arrivé quelques secondes plus tard, trébuchant dans des dossiers et envoyant valdinguer les ordinateurs dans lesquels il s’était prit les pieds. Malheureusement pour lui, l’huclain avait déjà filé par la porte entrouverte de la sortie de secours, toujours en riant comme pas possible.

Bernard et Jacques ont enfin fini de réparer leur avion. Ils avaient remit en place la nuit -ce qui avait duré jusqu’au levé du jour- et étaient maintenant prêts à repartir: malheureusement pour eux, il leur était impossible de repasser par le champ de grues; d’une part parce que c’était interdit, et d’autre part parce que de l’autre côté, ils risquaient de retrouver l’employé de l’administration. Employé qui, de surcroît, pouvait tout aussi bien contourner le champ que le traverser -car, rappelons-le, l’Administration évolue perpendiculairement par rapport à celle de la DDE et la notre. Il était donc important que nos deux amis daignent bouger leur arrière-train, autrement l’auteur s’en chargerait et les enverrait en plein sur le plateau d’une émission télé-réalité dont le thème serait “Quelle est la capacité du corps humain à respirer très fort de la moutarde par le nez?”.
Ne tenant pas à le savoir, Bernard avait remballé ses clefs de douze et tout le reste de ses outils tandis que Jacques avait fourré toutes ses affaires dans son plot avant de vérifier une dernière fois l’écharpe pour le nez de l’avion -il ne s’agirait pas de s’enrouler l’écharpe autour des hélices. Tout était en règles, ils échappaient donc au pot de moutarde avant de se lancer vers l’inconnu.
-Bernard?
-Oui Jacques?
-Faites attention tout de même, il ne faudrait pas retomber sur une putain de dérivée pour se faire piétiner par les extremums.
Vous l’aurez remarqué, plus ça allait, plus l’ouvrier devenait poète. Mais à peine avait-il finit sa phrase qu’un bruit, vaguement semblable à un frémissement de moustaches, se fit percevoir. Bernard eut soudain l’air très inquiet. Jacques, qui n’est pas homme à se laisser impressionner, lui demanda ce qui n’allait pas.
-Bernard? Vous avez l’air encore plus anxieux que lorsque nous avions dépassé la borne...
-C’est normal... Ce frémissement de moustaches... Aucun humain n’est capable d’en faire un aussi... aussi... aussi... aussi...
-AUSSI QUOOOOOOOOOOOOOOIIII?
Jacques vient de craquer: Bernard se fait un peu vieux, et le voilà qui se met à bugger. L’ouvrier ne réfléchit pas -un peu comme à son habitude, me direz-vous, mais passons-, l’ouvrier ne réfléchit donc pas: il n’y a pas trente-six solutions pour ce genre de cas. D’un bon coup sec, il lui remet les idées en place; mais il n’en reste pas moins inquiet: il ne sait toujours pas ce qu’était le bruit, et il faut vite trouver un spécialiste pour Bernard qui risque de rebugger d’un instant à l’autre.
-Vous êtes certain de pouvoir continuer à piloter?
-Puisque je vous le dis Jacques!
-Non mais je veux dire... Vous n’allez pas me faire le coup de la panne?
-Non, et maintenant soyez sympa, rembobinez.
-Pardon?
-Je voulais dire “surveillez l’horizon”, ma langue a fourché. Non très sérieusement, ce bruit de moustache était drôlement statistique... J’espère pouvoir trouver un endroit où s’arrêter pour vérifier ce que c’était et... Ho mon Dieu...
Bernard se retrouva, une fois de plus, fasciné par l’ouvrier.
À l’arrière de l’avion, ce dernier, devenu soudain très joueur, s’était approché discrètement de Bernard, le plot porté à sa bouche et quasiment collé à son oreille afin de “lui faire une blagounette”. Après un bon taquet, il s’était finalement rassit et avait surveillé l’horizon tandis que Bernard faisait attention de ne pas entrer en collision avec les lignes de niveaux, ces passages empruntés par divers animaux afin de voyager sur les différentes routes bornées.

Le conducteur, Basile et Mr. Répondeur semblaient voler sans but dans le désert. Du moins c’était ce que pensait l’huclain, qui l’avait déjà fait savoir au conducteur et à Basile. Le premier lui avait alors expliqué que la seul façon qu’avait put avoir l’huclain du relai de s’échapper était, à son humble avis, de prendre une sortie de secours: autrement il y a belle lurette qu’il serait revenu au relai par un quelconque moyen radiophonique. En effet, en prenant cette fameuse sortie de secours, il atterrissait à la Croisée des Portes de Secours. Il leur était donc possible, par la suite, de se retrouver à une sortie de secours donnée. Jusque là, tout allait bien, Mr. Répondeur comprenait parfaitement ce système -bien qu’il n’eut jamais l’occasion de l’utiliser; en revanche, ce qui le tracassait plus, c’était le fait que la sortie de secours en question était celle du désert. Oui oui, celle du désert, au cas où celui-ci prendrait feu ou une débilité du même gabarit
-Surtout, ne me dites pas qui a eu l’idée d’une telle chose. Non, surtout pas... avait alors déclaré laconiquement le petit bonhomme.
Bref, tous les trois volaient dans leur petit hélicoptère, quand soudain Basile aperçu, à quelques mètres devant eux, une sortie de secours. Cette dernière était placée juste avant un petit chemin qui menait à une sorte de hameau. Ils venaient d’arriver à la sortie du désert. Mais ce n’était pas ça qui était intéressant. Non, ce qui l’était, c’était le petit bonhomme qui se tordait de rire dans le dessins de la porte entrouverte. Il n’était d’ailleurs pas le seul: deux huclains de sortie de secours étaient avec lui. Quand enfin ils arrivèrent devant la porte, celle-ci s’ouvrit (elle s’était fermée pour éviter le sable que les hélices leur balançaient à la figure) et en sortit l’huclain du relai. Les retrouvailles furent émouvantes: sautant dans les bras de son collègue, l’huclain exprima toute sa joie à Basile:”Je l’ai eu Basile! Hahaha, vous auriez vu sa tête après le placage que je lui ai mit!”
-Et bien je suis très heureux pour vous, on a eu une petite frayeur à vrai dire.
-Ho mais ne vous en faites pas, ces deux messieurs m’ont très gentiment aidé. D’ailleurs je vous les présente: voici John et Johnny, qui se trouvent être cousins. En plus eux aussi font partie du CHL figurez-vous!
-Allons, moins fort voyons...
Heureusement, personne ne l’avait entendu. Le CHL était le Comité des Huclains Libres: c’était un mouvement consistant à supprimer une bonne fois pour toutes les conditions abusives dans lesquelles se retrouvaient certains huclains. Seulement le CHL n’était pas très bien vu par tout le monde, et il fallait se méfier des personnes à qui on le disait. Remerciant les deux huclains, la petite bande alla à la recherche d’un endroit tranquille afin de planifir le sauvetage de Jacques et Bernard. Derrière eux, soudain, des flammes jaillirent de la porte de secours des deux huclains. Aussitôt, ils la refèrmèrent tandis que l’un d’entre eux criait:
-Courez, c’est sûrement le médiateur qui a retrouvé votre trace! Nous allons tenter de garder la porte fermée, à moins que vous n’ayez quelque chose pour la sceller.
Le conducteur, toujours prévoyant, avait en permanence un petit pot de blanc correcteur de la Laitière. Appliquant avec dextérité le produit sur la porte, il n’en fut plus rien des flammes.
-Voilà, à la prochaine pluie, ça devrait disparaître.
L’ennui, c’est que pour avoir une quelconque prochaine pluie dans le désert, il aurait d’abord fallut qu’il y en a une première. Heureusement, cela devait être le jour du neurone chez le conducteur, car il pensa tout de même à leur en dessiner une autre. Ils pouvaient maintenant partir en direction du petit hameau en même temps que John et Johnny repartaient par la petite porte dessinée par le conducteur.


À suivre point par point.

Bernard n’en revenait pas: devant lui, là, sous son nez, frémissant de plaisir sur les genoux de Jacques, un petit diagramme en boîte à moustaches somnolait, sa droite de statistique enroulée autour de lui-même. C’était Jacques qui l’avait retrouvé tout au fond du cockpit, alors qu’ils quittaient l’endroit du crash. Dans un premier temps, il avait averti Bernard qui avait cherché un endroit où se poser. Le seul problème, c’est que les places de parking étaient toutes prises. Et oui, cela pouvait sembler incongru, mais non-seulement l’auteur aimait ce mot, mais en plus Bernard aussi.
-Pas plus qu’un autre, non, avait alors répliqué l’intéressé.
Bon d’accord, mais toujours était-il qu’ils ne trouvaient pas une place de libre dans ce désert, et qu’il fallait bien s’arrêter à cause du diagramme en boîte à moustaches. Car si il y avait bien une chose dangereuse dans la région de Nulle-Part, c’était les diagrammes en boîtes à moustaches blessés ou apeurés. N’ayant pas le même métabolisme que nous, ces petits animaux étaient néanmoins d’une nature très calme, sauf lorsqu’ils se sentaient en danger: à ce moment là, hérissant leur droite de statistique, frémissant violemment leurs moustaches, ils n’hésitaient pas à se jeter violemment dans la tête de leurs prédateurs. Et oui, car comme leur nom l’indiquait, les diagrammes en boîtes à moustaches étaient en forme de boîtes, et plus précisément en forme de pavés de boîtes. Ainsi, Jacques, voulant approcher la petite boîte à moustaches, s’était rapidement rendu compte que les pavés faisaient presqu’aussi mal que les parpaings et les briques. Bernard, qui s’était pendant ce temps garé sur le bas-côté d’une dune, se retourna alors que Jacques lui demandait un peu d’aide et semblait dire, d’un ton affectueux et emprunt de candeur débile:”Mfe Frmoroi qfuil m’aimmeme mien”. La vue d’un Jacques ayant un pavé enfoncé dans sa tête comme dans du saindoux lui rendit soudainement toute sa bonne humeur, lui rappelant avec joie et délicatesse le Petit Prince et ses fonctions engoncées tout aussi profondément dans ses saintes voies.
Bernard songeait donc à ces heureux souvenirs lorsqu’il s’aperçut bientôt que le diagramme n’était plus enfoncé dans la tête de Jacques, mais en train de frémir sur ses genoux. La tête de l’ouvrier, en revanche, avait toujours la forme donnée par le diagramme: mais même si, à première vue, ça avait l’air impressionant, il n’en était rien. Jacques, rappelons-le, évoluait dans une autre dimension; il n’était donc que provisoirement affecté par les interactions qui pouvaient se produire dans d’autres dimensions. D’ailleurs son visage reprenait lentement sa forme normale, comme un ballon que l’on regonflait. Soudain, le poste de radio, jusque là silencieux, se mit à crépiter. Bernard se précipita dessus, tournant le bouton des fréquences dans l’espoir de capter l’onde qui semblait passer. Un silence s’installa, étouffant, assourdissant. Cela dura une éternité, à quelques minutes près, puis un bruit de piano lâché depuis un Canadair sur le bitume équatorial de la forêt d’Amazonie retentit depuis le petit poste, allant jusqu’à en faire vibrer l’antenne. L’aviateur tourna légèrement le bouton, puis appuya sur “play”. Dehors, le bruit avait fait peur au diagramme, qui s’était immédiatement enfoui dans le visage de Jacques. À l’intérieur, Bernard entendit une petite voix tousser, comme si quelqu’un s’extirpait d’un crash.
-Bernard, ma poule, il faudrait vraiment installer un coussin pour l’atterrissage. Ca m’éviterait, d’une part, de m’exploser la machoire en arrivant, et d’autre part d’avoir à vous le répéter à l’avenir. Non parce que, croyez-moi, un huclain qui travaille dans un répondeur depuis plus de quarante ans, c’est doué pour répéter, et à la longue ça va vous taper sur les nerfs.
Et il avait raison. Pendant que Jacques se décollait le diagramme du visage, Mr. Répondeur, aidé par Bernard, s’extirpait des fils du poste de radio. Une fois remit sur pied, il raconta à ses deux compagnons ce qu’il s’était passé depuis qu’ils l’avaient envoyé chercher de l’aide: le conducteur et lui étaient partis, avec son assistant, rejoindre un autre huclain qui était “occupé” dans les bureaux des bulletins d’urgences. Finalement, ils s’étaient tous retrouvés dans le désert, dans une espèce de hameau perdu à la sortie de cette vaste étendue de sable. Une fois ici, ils avaient cherché un coin tranquille pour discuter de la meilleure façon de retrouver Jacques et Bernard, quand Basile (l’assistant) avait reçu un rapport indiquant approximativement leur position. Le reste avait été facile comme tout: Mr. Répondeur avait accepté de voyager depuis le poste radio du bar dans lequel ils étaient afin de les retrouver. Cependant qu’il terminait son récit, Bernard semblait songeur. Et pour cause: le hameau dont parlait le petit huclain lui rappelait “Ici”, une ville non-située presque au même endroit que Nulle-Part, mais pas tout à fait non plus. Or, ils n’avaient toujours pas retrouvé les attaches qu’ils étaient venus chercher: il fallait donc bien un moyen de retourner à Nulle-Part. Jacques, lisant furtivement ce qui était écrit au-dessus, demanda soudainement:
-Mais au fait, comment allons-nous sortir de ce désert maintenant?
Très bonne question. Et élégamment posée qui plus est. Oui, Jacques posait d’élégantes questions. Mais il se trouvait que Mr. Répondeur savait tout aussi bien répondre.
-À votre avis, Jacques?
-En tapant trois fois dans nos mains?
-Non, désolé.
Jacques était déçu. Il aimait bien taper trois fois dans ses mains -cela l’avait sauvé à de nombreuses reprises. Mais aujourd’hui, il ne taperait pas des mains, non. Car l’huclain leur expliqua comment il avait effectué le voyage pour les localiser précisément: il était en réalité partit avec un autre huclain, censé lui indiquer le chemin, mais ils s’étaient soudainement séparés lors d’un croisement entre une ligne téléphonique et une antenne radio. Pour le reste, Mr. Répondeur avait été équipé d’une carte de la région, et il se trouvait justement que l’endroit d’où provenait les ondes radios de l’avion était l’horizon hortogonal, un espace quadrillé sur deux axes indiquant les coordonées de ce que l’on cherchait et qui s’y trouvait. Mieux encore, cela indiquait même les coordonées de ce qui ne s’y trouvait pas. Et nos amis se trouvaient à l’origine des deux axes.
-...c’est pourquoi il nous suffit de suivre l’axe horizontal dans cette direction, dit-il en montrant du doigt le lointain, mais pas de ce côté là, de l’autre hein (soyez attentifs un peu).
L’huclain aperçu soudain le diagramme en boîte à moustache que portait Jacques.
-Hoo! Un diagramme en boîte à moustaches!
-Vous savez ce que c’est? demanda Jacques.
-Bien sûr, c’est un animal très doux, mais qui peut se montrer violent lorsqu’il se sent agressé. Et vu la tronche de tomate écrasée que vous avez, je pense que vous avez eu l’occasion de tester.
À l’intérieur de l’avion, Bernard s’exclama:”Bon, c’est pas tout ça, mais on y va?”. Alors, bien contents d’être enfin réunis, Jacques, Bernard et Mr. Répondeur s’envolèrent vers la fin de l’horizon orthogonal, un magnifique soleil couchant faisant luire par moments le quadrillage de la région.

À suivre sur l’axe des abscisses.
_______________________

L’Avétis Kazarian

Définition de l’Avétis Kazarian: l’Avétis Kazarian est un animal plutôt farouche vivant actuellement en France, et dont la raison de l’existence est plutôt obscure. En effet, cet animal qui, au vue de ses capacités intellectuelles, semble être né d’un parpaing et d’une brique rouge en fonte, a une intelligence proportionnellement limitée à sa modestie. Et oui, l’Avétis Kazarian “vit en France mais ne se croit pas supérieur pour autant”, et c’est d’ailleurs pour cela que, lorsqu’il insulte quelqu’un, ce quelqu’un ne sait apprécier son “style sublime”. L’Avétis Kazarian se croit donc divin en écriture: ceci dit, sa capacité à foutre des mots à la suite des autres pour faire des phrases de plus en plus longues ne peut que lui donner cette impression. Notons aussi que cet animal aime à barboter avec son gros tas d’égo sur-dimensionné dans la crasse de sa verve avariée. C’est pour cela qu’il ne faut en aucun cas le brusquer, autrement l’Avétis Kazarian peut vous choquer par son infinie connerie qui, paradoxalement, atteint des sommets abyssaux. On relève des cas ayant été secourus d’urgence afin de ne pas rester coincés là-dedans.
Or donc, afin de donner un petit exemple de la modestie de l’Avétis Kazarian, nous vous donnons avec joie un endroit où admirer dans toute la splendeur de ce petit animal (attention cependant: il est possible de soudainement perdre toute foi en l’humanité ) : le profil utilisateur, sur wikipédia, de l’Avétis Kazarian.
Nous espérons que cette définition vous convienne.

La vie amoureuse des curseurs

C’est un fait avéré: les curseurs ont une vie amoureuse. Je le sais, puisque pas plus tard qu’il n’y a pas longtemps, il m’a été donné l’occasion d’admirer la parade de ce noble animal. C’était par un soir d’été alors que le soleil déclinait lentement. Dans un petit jardin de campagne, les gens s’installent et l’on projette l’écran d’un ordinateur sur un autre écran, blanc celui-ci. Et là, un spectacle s’offre à nous.
Sous nos yeux ébahis, on voit un petit curseur, ni trop grand, ni trop petit, qui erre sans grand but sur le bureau (attention, sur le bureau sur l’écran hein, pas sur le bure... non laissez tomber). Bref, le curseur moyen quoi, celui qu’on a l’habitude de voir. Parce qu’on n’imagine pas la vie que peut avoir un curseur. Autant l’être humain, on le sait ce qu’il mène comme vie, autant le curseur, on ne sait pas. Alors quand on sait pas on se tait, on se tait et on me laisse continuer. À part ce qu’il veut bien nous montrer quand il est entre nos mains, je connais très peu de gens qui en savent quelque chose, de la vie du curseur.
Bref, c’est un soir d’été, l’atmosphère est douce, les rayons déclinants du Soleil font ronronner la pierre chaude dont l’exquise douceur lancinante donne l’impression que cette phrase est poétique, alors certes elle l’est mais elle ne veut strictement rien dire si je veux je l’allonge encore plus. Le curseur est donc projeté sur l’écran blanc. Violemment en plus, mais bon, c’est résistant ces bêtes là. Au début, il semble un peu perdu. Puis soudain, ses sens s’éveillent. Oui, il aperçoit quelque part une jolie petite icône. Elle est dans un coin de l’écran, timide et pourtant si belle sous sa parure de pixels. Et c’est à ce moment là qu’il faut un silence totale, afin d’écouter l’amoureux dialogue qui s’ensuit. C’est beau, poétique, et ça le serait encore plus si ces criquets voulaient bien se taire. Merci.
-B...Bonjours Marie-Jeanne...”
-Ho, René, quelle douce surprise! Mais vous semblez tout chose, que vous arrive-t-il?”
-Je ne sais comment vous le dire. C’est un peu compliqué vous savez...” réussi à articuler le curseur, soudain très embarrassé. Comprenez, Marie-Jeanne vient d’être mise à jour, et pour notre brave René, elle est encore plus belle qu’à la première version.
-Ne soyez pas timide, exprimez-vous René.” le rassure Marie-Jeanne.
Alors, prit d’un élan amoureux, René se lance:
-Depuis que je vous ai vu, je rêve ne serait-ce que de vous faire un clic-droit, en tout bien tout honneur. “
-Ho! René...” Marie-Jeanne est troublée, et ne sait que dire.
Dans la nuit qui s’est installée, les criquets se sont tus, et c’est tant mieux sinon j’allais les massacrer un par un.
-Me permettriez-vous, rien que pour cette fois, de vous double-cliquer?”
-Voyons René, bien évidemment! Grand fou, je suis toute à vous!” répond avec fougue la belle icône, enfiévrée par le parfum de l’été.
Alors René ne tient plus: lentement mais sûrement, il bouge ses pixels vers la belle icône. 9 dixièmes de secondes plus tard naît de leur union un film, le petit “Lesneufsreines.avi”. Pendant ce temps, on peut apercevoir les deux amoureux côte à côte, sans que rien ne puisse troubler leur amour.
Le film se termine, on éteint l’écran et l’on se quitte, les yeux encore imprégnés de l’image d’un curseur heureux et d’une icône comblée. On raconte que plus tard, l’utilisateur de l’ordinateur dû changer de souris: René, fidèle à son amour, ne bougeait plus de l’icône ou bien s’en éloignait très peu. Décidément, que de poésie chez les curseurs.



De la mauvaise foi ou l’art de nier en bloc

Aujourd’hui, cours sur la mauvaise foi, ou l’art de nier en bloc. Parce qu’il est important de savoir utiliser cet art à bon escient, et ce afin de contrer les petits enquiquineurs qui viennent nous rabâcher leur mot de la fin autrement qu’à grands coups de pompes dans l’arrière train. Voici un petit exemple histoire de vous introduire, sans arrières-pensées, le début.

Monsieur A: Bonjours monsieur, auriez-vous l’heure s’il vous plaît?
Monsieur B: Oui bien sûr, il est 18h00.
Monsieur A:VOUS MENTEZ! VOUS MENTEZ ET VOUS LE SAVEZ TRÈS BIEN!
Voilà, ça c’est de la mauvaise foi.

La mauvaise foi se perçoit aussi très bien dans les situations familiales, telles que celle-ci:
-Papa, ton fils -c’est-à-dire moi- passe son temps à sautiller connement à cloche-pied, un bouquet de plumes d’autruche dans le derrière et un tournevis derrière l’oreille droite: ta vie est normale.
-Mais je...
-TA VIE EST NORMALE!!
Ici le fils fait preuve d’une mauvaise foi monumentale face à la réalité, vous l’aurez remarqué. Or, pourquoi, je vous le demande, pourquoi le père ne peut-il pas réagir face à cela. Et bien essayez de répliquer face à un demeuré pareil, et après on en reparlera.

Bon, alors, à partir de maintenant, nous pouvons nous poser plusieurs autres questions.
Déjà, la mauvaise foi peut-elle être considérée comme un argument convaincant lors d’un débat? Pour y répondre, prenons un exemple. C’est une image, ne cherchez pas d’exemple à prendre et laissez moi continuer. Prenons un exemple donc, dans lequel seront mis en scène deux hommes importants, parce que les débats des prolos, tout le monde s’en contre-fout apparemment. Bref, dans ce débat nous aurons Monsieur Umportant, et Monsieur Deuxportant, histoire de faire un joli jeu de mots. Monsieur Deuxportant vient tout juste de traiter son adversaire.
Monsieur Umportant: Monsieur Deuxportant, quelle crédibilité pouvons-nous vous apporter, alors que vous venez juste de m’insulter!
Monsieur Deuxportant: Je ne vous ai pas insulté, évitez de proférer de telles choses.
Monsieur Umportant: Mais vous venez tout juste de le faire!
Monsieur Deuxportant: Je n’ai pas entendu, je ne peux me fier à votre seule parole! Qu’est-ce qui me prouve que je n’ai pas dit autre chose, ou bien que ce n’est pas VOUS qui vous êtes vous même insulté?
Voilà, face à ça, on ne peut rien répondre. Non, on NE PEUT PAS! Inutile d’insister.
Deuxième question, la mauvaise foi est-elle en rapport avec le foie gras?
La réponse est: non. Outre le fait d’être un odieux calembour, et bien que le foie gras soit un foie malade, la mauvaise foi se porte très bien, merci.
Troisième question: si faire preuve de mauvaise foi, c’est affirmer avoir raison lorsque l’on à tort, qu’est-ce que la bonne foi?
La bonne foi, c’est deux choses:
-L’une, théologiquement parlant, c’est être un mouton.
-L’autre, socialement parlant, c’est aussi être un mouton, sauf que dans ce cas là, c’est affirmer avoir tort lorsque vous avez raison afin d’éviter qu’on vous dise que vous faites preuve de mauvaise foi, auquel cas vous auriez tort quand vous affirmez avoir raison. Et comme dit plus haut, ça ne vous permettrait même pas de bien manger à noël.
Quatrième question: peut-on parler de mauvaise foi quand on prétend que la deuxième guerre mondiale n’a jamais existé?
Non, on ne peut pas vraiment parler de mauvaise foi: à ce moment là on parle plutôt de cons finis.
Et enfin, dernière question: affirmer que le préservatif contribue à la propagation du sida, est-ce de la mauvaise foi?
Non, bien sûr que non. Mais attention, on ne parle pas non plus de con fini: c’est plutôt de la sénilité précoce, et maintenant papi il va aller prendre ses petites pilules avant de refaire des déclarations pareilles.

Note d’information concernant l’arbre au rond-point de Chamboulais-sur-Tabouleur.
Nous vous distribuons cette note d’information afin de vous faire part des divers horaires des divers stationnements concernant -ou cernant connement- les divers usagers auxquels ils se réfèrent, et inversement. Tout d’abord, les horaires de l’arbre au rond-point de Chamboulais-sur-Tabouleur ne concernent en premier lieu et bien évidemment que les habitants de notre brave petite commune
(1).
Pour commencer, les premiers informés seront les merles et les rossignols. Vous n’êtes pas sans savoir, espèces de fieffés crétins emplumés, que le rond-point de Chamboulais-sur-Tabouleur est constitué d’une couche de pavés entourant un magnifique chêne au milieu. Et bien dorénavant, et ce à compter d’aujourd’hui, le stationnement dans cet arbre ne sera accordé à ces oiseaux qu’entre 00h01 et 8h46 (il faut de la place pour tout le monde comprenez). Durant cette période, vous êtes cependant priés d’éviter autant que possible les nuisances sonores. En cas d’oubli, notre brave homme à tout faire René et son fusil de chasse se feront un plaisir de vous rappeler aimablement le règlement.
Continuons avec, si vous le permettez, et même si vous ne le permettez pas -auquel cas vous pourriez toujours aller brouter du caramel en métal brossé que ça n’y changerait rien-, continuons, donc, avec les mésanges. Ces dernières auront le droit de stationnement en même temps que celui des chats, à savoir entre midi et la fin de la sieste de midi. Autre chose concernant les chats: la nuit, tous les chats sont peut-être gris mais ce n’est pas une raison pour venir miauler en bande à trois heures du matin à l’arbre au rond-point de Chamboulais-sur-Tabouleur, surtout lorsque ledit rond-point se situe près de ma fenêtre. Merci. Nous signalons aussi que les drôles d’oiseaux du foyer des “pinpins”, comme nous les appelons gentiment entre nous, sont autorisés à y stationner entre 16h00 et 17h00, le mercredi, après leur sortie en ville. De même, les enfants en bas-âges sortant de la piscine pourront exceptionnellement stationner en même temps.
Nous nous permettons d’ouvrir, à ce propos, une parenthèse (, que par manque de budget nous ne refermerons pas. À la place cela sera un crochet du même nom que le capitaine.]. Merci de votre compréhension. Ha, justement: en parlant du capitaine Crochet: si je revois Peter Pan, je me charge moi-même de le reconvertir en coucou, ce drôle d’oiseau. Concernant désormais les petits malins qui se croient drôle à toujours non-stationner à l’arbre au rond-point; dès à présent sera mis en place un arrêt préfectoral interdisant tout non-stationnement abusif. Cet arrêt sera aussi de bus, évitant ainsi un stationnement trop long et surpeuplé des habitués de ce transport. Nous vous remercions de votre compréhension, et rajoutons que ces horaires ne s’appliquent pas les dimanches, sauf en cas de dimanche intensif.
Bien à vous et inintelligiblement, mmmmnngnnmmmffrr

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De la tenue urbaine

de-la-tenue-urbaine-1

Bon, après un bon petit mois d'août bien comme il faut (glandouille, soleil, famille, calme, et soirées fort sympathiques), voici une petit MÀJ pour le blog.


De la tenue urbaine
Parce que là, yen a marre. Non c’est vrai, merde quoi. Enfin, que diable, un peu de tenue quand vous êtes en ville. Et plus particulièrement quand vous êtes piéton! Non parce que le conducteur de voiture, lui on le sait à force qu’il doit rouler à telle ou telle vitesse. Mais les piétons, on leur a déjà dit comment se tenir? Et bien non. Héhé, et oui, voilà, toc, zou: le piéton, il ne sait pas comment se tenir en ville. Et m’est avis que c’est un peu à cause de ça qu’il y a des accidents urbains. Mais, allez-vous me dire; “Être au volant d’une voiture c’est une grande responsabilité”. Et bien justement, quand j’en vois certains même pas foutus d’être responsables de leurs jambes, je me dis que c’est une chance qu’ils n’aient pas de voiture. Parce que bon, comme ça, dans l’absolu:”Un piéton ça peut pas être plus dangereux qu’une voiture”, me direz-vous avec une exécrable voix nasillarde. Allons allons: soyez raisonnables et laissez moi vous expliquer combien vous avez tort. Vous avez tort 42. Voilà. Bon mais plus sérieusement, et là je m’adresse aux piétons, faites gaffe quand vous traversez! Vous le savez pourtant qu’on roule sur la route nous. Pourquoi ce besoin si pressant de traverser, ou même parfois de marcher sur la route? Quelle suffisance avec les usagers de la route, quelle fatuité. On ne vient pas rouler sur vos trottoirs nous. Mais si encore ce n’était que ça... Mais non, le piéton pousse le vice encore plus loin puisque quand il traverse, il lui arrive de se faire renverser. Alors bon, il pourrait avoir au moins la décence de le faire proprement. Et bien non Monsieur! Il en profite pour dégueulasser ma bagnole cet enfoiré. Ca laisse des traces rouges, ça en fout partout sur le pare-brise (quand ça ne l’explose pas) et ça fait des bosses: c’est immonde. En plus le sang ça tâche. Ha et puis il ne fait pas dans le discret le piéton. Ha ça non: quand il se fait renverser, il hurle. Et sur moi en plus. Quelle familiarité. Mais si encore il n’y avait que les traces de sang et le bruit. Et ben NON! En plus de ça, cette raclure se permet de me faire culpabiliser. Et vas-y que je feins la surprise, et allez que je simule, et allez que j’en rajoute une couche. Holalala! Dieu quel égocentrisme! Non parce que les gens le savent qu’on roule vite en ville. Ils le savent, mais est-ce que les conducteurs le savent eux? Si non, il serait peut-être temps de leur dire au lieu de se plaindre. Non parce qu’une fois renversé, le piéton il a beau se plaindre, ça ne changera rien: plus de bras, plus de chocolat. Alors s’il vous plaît, lorsque l’on vous renverse, ayez au moins la décence de vous laisser mourir en silence dans le caniveau, ça nous évitera, et surtout ça m’évitera, d’avoir un sentiment de culpabilité atroce. Merci.

__________________
J'en profite pour passer un petit coup de gueule après avoir vu depuis un petit moment déjà plusieurs blogs-bd et les commentaires qu'ils ramassent. La blogosphère, un monde qui ne donne vraiment pas envie d'être artiste. Parce que, forcément, avec des gens comme ça, qui aurait encore envie de se casser le cul à faire un truc bien quand ceux qui donnent le minimum du minimum se ramassent les honneurs juste parce qu'ils ont succombé à la corruption du public?
Bon, là, yen a marre.
À tous ces crétins gloitreux qui éructent comme ils peuvent leur admiration putréfiée par l'orifice moite et répugnant qui leur sert de bouche, à toutes ces larves marinant mollement dans leur jus artistico-hypocrite de mon cul, à tous ces ramasses-merdes:
Quel putain d'instinct peut bien vous pousser à aller crachouiller un pseudo-avis quant à une putain de note de blog aussi drôle qu'un boulon? Je vous le demande.
Vous arrivez sur le blog en question, et, quelle que soit le thème abordé, c'est tout de suite un "putain de concept", l'auteur est "un génie mon vieux" et la note est "tout bonnement énorme!". V'là que l'auteur pourrait scanner sa merde que vous vous prendriez la tête à deux mains en hurlant à l'artiste du siècle. Bande de cons, c'est pas parce que vous vous sentez l'âme artistique qu'il faut à tout prix s'étaler dans un délire baveux de "je suis un artiste et je vous chie dessus". Ca voit un concept tellement utilisé que c'est déjà un miracle si il n'est pas mort, et ça fait sur soi juste parce que, quand même, c'est un blog-bd, un blog d'artiste, et que quitte à ne pas avoir de talent, autant faire semblant d'en avoir et continuer à s'engoncer de plus en plus dans le paraître de l'artiste plutôt que dans l'être.
En fait, ya un truc qui est assez extraordinaire: c'est de tenir bon quand on voit vos commentaires sur les blogs-bd. Parce qu'à ce moment là, il est possible de perdre toute foi en son art, en ce à quoi on croit, et alors on ne fait plus que de la merde, de la nullité en dessin, en prose ou en vers. Juste pour satisfaire les connards qui servent de public à ces blogueurs de mon cul.
Et ça, mesdames et messieurs les blogueurs, cela s'appelle de la corruption par le public".


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L'infini et la DDE.

linfini-et-la-dde

Salut à tous! Une mise à jours après un mois d'absence sur le blog. Pour ceux que ça intéresse, mais en particulier pour ceux que ça n'intéresse pas, j'étais parti faire du canoë en Laponie. C'est beau la Laponie. Il y a de l'eau, des sapins, de l'eau, de l'eau, des sapins, des rennes, des sapins, des moustiques, et de l'eau. Le meilleur moment c'est quand ça s'arrête.
Bref, voici la suite de Mr. Répondeur.

Mr. Répondeur III
Cela fait maintenant trois heures que Jacques et Mr. Répondeur volent en direction de Nulle-Part. Plus tôt, Bernard Joulon s’était posé non loin de l’endroit où ils se trouvaient alors, et leur avait demandé ce qu’ils faisaient. Jacques lui avait expliqué qu’il fallait qu’il aille à Nulle-Part afin d’acheter des attaches spéciales, pour réparer deux lignes à haute tension. Le hasard faisant bien les choses Benard Joulon savait justement comment s’y rendre. En effet, il y avait déposé Jean-Fenouille, qui juste pour ce texte là s’appellerait comme ça, et si il est pas content et ben il aurait d’autres noms encore plus à chier. Bref, tout ce petit monde volait donc vers Nulle-Part.
Jacques avait emporté avec lui un plot de signalétique. Au départ, Bernard et l’huclain n’avaient pas bien compris en quoi cela lui serait utile, mais il avait insisté alors ils l’avaient laissé faire. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est qu’outre le fait de permettre de faire le golio en criant dedans ou de se cacher dessous, ce plot de signalétique pouvait servir de longue vue à Jacques qui, justement, était en train d’observer, légèrement anxieux, l’horizon.
Soudain, Jacques aperçu quelque chose au loin.
-Ho mon Dieu! s’exclama-t-il.
Un agent de la DDE fonçait droit sur eux.
-Vous déconnez là? demanda alors à l’auteur Bernard Joulon, qui pour la peine se prit un taquet, non mais sans blague.
Mr. Répondeur en profita pour regarder dans le plot de Jacques, et fut horrifié: accompagnant l’agent de la DDE, un cadre de l’Administration Routière. Qui souriait. Or, l’Administration était une gigantesque entité évoluant dans une dimension voisine de celle de la DDE. En fait, cette entité se répartissait dans différents plans de la réalité: l’Administration Routière était une faction de cette entité, et évoluait non pas parallèlement aux dimensions de la DDE et de la notre, mais bien perpendiculairement aux deux. La règle d’or de l’Administration était:”
L’Administration a toujours raison, surtout si elle sourit”. Et, comme l’avait vu Mr. Répondeur, le cadre souriait. L’agent de la DDE et le cadre fonçaient donc tous les deux leur rencontre, et ce afin de les prévenir d’une déviation qui n’existait pas encore mais que, par principe de précaution, il valait mieux contourner. Ainsi commence une course-poursuite impitoyable. Tandis que Bernard s’occupe d’esquiver l’avion qui les pourchasse, Jacques leur balance des banderoles et des triangles rectangles de signalétique, afin de désigner une zone sinistrée. L’un des points faibles de l’Administration étant que, puisqu’on ne peut aller qu’en son sens, alors elle aussi ne peut aller que dans le sien. Voilà pourquoi devant une telle riposte, les deux assaillants font demi-tour. Mais ce n’est pas fini, voilà qu’ils reviennent à la charge. Et alors que le cadre, une bras tendu comme pour les attraper, l’autre brandissant des documents pour infractions, et hurlant son droit d’avoir raison -non mais sans blague, bac+15 c’est pas pour avoir tort- alors que le cadre donc, hurle:”MESSIEEEEEEURS, CECI EST UNE DÉVIATIOOOOOON! VOUS N’AVEZ PAS LE DROOOOOAAAAAAAARRRGH!”, Bernard appuie sur un champignon qu’on sait pas ce qu’il fiche ici et les distance en même temps que Jacques hurle dans son plot qu’il n’entend pas les ordre du pauvre petit cadre.
Depuis plusieurs minutes qu’ils volaient, Jacques était beaucoup plus détendu. En revanche, Bernard semblait devenir de plus en plus inquiet. Depuis un petit moment, il sentait que l’atmosphère devenait tendue et se refroidissait. Soudain, ils avaient dépassé une borne indiquant “-∞”. Jacques et Mr. Répondeur n’y avaient prêté aucune attention. Bernard, en revanche, n’était pas dupe, et avait fait un magnifique dérapage pour se cacher en urgence dans un nuage. Jacques, de nature très émotive, s’était réfugié au fin fond de son plot.
-HA MAIS CA VA PAS BIEN VOUS HEIN?! demanda calmement Mr. Répondeur.
-Taisez-vous deux secondes et laissez moi réfléchir mon petit bonhomme... Nous sommes bien passés devant une borne?
-Oui et alors?
-Et alors? Cela signifie que la route qui mène à Nulle-Part est bornée, or il n’est pas rare de croiser des troupeaux d’extremums sauvages sur ce genre de route.
-Ho mon Dieu... Vous n’insinuez tout de même pas que...?
-J’en ai bien peur, si.
-Mais enfin, c’est insensé! Qui pourrait bien cultiver du vide dans un endroit pareil?
-Et pourtant, je peux vous assurer que les troupeaux d’extremums sont plus fréquents qu’on ne le cro... Heu attendez, de quoi me parlez-vous là?
-Hein?
-Quoi?
-Comment?
Incompréhension totale, dialogue de merde.
Et tandis que l’un était blotti, tout tremblant, dans son plot, et que les deux autres venaient de se bloquer dans une “incompréhension totale, dialogue de merde”, un bruit menaçant se rapprochait à l’horizon.

À suivre entre les bornes.

L’avion filait à une allure incroyable, vibrant sous l’effet de la vitesse. Bernard, mettait tout son talent de pilote afin d’échapper à leurs poursuivants. En effet, un peu plus tôt, alors que nos héros étaient tapis dans un nuage, le bruit qui se faisait si faible au début se rapprochait, et bientôt Jacques avait aperçu une sorte de nuage de poussière qui s’avançait dans leur direction. Con comme pas deux, l’ouvrier avait fait la très pertinente remarque:”Hooo, ya un gros nuage qui arrive!”, ce à quoi Bernard et Mr. Répondeur avaient répondu par un regard atterré devant tant de candeur. Car non, ce n’était pas juste un “gros poupoutougnou de nuage qui arrivait”: ce qui provoquait toute cette nuée c’était -et Bernard l’avait bien comprit- un troupeau d’extremums. En cette période de l’année, les extremums parcouraient fréquemment les routes bornée, toujours en troupeaux. Il fallait donc être très prudent si l’on ne voulait pas finir à deux extrémités à la fois. Et cette fois-ci, nos trois héros semblaient en très mauvaise situation: bien que Bernard soit un excellent aviateur, les extremums possédaient une incroyable rapidité. De plus, entre l’avion et le troupeau courait un malheureux diagramme en boîte à moustache, tentant d’échapper à ses prédateurs, ce qui ne faisait qu’exciter encore plus la meute. Non, vraiment, on ne pouvait pas dire que nos trois amis vivaient une époque formidable. Et alors que tout semblait perdu, que les extremums étaient sur le point d’attraper leurs proies tandis que ces dernières essayaient vainement de les semer parmi les intervalles, Mr. Répondeur vit quelque chose au loin qui capta son attention. Aussitôt, il réagit:
-Bernard, mon poulet, attention!
-Qu’y a-t-il Mr. Répondeur, mis à part le fait que vous veniez de m’appeler “mon poulet”?
-Droit devant vous, un champ de vide!
-Mais je ne vois ça nulle-part voyons...
-Et bien justement, FONCEZ-Y!
Bernard Joulon comprend d’un seul coup. Il met les gaz tandis que Jacques, guidé par l’huclain, creuse la distance avec les extremums à l’aide de banderoles de signalisation sans se soucier du diagramme qui court pour sauver sa peau -parce que bon, les élucubrations de l’auteur à la longue, ça va hein. Soudain, dans un fracas assourdissant, l’avion s’arrête en catastrophe au milieu d’un champ de vide. De la carcasse encore fumante, Bernard sort en défonçant la porte d’un bon coup de pied, suivit de près par Jacques. Puis finalement nos trois amis mettent pied à terre et regardent autour d’eux le vide environnant. Ca y est. Il y sont finalement arrivé. Ils sont à Nulle-Part. Reste à savoir comment sortir de ce champ de vide sans tomber. Jacques se met donc à scruter l’horizon à l’aide de son plot, tandis que Bernard et Mr. Répondeur réparent l’avion.


À suivre en haut débit.

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Caractéristiques de l’infini et réciproquement.

Aujourd’hui, il est grand temps de revoir l’espèce de concept totalement crétin qui nous sert d’infini. Mais avant d’attaquer cette leçon, qui a mon humble avis ira se perdre dans les profondeurs les plus obscures de l’espèce de chose qui vous sert de cerveau, j’aimerais définir en gros ce qu’est l’infini, sinon je sens que vous n’allez pas suivre et ça va m’énerver. Bon alors tout d’abord, l’infini, c’est quoi? L’infini c’est un truc qu’on n’en voit pas le bout et qu’on sait pas où ça nous mène. Voilà, en gros, ce qu’est l’infini. Mais allons plus en profondeur, et tentons de préciser les caractéristiques de ce machin informe et vague.

Bon alors, tout d’abord, l’infini, on ne peut pas l’opérer (le pauvre, mourir d’une appendicite, c’est con). Tous les mathématiciens vous le diront: les opérations qui fonctionnent avec des nombres ne fonctionnent pas avec l’infini. Bien sûr, il est possible de calculer des lettres, mais l’infini, sûrement pas (oui les mathématiciens ils sont cons des fois). Prenons un exemple et testons une opération toute simple: ∞+∞. Bon, à première vue, on pourrait dire que ça nous donne 2∞. Et bien non! ∞+∞, ça n’existe pas, puisque c’est tout bonnement deux fois plus qu’une chose qui n’en finit pas d’être importante. Et donc, déjà que l’infini, ça ne menait pas à grand chose, alors si en plus on en a deux fois plus, on n’en finira jamais.

Mais alors, essayons autre chose, comme par exemple
x. Ca donne l’infini au carré. Et l’infini au carré, c’est la conséquence résultante de ce qu’on peut mettre dans un carré d’infini, pour autant que ce dernier n’ai ni début, ni fin, et donc en conséquence aucun côté, puisque sinon cela reviendrais à faire tenir l’infini dans un carré. Or, si, par exemple, comme ça, là, maintenant, tout de suite, on fait un carré d’infini d’une aire de quatre, ça réforme tout le concept même d’infini, puisque ce dernier ne serait alors égal qu’à la racine de son aire, à savoir deux. Et là, je pense qu’on peut le dire, un carré d’infini, ça ne sert absolument à rien sinon à tourner en rond. Or si avec l’infini au carré on tourne en rond, je vous raconte pas le bordel sur un rond, bien qu’un rond, et ça a déjà été dit, n’existe pas en mathématiques.

Pour les quelques attardés du bulbe qui se demanderaient encore à quoi peut ressembler l’infini, voici une petite astuce:
-Commencez par tracer une droite sur une feuille.
-Techniquement, une droite n’a ni début, ni fin.
-Donc elle est infinie.
-Continuez alors à tracer la droite.
Si jamais vous avez fini de la tracer, alors c’est faux. Si vous n’avez pas fini, alors persévérez! Courage, l’infini se trouve tout au bout!.

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Un an à écrire, un mois sans poster, et enfin une MAJ.

un-an-pour-le-blog





Et voilà, il fallait bien que ça arrive: ce blog a un an. Un an de textes et d'articles, mine de rien c'est pas mal =)
C'est pas rien parce que ça veut dire que j'ai réussi à tenir un an pour écrire mes chroniques. Et ça, ça se fête. Mais pas tout de suite, pas tout de suite =)
Et comme ça va en fait faire plus d'un mois que c'était l'anniversaire de ce blog (ben oui, c'était le 25 mai), et que je peux ENFIN refaire des MAJ dessus, j'ai envie de dire:"...", et ce dans un élan de fierté, de joie et de bonne humeur. Bon et pour m'excuser de pas avoir posté pendant plus d'un mois, voici les trois quatre textes écrits pendant ce temps.
PS: non non, vous ne rêvez pas, chez Strip Generator, ils ont changé leur système. Maintenant on a droit à un joli "title" avant le titre, des fois qu'on s'en doute pas.

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Documentaire animalier névrotique.

Aujourd’hui mes poussinous, je vais vous parler d’un animal trop peu connu, et pour cause: personne n’en parle, pas même les écologiste; nada, niet, rien! Ce qui le rend d’autant plus intéressant, c’est sa vie qui est de très courte durée. En effet, la durée de vie moyenne de cet animal est actuellement estimée aux alentours de trente secondes. C’est peu, très peu, mais alors vraiment très peu (pour ceux qui ne le sauraient pas, “peu” est le contraire de “beaucoup”. C’est aussi le bruit que peuvent faire certaines larves humanoïdes pour faire le bruit du pistolet avec leurs doigts).
Bref, laissez moi maintenant, j’ai dit:”LAISSEZ MOI MAINTENANT!” et j’ajouterais:”BANDE DE NÉVROSÉS!”, que je puisse vous présenter, -Jean-Charles vous allez vous prendre un coup de tatane attention-, vous présenter, donc, le Bonhomme Ketchup -bon Jean-Charles, vous l’aurez voulu: qu’on m’apporte des petits cailloux.
Pour commencer, l’apparence du Bonhomme Ketchup est très limitée: deux yeux, une bouche, et parfois un ersatz de nez. Notons qu’à ce jour, personne n’a encore vu le Bonhomme Ketchup se servir de sa bouche. Eh oui, malgré des études poussées, puis tirées, puis repoussées, et retirées de l’actualité, on ne démontre dans le monde qu’un seul et unique cas de Bonhomme Ketchup ayant utilisée sa bouche. Ce Bonhomme Ketchup, c’est Eude.
Eude étais un bonhomme ketchup constitué comme la plupart de ses congénères. En apparence tout du moins. Car, depuis qu’il baignait impersonnellement et de façon moléculaire en commun avec sa fratrie dans la Grande Bouteille Mère, Eude cachait un terrible secret. Ce terrible secret, vous l’aurez deviné à moins d’être aussi névrosé que Jean-Charles qui ne veut toujours pas me laisser, était le don de la parole. La bouche de Eude était donc utile!
Il n’en avait jamais parlé à ses frères:
-D’une part parce que tout ce qu’il aurait pu dire se serait résumé à “Flllehhhh...”
-D’autre part parce qu’une particule de ketchup, ça n’a pas d’oreilles donc ça n’entend rien.
Malgré tout, Eude passa une enfance de parfait condiment. Jusqu’au jour où, fatalement, brusquement, il se retrouva propulsé sans aucune classe sur un plat de spaghettis. Tout se passa un soir d’été à la carbonara, ce qui n’a aucun sens. Eude prit vaguement conscience de son état unitaire et complet avant de voir la lumière au bout du petit tunnel -que l’on s’obstine à appeler vulgairement “bouchon”. La lumière fut de plus en plus intense, puis un sentiment de chute libre se fit sentir. Ainsi que la désagréable sensation d’être séparé puis assemblé. Rapidement, Eude reprit ses esprouts, cette faute d’orthographe étant faite exprès dans le but vil et sournois de faire rire. Poil aux poêles à frire. Le petit bonhomme pas en mousse mais ketchup ouvrit un oeil, puis deux. Enfin, il sentit une chaleur sur son visage, et cela le fit sourire. Eude était chaleureux.
Eudes commença à prendre conscience de ce qui l’entourait. Il décida de nommer le plafond “plafond”, les bords de l’assiette “bords de l’assiette”, et la fourchette qui fonçait droit sur lui “HAAAAAAAAAA!!!!”. Que de naïveté: c’en était presque beau.
Eudes, que son puissant cri avait lui-même surpris, fut compris par la personne qui allait le manger comme un long et puissant “FHHHHHH!”. Tout alla très vite: tandis que la fourchette fonça droit sur lui, Eude esquiva en se renversant de l’assiette et infligea une frustration sans précédent à son prédateur. Puis, venant de faire son premier pas vers la liberté, Eude s’aperçut qu’il venait aussi de faire le dernier, car il n’avait pas de jambes. Eudes finit donc au composte, dans lequel il finit paisiblement ses jours à chantonner paisiblement “Flllhhh, flll fhhh hhlll”, qui est un chant particulièrement apprécié chez les bonhommes ketchup.
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Plainte contre X.

Quand on porte plainte contre X, généralement il n’y a pas de suite. C’est facile; on va au commissariat, et on dit:”je voudrais porter plainte contre X.”. C’est facile et petit. Hooou oui que c’est petit, de porter plainte contre X. C’est lâche parce qu’au final, quand on porte plainte contre X, on porte plainte contre un anonyme, contre du vide, contre rien. Mais imaginez un peu que l’inverse soit possible. Imaginez un instant que X puisse porter plainte contre vous. J’en connais un à qui c’est arrivé. Ce brave monsieur, c’est Christian Druchon. Christian Druchon, avant cette mésaventure, était un homme comme les autres, qui vivait très simplement dans son modeste chez-soi. Tous les matins, au réveil, Christian Druchon prenait un bon petit-déjeuné avant d’aller au travail. Le soir il rentrait en métro dans son humble demeure et n’emmerdait personne, sauf peut-être le jeunot du dessous avec sa musique de sauvage. Mais on pouvait le comprendre, et de toutes façons il n’avait qu’à pas être jeune. Bref, toujours est il que Christian menait une vie parfaitement normale jusqu’à ce jour fatidique.
Christian s’était réveillé un peu tard, mais on ne pouvait pas lui en vouloir: c’était un dimanche et les dimanches, Christian se réveillait toujours un peu tard. Il prenait son petit déjeuné lorsque, soudain, un coup de téléphone retentit. Prit de panique, Christian se jeta à terre. Puis il se rendit compte que c’était stupide et alla décrocher. À sa grande surprise, ce fut la voix du commissaire Michot qu’il entendit
-Allo monsieur Druchon? Pourriez-vous venir au commissariat de suite s’il vous plaît?
-Bien sûr, mais de quoi s’agit-il? Et pourquoi moi? Quand dois-je venir? C’est quoi encore que cette histoire de commissariat de “suites”? Ca veut dire qu’il y a un commissariat de début, et donc un commissariat de fin? Hein? Pourquoi je ne commence pas par le commissariat de début? Qui me veut du mal? Où se situe la zone 51? Quand est-ce qu’on mange?
-Allons monsieur Druchon, fermez gentiment la chose qui vous permet d’expulser sous forme à peu près verbale vos espèces de paroles, levez votre derrière et venez au commissariat de suite.
-J’arrive.
En moins de temps qu’il n’en faut pour le faire, Christian enfourcha sa mobylette et parti en pétaradant vers le commissariat. La route ne fut cependant pas des plus agréables: il creva sur un passage clouté, dut s’excuser après avoir roulé sur un dos d’âne et s’être fait traité de “monstre, vous n’avez pas honte?” -ce à quoi Christian répondit un élégant “non”-, et finalement s’était arrêté pour réparer un feu rouge qu’il avait grillé. Enfin, il était arrivé au commissariat. Il garait tranquillement son engin lorsque, criant “GARE!”, des policiers étaient sortis du bâtiment et l’avaient emmené en salle d’interrogatoire, toujours en criant “GAAAARE!”. Une fois installé, il apprit qu’on portait plainte contre lui.
-Mais qui donc?
-C’est X mon gaillard.
-X...Mon Dieu...Je...
-”
Devoir du 12 mai 1940” ça te dit quelque chose?
-Je...Pas du tout non...
-Vraiment? Pourtant on a ici quelqu’un qui prétend le contraire. Faites entrer la victime.
Doucement, lentement, la porte grinça, et on fit entrer X. Christian ne le voyait pas, et c’était bien normal car, comme son nom l’indiquait, X était inconnu.
-C’est lui, déclara lentement l’inconnu.
-Vous en êtes sûr?
-Absolument certain.
Christian commençait à se sentir mal. Il avait chaud, et il sentait bien que la tension montait dans l’air. Aussi faillit-il sursauter lorsque le commissaire posa un lourd dossier sur la table. À vue de nez, on eu dit qu’il faisait environs 234,56 pages, avec une marge d’erreur de 2 feuilles et 7 mots. C’est d’ailleurs la premier chose que remarqua Christian. Il remarqua aussi le titre du dossier :”Équation du 12 mai 1940”. Aussitôt, il se mit à frissonner.
-Ce dossier vous concerne monsieur Druchon. Si la mémoire ne vous revient pas, peut-être voulez-vous que je vous lise
un bout du dossier?
-Je...Non arrêtez...
-Je cite:”12 mai 1940. Demain est le grand jour. Je vais rendre ce devoir à ma prof de maths. J’espère voir sa tête quand elle lira la valeur de X. Ou plutôt devrais-je dire sa
non-valeur.”. Toujours rien? Tiens, et si je lisais ce passage, celui qui parle de l’heure de colle. Ou bien j’ai aussi les feuilles de calculs si vous préférez!
-Noooon! PAS LES FEUILLES DE CALCULS! Par pitié arrêtez, j’avoue... J’avoue tout... C’est moi qui ai assigné une mauvaise valeur à X lors de cette équation...
-Haha, votre compte est bon. Vous allez en passer du temps en heure de colle, jusqu’à ce que justice soit réparée.
-Snif... Mais comment m’avez vous retrouvé? (il s’adressait à X).
-C’est très simple, il n’y a pas longtemps la police des valeurs a vu le saboteur du train asymptotique des Trigos... Le même train où je me trouvais ce même jour, en direction de l’extremum. Vous avez cru vous en tirer à bon compte en déréglant l’aiguillage des rails d’égalité. Seulement, j’ai réussi à m’en sortir.
Le commissaire, un peu largué, on se devait de le dire, demanda alors pourquoi faire une telle chose.
-Ho c’est tout simple. Depuis la nuit des temps, on utilise les enfants pour nous permettre de séjourner dans votre plan dimensionnel. Grâce à eux, on obtient des valeurs, des “passeports”. Sauf qu’on ne dit rien aux enfants. D’ailleurs, seul un groupe très fermé de matheux connaît la vérité. Mais il a fallut que Christian Druchon fouine nos affaires dans son nez: ce qui non seulement était très désagréable, mais qui en plus de cela ne nous arrangeait pas. Depuis tout ce temps, il vit avec ce lourd secret.
-Mais cela signifie donc qu’il s’agit d’un complot pour réduire en esclavage des tas d’enfants!
-Hahahaha, et oui commissaire. Mais maintenant il est trop tard, Druchon va purger sa peine en m’assignant une valeur! Hahahahahahaaa!
-Enfoirés! Vous rendez-vous compte que vous avez privé des générations entières d’enfants de plaisir?
C’est alors que, dans un élan de courage, Christian résolu l’équation à sa manière.
-Ba, de toutes manières, X ne vaut rien. Même pas zéro, non: il ne vaut juste rien. Et encore c’est déjà trop.
Alors, dans un pathétique sifflement de baudruche qu’on dégonfle, X mourut.
-Bon Dieu, vous nous avez sauvé Druchon!
-Vous savez, je n’ai fait que mon devoir, dit modestement le brave homme.
Quelques jours plus tard, Druchon recevait l’insigne du “tu le mérites bien mais tu peux mieux faire” et se voyait décoré de la médaille de “fournit le minimum du minimum” ainsi que d’un 20/20, ce qui n’est tout de même pas rien. Ben non, vu que rien, c’est un peu plus que X. D’où rien ≥ X, et moi je vais prendre mes cachets.
En bonus, une photo du sabotage des rails:
-avant: =
-après: ≠
__________________________
Les limites tendent vers 0
Aujourd’hui, cours animalo-mathématique sur les limites, et plus précisément les limites en x. La limite en x, donc, pour peu qu’elle tende vers quelque chose, est un animal bien à part dans la chaîne alimentaire. Animal ignoré dont le comportement reste encore un mystère pour une majorité de personnes. Heureusement, il m’a été donné l’occasion de pouvoir récemment étudier le comportement d’une limite en x. C’était en cours de mathématiques, alors que les extremum paissaient tranquillement au bout d’une fonction. Pendant que x tendait tranquillement vers +∞, toute la classe put observer, lentement, la limite de x tendre vers 0. Voyant cela, x feintait et se mettait à tendre vers -∞. Comportement on ne peut plus étonnant, la limite ne cillait pas et continuait à tendre vers 0.
Outré que l’on puisse lui faire un tel affront, x se mit soudainement à tendre lui aussi vers 0, avec une rapidité surprenante. Ce qui devait se passer se passa: la limite se retrouva tout de suite vers +∞. Profitant de l’occasion, x feinta alors qu’il allait atteindre 0 et repartit en -∞. Toute chamboulée, la limite tenta d’adopter un comportement asymptotique: grave erreur, car x se mit à tendre vers ∞, c’est-à-dire dans les deux sens. C’est à ce moment là que la limite de x eut un comportement, et pas des moindres, puisqu’elle se mit à fuir le 0 où elle aurait normalement dut se trouver en prenant la dérivée -une route que l’on réservait uniquement dans certains cas, notamment celui des travaux sur la fonction principale. Oui, mais c’était sans compter sur le fait que x connaissait très bien le chemin. Et ce fut en un rien de temps que la limite de x fut rattrapée, et remise dans le droit chemin, non mais. Au comble du désespoir, notre pauvre limite se résigna à se retrouver là où x tendait. C’est alors que soudain, sans crier gare, comme ça, hop, pour la déconne, x se retrouva sur 0. Et comme x/0, il n’en était vraiment pas question, la limite ne fut plus obligée de tendre vers +∞. Et c’est ainsi que, x se retrouvant coincé dans une impossibilité mathématique -et c’était quand même bien fait pour sa tronche-, notre adorable petite limite put se retrouver vers 0, où elle finit paisiblement ses jours à brouter de la racine de carré.
La prochaine fois, nous verrons comment éduquer un diagramme en boîte à moustache mais d’abord moi je vais prendre mes pilules.

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Mr. Répondeur.

Aujourd’hui, mes membranes cellulosiques cytoaminées que j’aime, je vous propose de nous intéresser à la vie d’une journée de Mr. Répondeur. Poil au beurre. Mr. Répondeur est, contrairement à la croyance populaire, qui tend vers l’hypothèse d’une simple machine, un petit bonhomme. Et ce petit bonhomme fait partie de la famille des huclains. Et non, il n’est pas en mousse. Les huclains, donc, sont ceux grâce à qui tout fonctionne chez nous. Eh oui: quand vous appuyez sur un interrupteur, ce sont les huclains qui courent pour transporter le courant jusqu’à l’ampoule; ce sont les huclains qui s’y mettent à plusieurs pour faire tourner les lames de votre mixeur. On en trouve de toutes sortes, et les plus connus sont sans doutes les bonhommes WC, sans qui pisser deviendrait un beau bordel. Bref, Mr. Répondeur est un huclain: malheureusement pour la personne qui l’héberge, il se fait vieux et devient légèrement irascible. Il arrive donc que, de temps en temps, ce brave huclain pète une durite. C’est ce qui se passa d’ailleurs il y a quelques jours, lors d’une journée particulièrement chargée en appels urgents (tels que la vente par correspondance du service d’eau Véolia) et d’autres broutilles.
3h15 du matin:”[...] merci de laisser un message après le bip sonore.” -BIP-. Bonjours, pourrais-je parler à monsieur Grouchon s’il vous plaît? C’est au sujet d’une offre concernant l’eau... -BIP BIP-.
3h30 du matin:”[...] laisser un message après le bip sonore.” -BIP-. Bonjours, c’est Julie. Écoute Patrick, il faut qu’on parle. -BIP BIP-.
3h35 du matin:”[...] Répondeur... Patrick... Message... Bip...” -BIP-. Bonjours, j’aurais vraiment voulu parler à Mr. Grouchon à propos de cette histoire d’offre. Et je tenais vraiment à le faire à 3h35 du matin. -BIP BIP-.
Jusqu’à 4h00 du matin, Mr. Répondeur récita inlassablement sa longue tirade, espérant que ces andouilles auraient assez de bon sens pour ne plus chercher à joindre quelqu’un en pleine nuit. Et pour s’assurer que plus personne n’appellerait avant une heure convenable, il brancha l’intonalité. Pour ceux qui se le demandent, voici la définition de l’intonalité:
Intonalité.
nf: Bruit caractéristique du silence qu’on entend ou qu’on entend pas la plupart du temps au téléphone.
Mr. Répondeur donc, avait branché l’intonalité et put se reposer ainsi jusqu’à 8h00. Ce ne fut que lorsque la tonalité revint qu’il en eu vraiment marre.
À 8h00, après que Mr. Répondeur eut éteint l’intonalité, une espèce de vibration se fit sentir dans l’air, et enfin surgit, sans crier gare -parce que ça aurait été stupide-, la loi des probabilités, qui lui dit:” La probabilité que les appels affluent au même moment que vous désactiviez l’intonalité est vraie.”. On put donc se demander si éventuellement tous ces gens ne se liguaient pas contre ce fameux Patrick. Mr. Répondeur n’eut malheureusement pas le plaisir d’élucider ce mystère car les appels commencèrent à affluer. Ainsi Mr. Répondeur, et on le comprenait, aurait préféré -comme on dit entre poètes- jouer de la balalaïka le cul sur un cousin de ronces plutôt que de supporter encore longtemps les demeurés profonds qui s’acharnaient sur leur combiné.
Au début, ce fut un démarcheur pour une entreprise d’espace qui l’appela.
-Oui allô?
-Oui, bonjours, je représente la société Espaces&Confins, et j’appelle au sujet d’une offre que nous proposons actuellement.
-Hohoho, mais, mon cher monsieur, vous savez quoi?
-Non, mais je suppose que vous allez me le dire!
-Et bien non tient, je vais vous laisser en suspens. Au revoir monsieur!
Trois secondes plus tard, le démarcheur revenait à la charge.
-Bonjours, monsieur Grouchon?
-Lui-même.
-Je représente la société Espaces&Confins. Nous vendons de l’espace et actuellement, vous pouvez bénéficier d’une offre exceptionnelle: trois espaces achetés, deux confins sont offerts.
-Mon très cher monsieur, vos confins, vous pouvez vous les carrer aussi profond que vous le pourrez, si tant est que vous arriviez à vous insérer quelque chose qui n’existe que tant qu’on n’y est pas. Excellente journée.
Quelques minutes après cet échange d’une rare finesse, le téléphone re-sonnait.
-Oui allô?
-...
-Aaaaallô?
-...
-Je vois...
Mr. Répondeur prit alors une grande inspiration, et c’est désormais en plein combat de silence que nous retrouvons notre brave huclain.
C’est Mr. Répondeur qui attaque le premier, en ne disant absolument rien. Face à un rien aussi absolu, l’assaillant ne peut que parer par une absence de paroles. Puis il esquive le mutisme de Mr. Répondeur et lui lance une corde sur la langue. Ce dernier, qui l’a maintenant bien pendue, la coupe juste à temps, ce qui déstabilise son adversaire qui laisse s’échapper un léger soufflement. Grave erreur; Mr. Répondeur saisi aussitôt l’occasion pour l’enchaîner avec un silence profond. Étourdi par toute cette absence de bruit, l’assaillant essaye de prendre la fuite. En effet, le choc de tout ce silence a crée une friture dans la ligne téléphonique. Mais l’huclain ne se laisse pas faire: il est bien décidé à apprendre à ce trou du cul qu’on n’appelle pas impunément les gens, surtout si c’est pour ne rien leur dire, et encore plus si c’est pour ne rien leur dire un dimanche matin. Avant que son adversaire ait eu le temps d’atteindre sa sortie de secours, Mr. Répondeur a colmaté cette denière. L’assaillant est coincé. Il a beau chercher partout, il ne voit aucune issue. Sa respiration s’accélère, il sent qu’il a perdu le contrôle de la situation. Alors, dans un ultime sursaut d’espoir, il hurle, tout en espérant que ça ne se remarquera pas. Mr. Répondeur l’achève en raccrochant. Le combat a duré une bonne heure, et l’huclain est à bout de souffle, ruisselant de sueur. Soudain, alors que tout semble redevenir normal, un bruit se fait entendre (ce qui est plutôt logique). Puis le même bruit se répète et se fait voir, ce qui cette fois-ci est un peu plus difficile à comprendre.
Mr. Répondeur regarda par le petit cadran du voyant rouge des nouveaux messages, et, étant positionné face à la fenêtre, aperçu deux lignes de tension en train de pendre pitoyablement. Plus intrigué qu’autre chose, Mr. Répondeur prit le chemin desdites lignes...

À suivre au téléphone, et sans pendouiller!

Jacques était content. Bernard Joulon venait tout juste de le déposer sur son lieu de travail, et déjà il s’adonnait à une bonne partie de DDE. Pour le moment, lui et son équipe avaient réussi à faire craquer environs vingt-six personnes. Il y avait au moins: 
-Quinze ronchonneurs. 
-Cinq personnes qui les avaient injurié, dont deux leur avait balancé des petits cailloux, et ce dans une ridicule tentative de les intimider. 
-Trois autres personnes avaient brusquement tourné et, dans un excès d’angoisse, s’étaient jetés en hurlant du haut d’un pont. Les embouteillages ainsi causés avaient entraînés une autre partie de DDE tellement ardue que les chars d’assaut avaient été autorisés. 
-Pour finir, les trois personnes restantes s’étaient défenestrées de leur voitures avant de s’enfuir en hurlant que jamais, non jamais ils n’avaient vu d’aussi grands malades que la DDE. 
Jacques pouvait être très fier de lui. Mais bon, maintenant que la partie était finie, il devait se remettre au travail -bien que cette notion soit très différente chez eux que chez nous. En effet, il devait s’assurer que les lignes hautes tensions pour lesquelles ils étaient venus étaient assez hautes pour ne pas risquer d’accident. La logique étant ce qu’elle est, et celle de la DDE n’étant pas la même, l’équipe d’ouvriers avait dut détacher les lignes pour mieux les observer. Ils en avaient conclu, après une première observation, que les gants en caoutchouc n’étaient pas là pour décorer. Puis après une deuxième observation que “non, vraiment, ils ne sont pas là pour décorer: et si on les mettait?”. Au moment de remettre les lignes à leur place, un petit bonhomme était sortit de l’une d’entre elles et avait interpellé Jacques. C’est là que nous assistons au choc des cultures de deux entités inter-dimensionnelles, Dieu que c’est beau. Faisons preuve de sagesse devant tant de poésie, et surtout vous: fermez là. 
-Hey toi l’espèce de grande gigue, je peux savoir ce que tu fout à me tripoter la ligne à haute tension? 
-Et bien je... Enfin, je fais mon boulot vous savez. 
-C’est ça! En attendant le téléphone il marche plus, et moi je peux plus prendre les messages! 
-Je suis désolé, vraiment... Mais qui êtes vous petit bonhomme? 
-Ha oui, c’est vrai... 
Mr. Répondeur venait tout juste de réaliser que non, Jacques ne pouvait pas connaître l’existence des huclains. Après lui avoir expliqué qui il était, d’où il venait et pourquoi il en venait, Mr. Répondeur failli sombrer dans un profond désespoir lorsque, finissant pour la troisième fois ses explications, Jacques ne trouva rien d’autre à faire que d’enduire de concombre un plot de signalétique. En réalité, Jacques méditait: l’huclain venait de lui dire qu’il fallait à tout prix remettre la ligne haute tension comme elle était, seulement il fallait pour cela des attaches qu’il pensait avoir. Or il n’en avait pas, et ces attaches étaient rares et ne se trouvaient que dans un seul endroit au monde: Nulle-Part. Eh oui, cette espèce de ville située approximativement à côté de Là était la seule qui fournissait ce matériel. “En fait, c’est logique” se dit Jacques, “Nulle-Part est le carrefour inter-dimensionnel de toutes les entités existantes.”. En effet, Nulle-Part était la seule ville dans tout l’univers d’où provenaient de nombreux objets. C’était entre autre là-bas qu’était né le stylo Bic, suite à l’entreprise florissante de Mr. Bic, un ambitieux huclain qui, à force de persévérance, avait réussi dans la vie. Voyant que Jacques avait fini d’enduire son plot de concombre, Mr. Répondeur prit la parole. 
-Bon alors, comment vous comptez me réparer tout ça maintenant? 
-Je suis désolé monsieur, seulement il nous faut des attaches spéciales. Or ces attaches, on ne les trouve guère qu’à Nulle-Part. 
-Comment? Il n’y a pas d’autre endroit? 
-Hélas non... Et pour trouver Nulle-Part, bon courage. 
-Bon et bien nous n’avons plus qu’à chercher. Vous voulez bien m’aider? 
-Ho bien sûr, je n’ai jamais refusé mon aide à plus petit que moi. 
Sur ces mots, Jacques et Mr. Répondeur se mirent en quête de Nulle-Part...

À seuhühivreu.

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La DDE III

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La DDE III

Cela faisait cinq bonnes minutes que Jacques et le conducteur cherchaient en vain un moyen de s’échapper. Le délégué syndical était revenu, avec cette fois des allocutions présidentielles des vingt dernières années. Ce fut tout d’abord Jacques qui subit l’interrogatoire. Au bout de trois minutes d’allocution présidentielle, il avait supplié son tortionnaire d’arrêter de lui infliger ce flot vomitif de conneries démentielles puis avait fini par avouer. On ne savait pas quoi, mais il avait avoué. C’était le principal. Puis ce fut au tour du conducteur, qui hurla pendant trois heures que l’on cesse de lui faire subir ainsi de tels traitement. Et lorsqu’enfin l’interrogatoire commença, il s’évanouit. Quand il s’était réveillé, Jacques avait placé deux triangles de signalisation près de son corps afin de perturber une éventuelle circulation. Décidément, Jacques était un très bon agent de la DDE. Et tous deux cherchaient désormais une issue pour sortir.
Vers midi moins une, on vint les chercher. Jacques et le conducteur s’attendaient à une visite de ce genre, c’est pourquoi ils s’étaient cachés derrière leurs mains, au milieu de la grange. Très rapidement, ils s’aperçurent que cette technique ne fonctionnait pas, surtout après que le conducteur, dans un élan de panique, ouvre les mains et crie: ”COUCOU!”. Ils allaient être emmenés lorsque soudain, un avion sorti tout droit de Nulle-Part, une espèce de ville approximativement située vers Là -une métropole voisine-, un avion sorti tout droit de Nulle-Part donc, fonça droit sur eux. La panique fut immédiate: paysans et agriculteurs couraient dans tous les sens, cherchant un moyen d’atteindre l’avion qui les attaquait. Le quatrième régiment des Tracteurs Adhésifs chargea, l’infanterie des Fourches à Bouts Ronds donna l’assaut, et la division du Foin Grenu construisit des barricades.
C’est ainsi que s’ensuivit un dialogue d’une pure intensité.
-Bonjours, moi c’est Jacques.
-Bonjours, moi c’est le conducteur.
-Vous n’avez pas de prénom?
-Si mais l’auteur en a marre de toujours le changer et il ne veut pas m’en attribuer un fixe.
-Ho je vois. Beau temps pour la saison non?
-Non.
-Effectivement.
Après ce flot interminable de paroles, Jacques et le conducteur s’aperçurent qu’ils en avaient foutu partout. Les paysans et les agriculteurs baignaient à présent mollement dans une boue de conversation plate et sans saveur. L’aviateur sortit alors de l’avion. Il était approximatif, et l’on n’aurait mieux su le décrire. Il marcha dans leur direction et les salua d’un geste de la main.
-Mais d’où sortez vous donc! demanda aimablement Jacques.
-C’est vrai, je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi approximatif par ici, renchérit le conducteur.
L’aviateur retira son casque et ses lunettes, puis leur serra la main en leur expliquant:
-Je suis Bernard Joulon. Je ne sais pas comment j’ai fait pour atterrir ici à vrai dire.
Jacques et le conducteur se regardèrent d’un air ahuri. Ils n’en croyaient pas leurs oreilles: cette personne tellement approximative qu’elle ressemblait plus à du vague qu’autre chose parlait. Voyant les deux faces de miches que faisaient Jacques et le conducteur, Bernard pris son courage à deux mains et le leur balança sur la tronche pour avoir leur attention. Après quoi, il leur expliqua comment il était arrivé ici. Au début, il voyageait tranquillement dans son histoire quand il avait fait la rencontre du Petit Prince avec qui il avait fait connaissance pendant plusieurs heures.
-...Et donc, après avoir fourré dans son cul empreint de noblesse -et désormais d’irritations- les fonctions, je repartais pour de nouvelles aventures en songeant délicieusement à la manière dont cet enquiquineur devait marcher. Lorsque soudain, j’aperçut une déviation de la DDE. Je contournais donc l’endroit et me retrouvait tout droit sorti de Nulle-Part, alors que je n’y était pas entré. Lorsque je vous ai vu, j’ai atterri pour poser quelques questions.
-Je pense que vous pouvez les poser ici, ça ne gênera personne, lui dit Jacques.
Bernard retira quelques questions de sa poche, les posa près d’un rocher et tout trois repartirent.
-Je vous dépose quelque part?
-Plus loin sur la route que vous voyez, j’ai des travaux à finir. Vous serez gentil.
-Et vous monsieur?
-Un peu plus loin il y a l’usine dans laquelle je travaille, je vous indiquerais l’endroit.
-Très bien, alors c’est parti.
Et ainsi, nos trois amis s’envolèrent vers l’horizon noirci de pollution de la civilisation.

Peut-être qu'il y aura une suite, peut-être pas.


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La DDE II

Bonjours à tous, me revoici après plus d'un mois d'absence. Et pour cause: depuis plus d'un mois, je suis en dépression (crises d'angoisses, stress, oppression, pleurs, pleins de joyeusetés) et c'est pas cool du tout. Ben oui, ça veut dire que depuis plus d'un mois, j'ai rien écrit (plus le courage) et j'ai rien foutu d'autre en fait.
Pour faire un petit résumé de ce qui m'arrive: peur de l'avenir, de l'orientation, de l'abandon, de l'isolement, et nostalgie du passé. Pour le moment je vais déjà essayer de régler le problème de l'orientation, le reste je verrais en temps volu, j'ai fait une faute c'est exprès. Bref, après les vacances de Pâques que j'ai passé en dépression -c'était pas la joie-, je me suis remis à écrire, et voici le deuxième chapitre de la DDE.

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La DDE II

Jacques travaillait à la DDE depuis trente ans. Il était tracto-piqueur municipal et, en trente années de service, Jacques avait toujours été un ouvrier qualifié. Ses talents étaient nombreux et utiles. Il savait entre autres lacer ses chaussures et compter deux en deux, enduire de concombre un marteau-piqueur et se coiffer avec un plot de signalétique. Mais ce que Jacques préférait faire, c’était mettre des panneaux et des banderoles partout pour gêner les gens. Oui, Jacques était un peu foufou dans sa tête; et dans le lobe droit de son oreille gauche aussi. Aujourd’hui pourtant, un incident allait bouleverser la vie de Jacques. Cela faisait déjà trois heures qu’il était en pleine partie de DDE, lorsqu’un conducteur était arrivé. Jacques n’y avait tout d’abord pas prêté une grande attention. Soudain, la voiture avait accéléré en marche arrière: Jacques n’avait tellement pas bougé que le bolide ne l’avait pas touché d’un poil. Encore sous le choc, notre brave ouvrier se remettait à peine de ses émotions qu’il couru pour rattraper la voiture qui s’éloignait de plus en plus. Et c’est sur la route nationale de Berlu-les-Oisillons que nous observons maintenant une course-poursuite incroyable.
Jacques est après lui depuis maintenant une demi-heure. En bon agent de la DDE qu’il est, il en profite pour poser des plots et des banderoles un peu partout, histoire d’emmerder son monde. Soudain, le conducteur tourne à droite pour feinter Jacques, qui ne se laisse pas faire: au lieu de cela, il saute dans l’espoir d’atterrir sur la voiture. Il rate. Bon, tant pis; il continue quand même de pourchasser son agresseur, qui roule désormais dans les champs environnant. C’est une magnifique course-poursuite parmi les navets, les tournesols et les agriculteurs, ces derniers se mettant eux aussi à pourchasser les deux couillons qui massacrent leur gagne-pain. Bien entendu, Jacques n’est pas homme à abandonner: alors que le conducteur se cache derrière un tournesol, il se camoufle sous un plot pour tromper l’ennemi. Ce que Jacques a apparemment oublié, c’est qu’un plot de signalétique en plein milieu d’un champ de tournesols, c’est stupide comme idée. Évidemment, ce qui doit se produire ne se produit pas, comme ça vous savez pas ce qui doit se produire et vous l’avez profond. Dans le nez. En revanche, pendant que l’auteur tape cette phrase, les agriculteurs et les paysans capturent Jacques et le conducteur.
Cela faisait presque cinq minutes que nos deux hommes étaient retenus prisonniers par des danseuses à tutu -nan je déconne c’était juste pour pas dire “leurs ravisseurs” et faire un pléonasme- quand un délégué syndical du Comité des Paysans à Pompon et des Agriculteurs au Beurre était venu les interroger puis les interrobert. Il avait commencé par Jacques qui, hurlant dans son plot parce que “c’est rigolo ça fait du bruit”, mettait à rude épreuve la patience du délégué. L’ouvrier s’était finalement pris trois mandales et avait arrêté de faire le gogol. Son tortionnaire était reparti avant d’avoir interrogé le conducteur et après avoir introduit dans la région post-dorsale de Jacques son plot, avec lequel il s’était remit à jouer.

À suivre en rouge.



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La DDE I

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La DDE.
Bernard commençait la journée comme n’importe quelle journée. Comme n’importe quelle journée, il prenait un petit déjeuné comme n’importe quel petit déjeuné. Pendant qu’il mangeait mollement son pain grillé, le soleil brillait et les oiseaux chantaient. Pourtant, malgré le piapia incessant des piapiafs et la chaleur matinale, Bertrand -qui soudain ne s’appelait plus Bernard- était morose. Et ce pour deux raisons:
-Il allait bientôt devoir emprunter une route dangereuse.
-Il aimait bien “Bernard” comme prénom.
Mais voilà, il s’appelait désormais Yacinthe. Au comble du désespoir, Jean-Claude se préparait donc à prendre la route. Il s’habilla avec un costume pingouin, mit ses chaussures, sortit de chez lui et sauta dans sa voiture. Étant doté d’une capacité de réflexion ahurissante, Jean-Eude fut surpris de constater que “sauter dans sa voiture” ne signifiait pas “plonger comme un gogol la tête la première contre le double vitrage de sa Twingo”. Cinq minutes plus tard, notre brave Eusèbe était au volant de sa voiture, en route vers de nouvelles emmerdes. Après avoir passé une heure au volant de sa Twingo, Jean-Fenouille décida qu’il était temps de mettre le contact. C’est donc tout content que ce cher Basile partait en direction d’une route dangereuse. En effet, la route qu’il allait emprunter était en travaux. Ce qui signifiait que des gens s’occupaient de ces travaux. Et que ces gens étaient les gens de la DDE. “La DDE”, pensa Émilien-François. Oui, car Ferdinand pensait. Des fois. Et, comme chaque matin, Paul-Marie pensait à la DDE. La DDE étaient des gens d’une autre dimension. N’ayant pas la même conception du monde que nous, et donc que notre cher Fiacre, la DDE était constituée de personnes donc le concept même de “je gêne” leur échappait totalement. Cette entité inter-dimensionnelle était incrustée dans notre plan dimensionnel et s’amusait à faire des travaux là où il ne fallait pas. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’auteur ouvrit subitement une parenthèse ( afin de la refermer plus tard ) et décida d’expliquer en quoi consistait le jeu principal de la DDE.

Jeu de la DDE.
Pour jouer au jeu de la DDE, prenez:
-Une route bien fréquentée.
-Des tractopelles, des marteau-piqueurs, des bulldozers, des grues, voire des chars d’assaut.
-Des uniformes aux couleurs de la DDE.
-Une fissure.
Le but du jeu est, sur la route bien fréquentée choisie, de faire le plus de travaux encombrants et gênants possible. L’utilisation d’engins tels que la grue ou le char d’assaut reste strictement réservée aux parties les plus élevées. Plus les travaux sont inutiles et longs, mieux c’est.
Exemple: la rénovation d’un rond point pour cause d’argent à dépenser.
Voilà vers quoi se dirigeait donc Odilon. Ce qui devait arriver arriva: il ne tarda pas à tomber sur une partie de DDE. Georges s’arrêta donc, sortit de sa voiture et alla s’enquérir du pourquoi des travaux. La raison était toute simple et paraissait logique: la route sur laquelle se déroulaient les travaux était peu fréquentée et n’avait pas besoin d’être rénovée. Logique. Brugnon-Fernand, que la DDE exaspérait au plus au point, demanda poliment pourquoi la route était en travaux, et donc barrée, alors qu’elle n’avait pas besoin d’être rénovée. La réponse fut tout aussi limpide qu’une tranche de foie gras : Ha ben y-z-’étaient arrivés c’matin, pis bon, ça leur paraissait pas bien abîmé. À vrai dire ils venaient de mettre du goudron frai y avait trois jours. Mais bon, ils ont quand même fait des travaux de prévention. Parce qu’y sont un peu concon. Comme ils avaient rien trouvé, il a fallut qu’ils refassent la route. À cause des travaux qu’avaient un poil abîmé l’bitume. C’est tout simple.
Bruno-Dageain, que ça lui allait bien, réagit comme tout homme sain d’esprit à ces mots inter-dimensionneaux, oui on dit comme ça je vous emmerde. Car il avait prévu le coup. C’est donc calmement que Tristan-Coït remonta dans sa voiture. Doucement. En se jetant calmement la tête la première comme un gentil gogol sur la vivitre de sa papas méchante dudu toutout Twingo. Avec assurance, il prit place au volant. Puis il mit le contact en marche. Clic. Hortense, qui avait toujours eu des envies suicidaires depuis qu’il connaissait la DDE, venait subitement de changer de sexe. Ma phase contenait donc une faute de français. Faisant gronder le moteur, Mathurlute-Lapine décida donc qu’il était temps de mettre fin à son calvaire. Il fonça, car son nom était désormais. Le moteur vrombissait, les pneus crissaient et Hubert fonçait en marche arrière. Concentré comme jamais, bien décidé à les suicider, ce brave Mathurin était au bord de l’hystérie -car les envies suicidaires de Mathurin s’appliquaient surtout aux autres. Qu’allait-il se passer? Robert allait-il réussir à suicider la DDE?

À suivre sur les roues de chapeau.

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Newton

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Newton.
À ce jour, une découverte primordiale pour la science a été découverte. On doit cette noble découverte à Gontran Justin, chercheur de logique. L’humanité lui doit par exemple la logique du début marquant un commencement et réciproquement. Gontran Justin commençait donc sa journée, comme tous les jours, en commençant immanquablement par le début. Comme tous les jours, Gontran Justin ne manqua pas de noter cette remarque : « 
Ai commencé ma journée par le début. La logique se vérifie toujours ». Tout à fait logique car, en plus d’être chercheur du quatrième mot de cette phrase, Gontran Justin vérifie chaque jour si la logique se vérifie. On ne sait jamais. Bref, ce monsieur commençait donc sa journée par le début, et en profitait pour se lever. C’est à partir de là que tout commença à déraper. Gontran Justin ne savait pas qu’il allait faire une découverte monumentale. Pendant qu’il se servait un bol de céréales, Gontran notait la logique toujours vérifiée de ce petit matin… Mais non… Ce matin n’était pas comme les autres : c’était un PETIT matin. Gontran en fut pétrifié. La logique n’était ici pas vérifiée : alors que les autres jours avaient commencé par le début, un matin, celui-ci commençait un petit matin. Il fallait noter ceci : « La logique ne se vérifie plus. Ce matin est un petit matin. ». Décidément, que d’émotions ! Car si la logique, pourtant parfaitement établie depuis si longtemps, ne se vérifiait plus aujourd’hui, alors cela la rendait illogique, et l’illogique se vérifiait donc elle-même, ce qui la rendait logique !
Gontran avait besoin de confirmer ses soupçons. Et donc, afin de vérifier la logique, Gontran fit ce qu’il faisait d’habitude après avoir déjeuné : il s’installa devant son ordinateur. Malheureusement pour lui, notre pauvre Gontran n’était pas au bout de ses peines : les icones de son bureau semblaient avoir bougées d’un millimètre sur la gauche. Impensable. Pauvre Gontran, qu’allait-il faire ? Embarrassé par tant d’existentialisme, notre pauvre chercheur décida d’éteindre son ordinateur. Il ne pouvait l’utiliser, au risque de perturber la logique et de travailler sur un ordinateur dont les icônes avaient un millimètre de décalage sur la gauche. Cela n’avait aucune logique. Gontran nota donc ceci :
 « Ne peux plus utiliser l’ordinateur : les icônes ont bougés d’un millimètre sur la gauche. Que faire ? Pourquoi ? Où ? Quel est le sens de ma vie ? Pourquoi l’équation de deux fonctions affines est-elle nécessaire pour compléter mes notes par cette question ? », tout en posant ladite équation. Comme quoi Gontran était un tantinet secoué. Décidant de vérifier si la logique s’appliquait quand même au reste de la journée, Gontran sortit donc dehors. Il ne réussi qu’à sortir dedans. Puis, voulant rentrer à l’intérieur, il rentra dehors. Totalement désorienté, le pauvre homme continua quand même sa journée comme prévue. Logiquement, sa journée devait se poursuivre sans incident. Soudain, l’auteur en décida autrement! Bon sang! Quelle tuile pour notre pauvre Gontran! Grosse et rouge, lourde et encombrante. La tuile. Gontran, à la fois fasciné et terrorisé, nota ce qui ne suit pas, tant la logique ne nous atteint pas: « L’auteur est un enfoiré. ». Gontran avait néanmoins oublié un petit détail: tout ce qu’il faisait était la conséquence de la volonté d’une entité supérieur, entité qui par ailleurs décida, voyant ce qu’avait écrit Gontran, de lui coller une bonne paire de baffe, un pied au cul et au lit. Car, parmi les actions exercées sur un solide plus ou moins déformable, on notera l’action de ma main dans ta gueule et de mon pied au cul. Logique.

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Le Petit Prince

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Le Petit Prince.

Survolant les plaines désertiques d’une contrée encore inconnue, Bernard Joulon profitait du paysage. Cela faisait déjà plus de quatre chapitres qu’il volait, et il avait déjà traversé un cinquième de l’histoire. Lorsque soudain, un bruit. En plus d’une phrase inutile. Poooootprrrottrprproootrpetrrr... C’est tout ce qu’eu le temps de dire Bernard avant de faire un atterrissage forcé en douceur sur le sable, et de tomber dans les pommes. Lorsqu’il se réveilla, Bernard se demanda tout d’abord deux choses:
L’une, où était-il?
L’autre, qu’est-ce que des pommes pouvaient bien foutre dans le désert?
Bien sûr, Bernard n’étant pas totalement stupide, il finit par se douter qu’il n’était pas au pôle nord. Après avoir retrouvé ses esprits, Bernard se mit alors au travail pour réparer son avion. Soudain, une petite voix lui vint aux oreilles. “Mais qu’est-ce que c’est?” se demanda-t-il. Il se retourna alors et vit un petit garçon, habillé bizarrement et qui lui parlait tout près des oreilles en chuchotant. Lui collant une mandale, Bernard lui demanda alors ce que cette délicate fleure de nave voulait. Il ne se doutait alors absolument pas qu’il avait affaire au Petit Prince!
-Je suis le Petit Prince”, dit bêtement ce dernier, s’imaginant que Bernard en serait ravi.
-Moi c’est Bernard, maintenant laisse moi travailler s’il te plaît, tu pourrais te couper avec l’un de mes outils sinon.”
-Définis moi une fonction.”
-Je te demande pardon?”
-Définis moi une fonction.”
Bernard se demanda alors pourquoi un petit garçon voulait qu’il lui définisse une fonction. Ayant déjà du retard sur son travail, Bernard lui dit:” Je ne peux pas, j’ai du travail, et en plus je n’ai ni papier ni crayon”.
-Ce n’est pas grave, j’ai du papier et un crayon.”
-Oula, tu avais prévu le coup on dirait.”
-Oui. Je parcours le désert à la recherche de personnes à emmerder.”
-Je dois te féliciter. Pour le moment c’est réussi. Bon donne moi ce papier, je vais te définir une fonction.”
Le Petit Prince lui donna alors du papier et un crayon, et observa Bernard définir une fonction.
-Tiens regarde. Je t’ai défini une fonction carré divisée par une fonction cubique.”
-Je ne l’aime pas.”
-Quoi?”
-Elle est trop grosse. J’en veux une qui soit mince.”
Bernard entreprit alors de dessiner plusieurs fonctions. Malheureusement, aucune ne convenait au Petit Prince. L’une était trop courbée, l’autre trop Julien. Au bout de trois heures de définitions, de fonction, Bernard lui dit:” Dis donc mon petit, je crois avoir fait tomber mon crayon par terre, tu ne voudrais pas te pencher pour le chercher s’il te plaît?”
-Mais ton crayon est dans ta main.”
-Non, il ne l’est pas.”
-Selon Ax+B/(1214^1j), si.”, déclara fièrement le Petit Prince.
-Oookaaaaaay.”
Bernard prit alors une profonde inspiration, et jeta le crayon très, très loin, avant d’ajouter:”Maintenant, il n’y est plus. va le chercher s’il te plaît”. Alors, pendant que l’autre truffe courait chercher son petit crayon, Bernard entrepris de rouler une par une les feuilles utilisées. Puis, après avoir fait un petit tas, il attendit que le Petit Prince revienne. Ce qui pris au moins trois bonnes heures, durant lesquelles Bernard put enfin réparer son avion. Le Petit Prince revint en soufflant, tenant victorieusement le crayon dans une main. Bernard lui demanda alors de regarder par terre si il n’y en avait pas un deuxième, ce qu’il fit. Profitant de l’occasion, Bernard mit en pratique les techniques ancestrales qu’il avait appris en Papayatogouanie du Pérou nordique afin de faire le vide dans sa tête. Il prit un par un les papiers, et les fourra délicatement mais fermement dans le cul de cet enquiquineur de Petit Prince. Puis il reprit l’avion, pensant aux fonctions désormais définies dans le fion du Petit Prince. Cette merveilleuse pensée le fit sourire tandis qu’il volait en direction d’un sublime soleil couchant.

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Les équations tombent du ciel

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Les équation tombent du ciel.

Les équations tombent du ciel, c’est une certitude. Je le sais, j’ai un ami qui me l’a dit. Et ce n’est pas la moitié d’un con puisque c’est lui même qui m’a montré le phénomène. C’était très beau. Je m’en referais bien un petit coup d’ailleurs. Pour regarder les équations tomber du ciel, il faut tout d’abord son matériel d’observation, à savoir une feuille, blanche ou à carreaux. Ensuite, il est important de bien se placer dans un environnement propice. Pour ce dernier, il est préférable qu’il y ait un bureau, une table, une salle de classe: un endroit pour travailler. C’est dans ces endroits là qu’on trouve le plus d’équations. Personnellement, j’évite la douche ou la rue. Ces choses là sont assez farouches. Et il ne faudrait pas les effrayer pendant l’observation. Mais je divagues. Vagues. Alors revenons à nos moutons veux-je bien?
Le meilleur moment pour observer les équations tomber du ciel, c’est lorsque que tout est calme. Plus un bruit ne doit troubler l’atmosphère. Et alors, si vous êtes bien préparés, vous devriez assister au phénomène. Tout commence par un petit bruissement dans l’air, un frémissement, une subtilité phonique. On essaie alors de localiser la source de cette petite perturbation. C’est alors qu’on en voit une, puis deux, puis trois, et ainsi de suite, tombant sur la feuille blanche. Gracieusement, emportées par le vent, tombant dans un doux mouvement de feuille morte. Certaines battent parfois des ailes puis se laissent aller au gré de l’attraction. D’autre encore se tournoient autour et fusionnent pour donner des polynômes du troisième degré. Certaines changent et deviennent chimiques. C’est beau. Mais le plus beau, c’est de voir la parade amoureuse de ces doux animaux. L’autre fois, j’en voyais deux qui se tournaient autour. Pendant leur longue étreinte tourbillonnante, je pu entendre le mâle qui disait à sa promise, sur un ton suave:” Gisèle, mon Dieu, votre inconnue vous rend si mystérieuse.”
Et la petite fonction de répondre si gentiment:” Ho voyons Henri, grand fou. Ressaisissez vous donc, vos membres de l’égalité sont tout tremblants.” Que de belles paroles, que d’amour dans le verbe! Et que de membres dans les égalités! Haaa, et le timide Henri de répliquer.
-Je...Si j’osais Gisèle...Holala non, je n’y pense pas.” d’une voix tremblotante.
-Hihihi osez Henri!” l’encourageait la brave Gisèle, coquine comme tout.
-Accepteriez-vous de joindre votre inconnue à la mienne pour... Enfin... Les polynômes du deuxième degré vous disent quelques chose?”. Et voilà. Henri était lancé. Quel tombeur!
-Hooooo Henri! Ce... C’est une si charmante idée!”
-J’avais si peur que vous ne refusiez”
Alors, dans un ultime produit scalaire, les deux équations se composèrent pour donner naissance au petit Henri o Gisèle (qui se prononce Henri rond Gisèle) et qui est un beau prénom parmi les équations. C’est beau. C’est ce qu’on appelle le miracle de la vie.

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Du Petit Quotidien

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Du Petit Quotidien.
Au petit quotidien, il y a des gestes simples. La télévision le dit, alors c'est vrai. Tenez, prenons un exemple. Mettons en scène la famille Dartygny Soignon. Il y aura le père, la mère, le fils et la fille. Les Dartygny Soignon sont en train de manger. Lorsque soudain, tombant comme un blâme, papa Dartygny Soignon veut jeter un emballage à la poubelle. Déjà, papa Dartygny Soignon n’aime pas les emballages. D’ailleurs personne n’aime les emballages. Mais papa Dartygny Soignon lui, il leur voue une haine sans limite. Toujours est-il que papa Dartygny Soignon veut jeter un emballage à la poubelle. La tension monte alors d’un cran. Il le sent, il le sait: la poubelle est pleine. Mais l’Homme avec un grand hâsche est fier et courageux dans sa nature, son instinct profond resurgit et rien ne peut le stopper. L’Homme. Debout face à l’inconnu. L’Homme. Qu’il est beau, seul au devant de ses responsabilités. L’Homme. Courageux devant une poubelle pleine. Alors dans un imperceptible bruissement, il s’avance. Doucement. Calmement. Ses pas sont assurés et il ne tremble pas. Il a remonté sa manche. Tout va aller très très vite.
En un éclair, l’Homme est sur la poubelle et tente une insertion brutale mais correcte de l’emballage! La poubelle réplique avec un débordement réparti, ce qui a pour effet de faire tomber d’autre déchets. Pendant ce temps la femme hurle de désespoir et d’impuissance tandis que son mari tente une esquive et change de main. Rien n’y fait! C’est une gerbe d’ordures qui volent dans la cuisine avec grâce et élégance, libérant leurs effluves béchamel-épinard dans la maison. La panique gagne alors la famille. En une fraction de seconde, le père hurle et jette la poubelle parce que c’est efficace, la mère hurle afin de se protéger du reste de lasagnes qui fonce sur elle, tandis que les enfants jouent à cache-cache. À cause du théorème de la cause à effet, la poubelle percute la plaque électrique et commence à fondre: papa Dartygny Soignon remonte alors ses manches et va se couper une tranche de saucisson. Maman Dartygny Soignon tombe à genoux et pleure en bleubeuleuleutant. C’est beau. Le silence retombe alors dans une pluie de déchets. C’est fini. Monsieur Dartygny Soignon prend son emballage et... Ho mon Dieu! Ce n’était pas la bonne poubelle! C’est l’autre, qui est pleine elle aussi! Cette fois c’en est trop: l’Homme resurgit et va au-devant de ses responsabilités. Cette fois-ci, c’est une magnifique tentative d’intrusion subtile sous le couvercle qui est tentée. Plus que quelques centimètres. Ho oui! Voilà! C’est bientôt dedans! C’est fini! La femme saute au cou de son mari et lui témoigne toute son affection en rangeant tout son bordel tandis que les enfants partent jouer comme des petits cons dans leur chambre et que l’Homme, toujours beau dans sa nature, va s’asseoir sur un fauteuil pour lire le journal avec volupté et une bonne bière.


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Pour Madame Stupide

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Pour Madame Stupide.

Madame Stupide;
-C’est celle qui réussi à ne croiser le regard d’aucun élève.
-C’est celle qui réussi à bugger au moins une fois en une heure.
-C’est celle qui donne envie de rire quand elle s’énerve.
-C’est celle qui donne envie de rire en fait.
-C’est celle qui met mon humour pourri à rude épreuve quand elle se fâche.
Du genre:

“Vous voulez que toute la classe paye?”
Le vaste horizon des blagues s’ouvre alors à moi.(1)
“Encore une remarque et c’est la feuille” À ce moment là, la crédibilité passe d’aucune à encore moins.
-C’est celle grâce à qui j’ai compris qu’un barycentre partiel est partiel si et seulement si il en manque un bout. Et inversement.
-C’est celle qui a une voix de pucelle.
-C’est celle grâce à qui une personne de ma connaissance m’a éclairé avec cette phrase à grande portée philosophie:”
Dans un repère, si l’origine n’est pas à l’intersection des deux axes, alors c’est faux. Et réciproquement.” Phrase qui permit par ailleurs de révolutionner le concept de repère orthonormal.
-C’est celle qui créé une distorsion de l’espace-temps et fait que tout passe plus lentement.
-C’est celle qui ne regarde QUE le plafond ou QUE le sol.
-C’est celle qui a une tête qui ne ressemble tellement à rien qu’on pourrait l’assimiler avec n’importe quoi, tant que c’est moche ou que ça a un air crétin.
-C’est celle avec qui il ne vaut mieux pas jouer au con si on est mauvais perdant.
-C’est celle à qui j’ai envie de dire d’aller se fourrer un cocotier dans le derche et de ne plus venir faire ses cours de maths si elle n’aime pas ça.
(2)
-C’est celle qui a jeté mes feuilles doubles à la poubelle. Et elle les avait plié en plus.
-On a tous en soi ce petit quelque chose qui nous rend si exceptionnels. Elle on sait pas.
-Dans la vie, il n’y a pas que des choses biens. Visiblement.
Voilà, Madame Stupide c’est tout cela et bien plus encore.
“Pourquoi pas, j’ai plus un rond.”
Elle s’occupe du réseau informatique du lycée. Elle “n’a pas que ça à faire” (des maths)


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À l'intention du connard.

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À l’intention du connard.
À l’intention du grand malade qui fait les manuels scolaires de mathématiques, notamment celui que je me trimballe. À l’intention du sadique qui invente les exercices desdits manuels. À l’intention du mec qui, en partenariat avec le grand malade, publie les livres. À l’intention du monsieur qui recopie consciencieusement ces exercices, mot par mot, chiffre par chiffre, fonction par fonction. À l’intention du grand malade du début qui s’ingénie à renouveler ses exercices pour qu’on connaisse pas les solutions années après années. Toujours à l’intention du même mec que précédemment, celui qui passe son temps à se poser des questions existentielles du genre:”Christophe à neuf boîtes de trois feutres définies -les boîtes pas les feutres- sur la fonction
f. Il en perd deux. Combien lui en reste-t-il?”, afin de nous faire perdre le notre. À l’intention de ce
monsieur pas qu’un peu atteint. À l’intention du psychopathe qui s’évertue à rendre ses exercices de plus en plus incompréhensibles.
VOUS ÊTES UN
CONNARD MONSIEUR.


Ce n'est pas que je soit super long à écrire mes textes. C'est juste que j'ai du travail.
Alors en bonus j'ai ça:

Et autrement, n'ayant plus beaucoup d'inspiration, je ne sais pas pour quand sera le prochain texte absurde. Du cynisme pourquoi pas, mais de l'absurde... Bref, j'espère que ça vous plaira quand même (pour l'absurde, disons que ce que j'essaie c'est pas top en ce moment, alors bon je fais dans le cynisme et le sarcasme).


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Monsieur Emoticon

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Avant toutes choses, voici les résultats du sondage concernant un point A et un point B:
Sur 26 personnes sondées:
-26,92% ont voté non. Et bien je suis désolé, mais la prochaine fois, vous penserez à justifier votre réponse!
-26,92% ont voté oui. Dommage, c'est presque faux: vous auriez eu complètement juste si vous n'aviez choisi cette réponse.
-46,15% ont voté 6, 23. On voit tout de suite les matheux.
------------------------

Les émotions de Monsieur Emoticon.

Il est un fait avéré que l’on ne peut pas nier, c’est le fait qu’à peu près tout le monde connaît Monsieur Emoticon. En effet, qui n’a jamais utilisé ce brave monsieur pour représenter une joie intense, une profonde tristesse, etc ? Or, il me semble nécessaire de remettre à jour les différentes expressions caractérisant Monsieur Emoticon, et ce dans le but fort louable de ne plus se tromper sur les sentiments des gens à l’avenir. Ainsi, nous verrons dans quelques exemples comment interpréter Monsieur Emoticon.

Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: : )

: ).
-Monsieur Emoticon est content.
-Monsieur Emoticon approuve ce que vous dite.
-Monsieur Emoticon est niais.
-Monsieur Emoticon vous prend pour un crétin.
-Monsieur Emoticon a une banane coincée dans la bouche.
-Monsieur Emoticon vous dit:”Ouiiiiiii”.
-Monsieur Emoticon boude mais a les yeux au dessus de la bouche.

Ainsi:
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: J’ai une banane coincée dans la bouche.

Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: : (

: (.
-Monsieur Emoticon n’est pas content.
-Monsieur Emoticon n’approuve pas ce que vous dite.
-Monsieur Emoticon sourit mais a les yeux en dessous de la bouche.
-Monsieur Emoticon vous plaint.
-Monsieur Emoticon ne vous plaint pas et se moque de vous.
-Monsieur Emoticon a mal au cul.

Ainsi:
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: J’ai mal au cul.

Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: :’(

:’(.
-Monsieur Emoticon est triste.
-Monsieur Emoticon est compatissant.
-Monsieur Emoticon est con, pas tissant.
-Monsieur Emoticon pleure.
-Monsieur Emoticon vous dit:”Paaaauvre Bichoooon!”
-Monsieur Emoticon vous dit:”J’ai fait bobo mon doigt.”
-Monsieur Emoticon veut que vous le lâchiez.
-Monsieur Emoticon a une apostrophe sur le coin de la gueule.

Ainsi:
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: J’ai une apostrophe sur le coin de la gueule.

Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: : D

:D.
-Monsieur Emoticon ressent une joie intense.
-Monsieur Emoticon est heureux pour vous.
-Monsieur Emoticon s’en fiche royalement.
-Monsieur Emoticon a un bol coincé dans la bouche.
-Monsieur Emoticon revient des WC.
-Monsieur Emoticon baille.
-Monsieur Emoticon fait:”gah”.

Ainsi:
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: Je reviens des WC.

Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: :p

:p.
-Monsieur Emoticon est malicieux.
-Monsieur Emoticon vous tire la langue.
-Monsieur Emoticon a une chips qui dépasse de sa bouche.
-Monsieur Emoticon est totalement désintéressé.
-Monsieur Emoticon vous fait une lèchouille.
-Monsieur Emoticon a une grosse goutte au coin de la lèvre.

Ainsi:
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: J’ai une chips qui dépasse de la bouche.

Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: ; )

; ).
-Monsieur Emoticon dit:” On est complice! Haha!”.
-Monsieur Emoticon a un oeil bizarre.
-Monsieur Emoticon a une poussière dans l’oeil.
-Monsieur Emoticon vous dit:”Héhé”.
-Monsieur Emoticon ferme un oeil avec une banane dans la bouche.
-Monsieur Emoticon vous dit:” Bien sûûûûr!”

Ainsi:
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: Je ferme un oeil avec une banane dans la bouche.

Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit:
: |

: |.
-Monsieur Emoticon est troublé par ce que vous dite.
-Monsieur Emoticon est troublé par votre avatar.
-Monsieur Emoticon est troublé par Clarisse la patate chaude qui danse sur le rebord de la fenêtre.
-Monsieur Emoticon est troublé par le fait que vous lui parliez.
-Monsieur Emoticon se demande comment ils mettent les rayures dans le dentifrice.
-Monsieur Emoticon est blasé par les propos insensés que vous débitez.

Ainsi:
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: Mais comment mettent-ils les rayures dans le dentifrice?

Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: :X

:x.
-
Monsieur Emoticon a envie de vomir.
-Monsieur Emoticon a la bouche scotchée.
-Monsieur Emoticon a envie de vous roter à la figure.
-Monsieur Emoticon se retient de rire tellement ce que vous dite, c’est crétin.

Ainsi:
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: Attends j’arrive, j’ai envie de te roter dessus.

Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: XO

XO.
-
Monsieur Emoticon est énervé.
-Monsieur Emoticon est dans une grosse colère.
-Monsieur Emoticon fait semblant d’être choqué.
-Monsieur Emoticon a un hippopotame coincé dans le cul.
-Monsieur Emoticon fait une petite colère.
-Monsieur Emoticon baille.

Ainsi:
Untel dit: Je pense que la vie est vaine. Et toi?
Detel dit: J’ai un hippopotame coincé dans le cul.

Voilà. Maintenant vous saurez. Et vous y réfléchirez à deux fois pour interpréter ce que vous dit l’autre.

-------

et sinon:

Salut
Bonjours,
Commence comme il le faut. Prends toi une montre qui en jete. Sors du troupeau *lien censuré, manquerait plus que je leur fasse de la pub*.

Adieu,
Fini comme il le faut. Pends toi à une corde. Sors du troupeau.

PS: c’est “jette” et pas “jete”.


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Madame Ennui

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Madame Ennui.

Madame Ennui est passionnante. Elle enseigne (du nez) une matière pas du tout abstraite. Les mathématiques que ça s’appelle. Et, contrairement à ce que l’on pourrait croire, les mathématiques ce n’est pas du tout une science incompréhensible. La preuve : elle y arrive bien elle. Et, en plus d’enseigner les mathématiques, Madame Ennui est une professeure passionnante. Je le sais, je suis un de ses élèves. Madame Ennui est une professeure passionnée et passionnante. J’ai pu en faire les frais depuis le début de l’année.
Alors, Madame Ennui, laissez moi vous dire deux choses :
-L’une, vous semblez être aussi passionnée par votre matière qu’un kikoolol devant « Le malade imaginaire » d’un certain Molière. En effet, le simple fait d’entendre votre voix, dont le charme insoupçonné –vraiment TRÈS insoupçonné- m’écrase sous son poids, le simple fait d’entendre votre voix donc, j’y viens avant que je ne divague et que je ne vous fasse patienter avant de vous dire ce que le simple fait d’entendre votre voix me fait, je ne sais plus ce que je voulais dire. Ha si. Le simple fait de subir le son discordant qui vous sert de voix me fait sombrer dans les ténèbres de l’ennui. Un ennui tellement puissant qu’un jour, je finirais sans doute le cours en rampant. En attendant, je vous avouerais qu’on réussi à surmonter tout ça, et ce malgré vous. Bille de clown.
-L’autre : j’aimerais bien savoir ce que vous fixez au plafond et au sol quand vous parlez ?
Non parce qu’autant je conçois le fait que les mathématiques vous emmerdent autant que moi, autant j’ai du mal à saisir pourquoi vous ne regardez JAMAIS un élèves dans les yeux. C’est une maladie ? Une malédiction ? Si on croise votre regard on meurt ? Ou alors vous avez peur. Ou c’est une règle à respecter… Je vois parfaitement le règlement du professeur psychotique, dans lequel il est bien spécifié de ne surtout pas croiser le regard d’un élève. Des fois qu’on mordrait. On n’est sûr de rien après tout, et je trouve que finalement, vous avez raison ! Le mieux, c’est de continuer à réciter votre cours sans regarder vos élèves. À défaut d’avoir de vrais cours de maths, on aura de vraies séances de sieste.

Petit Supplément: Un ami a vu Madame L... Ennui aujourd'hui. Elle mangeait au Quick. Il a été traumatisé.

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Chère Administration.

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En réponse à l’Administration de mon lycée.

Chère administration.
Depuis que j’ai reçu cette lettre m’informant que la remise des bulletins ne se ferait qu’en mains propres de mes parents, vous passez, à mes yeux, pour une organisation encore plus obtuse que je ne le pensais. Vous avez été prévenue que, durant toute l’année, aucun de mes parents ne pourrait se rendre au lycée pour venir chercher un malheureux bulletin et que vous deviez conséquemment me faire confiance, et donc de ce fait me le donner. Mais vous êtes stupide. Vous avez demandé à mon professeur principal de me le remettre en main propre...
...Pour que je